IV INTRODUCTION
ment le plus intéressant et le plus complet, que l'on possède, sur ce sujet, jest encore le Trésor des merveilles de la maison royale. deiEontainebleau^ par le père Dan, portant la date de 1642 : Ténumération sommaire des peintures de la collection royale qu'on y trouve constitue vraiment le premier inventaire de la collection de la Couronne, inventaire bien imparfait sans doute et notoirement insuffisant^ puisqu'il ne vise que 49 tableaux, mais infiniment précieux car il nous montre le point de départ du. Cabinet des tableaux du Roi, dont on pourra désormais suivre les états divers et le développement.
SousLouisXiv. En réalité, ce fut Colbert qui, réalisant les, intentions
de Louis XIV, créa définitivement la collection de la Couronne et lui donna toute son importance : à l'avènemertt de ce monarque, en effet, le cabinet des tableaux ne comptait pas plus de 200 peintures; à sa mort, il en renfermait près de 2,5oo, Les commandes multipliées, faites aux artistes et nécessitées d'ailleurs par les grandes décorations des maisons royales; quelques donations, comme celle de M. de Béthune, qui en 1664 offrait au ^ Roi 2,000 tableaux, statues et manuscrits (i); enfin, les
achats successifs et judicieux d'oeuvres remarquables donnèrent à la collection de la Couronne une splendeur et un éclat extraordinaires. Deux de ces acquisitions sont particulièrement fameuses : d'abord celle de la collection du cardinal de Mazarin, en 1661, qui introduisit plus de 600 tableaux dans le cabinet royal; puis en 1671, celle de cent tableaux de la galerie de Jabach, provenant en majeure partie de la collection du roi Charles !•' d'Angleterre, après avoir antérieurement figuré dans celle des ducs de Manioue, la plus renommée de l'Italie (2),
(i) Rathery. Notice historique sur Vancien cabinet du Roi, Paris. Techener, i856.
(2) Ce fut après racquisitton de la collection de Jabach, que fut publié
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Depuis quelque temps, déjà^ le cabinet du Roi: ne: se trouvait plus à Fontainebleau. Il avait d'abord été placé à Paris, au Vieux Louyre; en i65g, il fut en partie détruit dans l'incendie qui dévora ce palais; alors, on le réinstalla, en i68oy dans les sept salles voisines de la galerie d'Apollon (i), et on niit également un certain nombre de tableaux dans quatre des salles de l'hôtel Gramont, qui joignait le Louvre. C'était donc là un véritable musée, et les tableaux, qui y étaient exposés, étaient considérés comme objets non de décoration, mais de curiosité et d'étude.
Le Brun fut nommé directeur du cabinet des tableaux us gardes des
tableaux du Roi.
du Roi, aux appomtements de 3, 200 livres par an (2), et uBruti. en i683, il rédigeait le premier inventaire de la collection de la Couronne. Ce document se trouve actuellement aux Archives Nationales (3); il comprend 39 feuillets et a pour titre : Inventaire des tableaux du Cabinet du Roy. Au recto du feuillet 34, on relève cette mention :
Je reçonnois que les tableaux mentionnez au présent Inventaire, au nombre de 426, m'ont été mis entre les mains. Faict à Paris, ce i8« octobre i683. Le Brun,
Postérieurement, cinq pages furent ajoutées pour men-
l'ouvrage de Félibien : Tableaux du cabinet du Roy. Statues et bustes antiques des maisons royales, t. I". Paris, de Tlmprimerie Royale. 1677. Une nouvelle édition en fut faite en 1679. Nous ne citons ce livre qu'à titre purement documentaire, car il n'est, à vrai dire, qu'un recueil de gravures d'après vingt-quatre des tableaux les plus célèbres de la collection, avec une notice sur chacun d'eux par Félibien.
(\) Mercure Galant. Décembre 1681. — Les salles étaient subdivisées par des volets mobiles sur lesquels on plaçait des tableaux. Les peintures les plus précieuses étaient recouvertes par des volets spécialement décorés : « Les plus anciens et les plus rares (tableaux) sont enfermez dans des manières d'armoires plates et dorées, dont le dessus est peint, et l'on pourroit dire que ce sont des tableaux qui en cachent d*aatre8. »
(a) Cf. les Comptes des Bâtiments^ aux années correspondantes.