JO- ET PO.MP- PATRI OPT1MO POSVER ANNO A CHRO NATO M D LVII
avant-pkopos.
L'épigraphe que Bellièvrc a mise en tête de son recueil d’inscriptions antiques , n’est vraie qu’à demi pour ce grand homme : le marbre qui recouvrait ses cendres a disparu, mais son nom vivra aussi longtemps que la vertu et le savoir seront honorés.
Un autre Lyonnais, Pierre Bullioud, jésuite, dans le silence de la retraite sut allier aussi aux exigences de sa profession l’amour de l’étude et de son pays. Né en 1588, d’une famille distinguée parle rang qu’elle tenait à Lyon (1), mort en 1661, il consuma sa vie entière à fouiller dans les archives des églises et des monastères pour y recueillir les chartes et les titres qu’il voulait faire servir à l'histoire de la province. Son ouvrage, en neuf volumes grand in-4°, est du nombre de ceux qui furent ad-
(i) La mai»on de» Bullioud était dan» la rue du Bœuf : c’est là que Pierre Bullioud, père de notre auteur, donna, en 1589, ce festin fameux qui fut appelé le banquet d'Agathon, ou de» sept Sages. Les convives étaient («enebrard, archevêque d’Aix; le cardinal (iajetan: Panigarole , peu après évêque d’Asti ; le cardinal Bellarmin ; Matthieu de Yaiizclles ; le P. Castor, jésuite , et Jean Kay , jésuite écossais.
Pierre Bullioud, dont nous venons de parler, était procureur du roi et échevin en 1597; il mourut cette année- là , dans l’exercice de ces fonctions.
Les armes des Bullioud étaient tranché d'arqent et d'uzur à trois tourteaux et trois bezans de l'un en l'autre , mis en orle ,
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jugés à la bibliothèque de la Faculté de Montpellier qui n’en a jamais reçu que huit volumes; le huitième manque malheureusement, et a été vraisemblablement oublié à Auxerre par M. le docteur Prunelle. Il serait facile, peut-être, d’en retrouver la trace; car on doit savoir quelles sont les bibliothèques entre lesquelles furent partagés les manuscrits qui avaient été réunis en dépôt dans cette ville après le séquestre mis au nom de la Nation. Une circulaire appelant l’attention des conservateurs des bibliothèques publiques sur ce volume dont ou leur enverrait en même temps le signalement, suffirait pour aider à le découvrir, s’il existe encore.
Le LugiJunmn sarroprophanum, coté H 256, in-4°, est une copie à l’usage de l’auteur, parfois incorrecte cependant, raturée, corrigée, surchargée et annotée de sa main. Cette copie est d'autant plus précieuse, qu’elle peut être considérée comme portant l’empreinte de la dernière pensée du P. Bullioud, ce qui reste de lui ailleurs n’étant composé que de fragments encore en projet et d’une partie seulement des pièces qu’il avait recueillies pour son histoire.
Voici le titre et la dédicace du livre :
LUGDUNUM SACROPROPEIANUM
sfu
DF CLARIS 1LLUSTRIBUS FT NOUS LUGDUNENSIBUS. FORFNSIBUS HT BILIJOCFNSIBUS INDICES VOTUM
SANCriSSIMAF. FT IND1VIDUAF TRIMTATI DEO PATRl INC.FMTO. FIEIO UNIOFNITO
AVANT-PROPOS
SPIRIÏUI SANCTO PARACLfTO VERBO INCARNATO MUND1 REDEMPTORI JESU CHR1STO
OEIPARAE SEMPERQUE V1RC1NI MAR1AE SANCTI J05EPHI SPONSAE
ANGELIS TUTELARIBUS, SANCTIS PROTECTORIBUS LUGDUNENS1UM. FORENS1UM ET Bl L1JOCENS1UM HOC TOTUM ET QUALECUMQUE OPUS DAT, DICAT CONSECRAT QUE INDICNUS PECCATOR SED HUMILIS PRECATOR P- B- L- S. I.
( Petrus hullioiül l.ugduncnsis sociclatis Jcsu . )
Bullioud, venu après Paradin et Rubis, a puisé dans leurs ouvrages comme dans celui de Bellièvre ; mais, s’il a profité de leurs travaux, il ne s’en est pas tenu là, ainsi qu’on peut s’en convaincre en parcourant la liste des chartes et des titres anciens qu’il a consultés. La voici telle qu’il l’a donnée luimême :
Martyrologium manuscriptum ecclesiae lugduneusis , cum horologio.
Tractalus de bellis et induciis inter canonicos S. Joaunis et S. Justi et cives lugduneuses.
M. S. ex bibliotheca Athanacensi, uunc Bulliodiorum, ileintle Pianelloriim. ( Les mots soulignés sont ajoutés de la main de M. l’ianello de la Valette, qui était devenu propriétaire des manuscrits de fiullioud. )
Compendium actorum capitulaiium ecclesiae majoris nb anno 1361, per uobilissimum Hectorem de Creuieaux decanum et vicarium geueralem archiepiscopi lugdunensis.
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Cartularium duplex instrumentorum ecclesiae majoris et probatiouum canon icorum ab anno 1200 et 1300, priinum Gaspari Mittc , camcrarii ecclesiae lugdunensis, alterum Hectoris de Crcmeaux.
Cartularium ecclesiarum S. Pauli et S. Justi, cum libro obituum antiquissimo , ex bililiotbeca domini de Chastillou , camcrarii S. Pauli.
Gartularium majus et minus Insulae Harbarae, ex archivis ejusdem ecclesiae.
Cartularium abbatiae Savignaci, opéra Maillardi (1).
Cartularium seu inventarium cbartaruuiS. Irinaei, ex arcbivis ejusdem ecclesiae.
Cartularium pubbcae domus Lugdunensis, olim deVil-
lanova , postea de 1. anges et de Villars , nunc de
deindc de lu Palette (ces derniers mots ajoutés de la même main que ci-dessus ).
Lugdunum priscum Claudii Bellievrei, prolopracsidis
Gratianopolitani, ex bibliotheca de langes, nunc de
nunc Pianelli.
Nicolaus Nicolaï regius geograpbicus. Description generale de la ville de Lion, du I.ionnois et Ücaujolois, l'au 1573. Ex bililiotbeca Frisonii de laval (2).
(t) Ce précieux recueil fait partie de la bibliothèque de M. de A erna.
(2) Ce doit être le même ouvrage que le manuscrit cité par l'abbé Sudan dans sa Notice sur quclt/ues manuscrits de la Bibliot/icr/ue du i oi concernant l'histoire de /.) on et de la province (Archives du Rhône, tome v, page tût). — Ce manuscrit, orné d'un frontispice et de capitales coloriées, est intitulé : Centrale description de l'antii/ue et célébré cité de
avant-propos.
Tria fragmenta veteris manuscripli de archiepiscopis Lugduneiisibus, autoris inverti, sed eruditi, qui vixil aute a anus 1 j GO.
On voit, par cette liste, que l'infatigable jésuite n’avait rien négligé pour compléter son histoire; il avait déchiffré les martyrologes, les ohituaires, les actes capitulaires des églises de Sl-Jeau, St-Irénée, St-Just, St-Paul, de l’Ile-Barbe, d'Ainay, de Savigny; il avait compulsé les chartes et les documents de l’Hôtel-de-Ville et tous ceux qu’il savait être dans les archives des particuliers, si riches à cette époque. De tous ces monuments originaux que nous resterait-il, s’il n’avait eu soin de les recueillir et de nous en laisser des copies? La plupart ont été livrés aux flammes ou dispersés par la haine stupide des barbares de 93 , qui croyaient se montrer bons patriotes en détruisant les pieuses retraites où, pendant les siècles d’ignorance, les lettres avaient trouvé un asile à l’ombre du sanctuaire (1).
Grâce au zèle et à la patience du P. Bullioud, un grand nombre de documents importants pour
Mon, des pays de U minois et de lieaujolois , selon l'assiette, limites et confins de ce pays t par IV. de Nicolài . Dauphinois , sieur d' Arftuille . premier et ordinaire cosmographe du Roy . Elle est dédiée à la reine Catherine de Médicis , et porte la date de 1500.
(4) Constat eniin libros et littera*, monasteriorum ope fuisse conservâtes. — Leibnizii ad Ma^liaherelmim Epi Ht. 1%.
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AVANT-PROPOS
notre histoire nous ont été conservés. N'eût-il que ce seul mérite, il faudrait le reconnaître; niais nous lui devons plus encore: le Luydunum sacroprop/ianum est le recueil le plus complet de faits et de documents sur l’histoire de Lyon, de son église, de la fondation de ses monastères, chapitres et collégiales, des antiquités , des monuments, des institutions, des lettres et des hommes illustres du Lyonnais, Forez et Beaujolais.
Le P. Menestrier, qui avait vu seulement le projet du Luydtiniun sacroprophunum , regrettait de n’avoir pas eu l’ouvrage entier à sa disposition. «Comme
je n’ai vu que quelques lambeaux des premières « minutes de cet ouvrage, dit-il, je n’en saurois « juger exactement; mais je reconnois, par le peu « que j’en ai vu , que si j’avois pu recouvrer son « manuscrit qui est demeuré entre les mains de « quelqu’un de ses parents, il m’auroit pu être d’uu « grand secours, parce que, selon les titres qu’il « propose dans son ouvrage, il devoit avoir vu « plusieurs chartulaires dont il pouvoit avoir tiré « de bons mémoires (1). » Après cet hommage rendu au P. Bullioud , le P. Menestrier lui reproche d’avoir marché sur les traces de Symphoricn Champier dans son opuscule de rluris Lttydunen&ibus ,
(i) Menestrier, Divers caractères (le s ouvrants historiques^ déjà cité, pape 207.
AVANT-PROPOS
et d’être remonté, dans ses recherches des origines de Lyon , jusqu’aux enfants de Noé.
Le P. Colonia fait au P. Bullioud la meme part et d’éloge et de blâme :<• Les lumières que j’ai retirées, « dit-il, d’un manuscrit que j’ai heureusement dé- <■ terré, demandent que j’en fasse connoître ici l'au- <• leur et. que je n’imite point ces écrivains ingrats •> qui cachent ou décrient les sources où ils ont puisé. <• Le P. Bullioud, né à Lyon au commencement du •> dix-septième siècle, ou vers la fin du seizième, est
>• auteur de ce manuscrit latin Le style est fort
net et assez pur, mais l’auteur n’a aucun goût « pour la saine critique. >• Le P. Menestrier avait fait un crime au P. Bullioud d’avoir parlé des enfants de Noé à propos de Lyon, Colonia enchérit sur lui et l’accuse d’ètre allé jusqu'à Adam. « Mais, « ajoute-t-il en terminant, les actes et les titres que « j’ai trouvez dans les Mémoires du P. Bullioud, « qui les avoit transcrits lui-même de sa main dans « nos anciens cartulaires, m’ont heureusement dé- « dommage de sa mauvaise critique (1). »
Tout en rendant justice, sous quelques rapports, à leur confrère, les deux savants jésuites se seraient montrés moins sévères envers lui, sans doute, s’ils s'étaient souvenus qu’il était né à une époque où la saine critique était encore inconnue. En effet, préci-
(t) Colonia, Hittoirt littéraire rie la ville rie Lyon y tome il , page 709.
AVANT-PROPOS-
sèment vers le temps où Bullioud écrivait, la république des lettres fut infestée pur quelques faussaires, d’une nuée d’auteurs supposes dont les manuscrits avaient été trouvés, assuraient-ils, en Allemagne, dans la bibliothèque de l’abbaye de Fuldej et ce fut uu jésuite , le P. Geronimo Roman de la Higuera, qui fut l’auteur de cette fourberie littéraire à laquelle un grand nombre de savants se laissèrent prendre, jusqu’au jour où un homme dévoué à la vérité (1) osa arracher d’une main assurée le masque dont s’étaient couverts les audacieux fabricateurs de ces mensonges historiques, et fit retomber dans le néant toute la cohorte des Maxime, des Flavius Dexter, des faux Luitprand et autres prétendus chroniqueurs. Parmi les écrivains contemporains qui tombèrent dans le piège tendu à leur bonne foi, il en est de très recommandables , et leur crédulité à l’égard de ces pseudonymes n’a pas empêché leurs écrits de passer à la postérité qui , tenant compte de leurs travaux, leur a pardonné les fables qu’ils avaient puisées innocemment à ces sources empoisonnées.
En effet, serait-il juste d’accuser des défauts et des erreurs de leur siècle des auteurs qui ont, d’ailleurs, des qualités essentielles? Lorsque le P. Bullioud ras-
(1) Nicolas Antonio , Censura de historias fabulosas ; Valencia, 1742, in-fol. — Bibliotheca hispana velus et nova ; VI a t rit i , 4788 , in-fol.
semblait les matériaux de son Lugdunum sacroprophanum , les ténèbres qui avaient obscurci le moyenâge étaient à peine dissipées, grâce aux efforts de quelques intelligences supérieures qui , apparaissant de loin en loin comme des points lumineux au milieu de cette obscurité profonde, avaient secoué lentement le linceul dans lequel l’ignorance et la barbarie avaient tenu si longtemps l'esprit humain comme enseveli ; il n’eut pour guides dans la carrière que Champier et Guillaume Paradin , l’un et l’autre amoureux des fables les plus absurdes, entièrement dépourvus de jugement, de goût et de critique, mais qu’il faut louer cependant, eu égard au temps où ils ont vécu, d’avoir apporté leur pierre pour la construction du magnifique édifice de la renaissance. En faisant intervenir les enfants de Noé dans l’histoire de Lyon , Bullioud a été entraîné par l’exemple de ses devanciers qui jugeaient convenable de déployer à tout propos un grand luxe d’érudition , sans s’inquiéter si elle était ou non étrangère à leur sujet. C’est ainsi qu'avaient procédé Grégoire de Tours, le père de notre histoire, Adon dans sa Chronique, et tant d’autres qui auraient cru manquer à leurs lecteurs et à leur mission de chroniqueur s’ils n’avaient pas commencé leurs récits à la création du monde : c’était le goût du temps. Et d’ailleurs, si, pour la justification de notre auteur, il nous était permis de hasarder une réflexion , nous dirions que c’était une nécessité pour les historiens de retracer ces origines
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lointaines, à une époque où la Genèse était pour tous le point de départ des annales du genre humain, et où personne ne s’était encore avisé de contester l’authenticité des livres de Moïse. Lors du grand travail de régénération qui s’opéra dans les esprits au quinzième et au seizième siècle, la lumière ne se fitd'abord que pour le petit nombre, et il fallait bien que ceux qui écrivaient l’histoire des peuples leur apprissent d’où ils venaient; car, dans leur ignorance, tout était nouveau pour eux, et, jusque-là, la science n’avait pas franchi l’enceinte du eloitre et du sanctuaire. Bullioud, avant à traiter de l’état de la religion dans les Gaules avant les colonies grecques et romaines, n’était-il pas obligé de faire mention des prêtres gaulois , des saraothées , des saronides, des druides et des bardes, pour arriver ensuite aux flamincs et aux augures du temple de Rome et d’Auguste, et passer ainsi sans lacune aux disciples des Apôtres, qui les remplacèrent dans les Gaules en prêchant l’Evangile sur les ruines de l’idolâtrie? Tout ce qu’il dit de ces diverses castes du sacerdoce est tiré des auteurs grecs et latins; il n'a fait que répéter ce qu’ils avaient écrit avant lui, sans autre garant de leur exactitude et de leur bonne foi que leur antiquité et le consentement de tous les âges. Ce serait tout au plus sur ce point qu’on pourraitle taxer d’avoir manqué de critique en admettant des récits parfois invraisemblables , et encore ne serait-ce pas à lui qu’il faudrait l'imputer, mais à la
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pénurie des documents qui ne lui permettait pus «le contrôler la vérité.
Au seizième siècle, les historiens assignaient encore aux Francs une origine troyenne, et faisaient descendre nos rois de Francus, fils de Priant Jean Le Maire de Belges est un de ceux qui ont le plus exploité cette fiction dans ses Illustrations des Gaules . qu’il publiait de 1509 à 1512; Nicolas Choricr, qui écrivait l’histoire du Dauphiné ijuelques années plus tard «pie Bullioud, ne s’est pas fait faute de nous donner des rois des Âllobrogesqui n’ont jamais existé; cependant Chorier, quelles que soient les rêveries et les fables qu’il débite, est encore estimé pour ses recherches; il a une place dans toutes les grandes bibliothèques, et le titre d’historien du Dauphiné lui est resté. Le grave Mariana lui-inème n’a-t-il pas commencé son histoire «l'Espagne à Tubal, fils de Japhct, et ne compte-t-il pas parmi les premiers rois de ce pays Cerion, Hispalus, Hercule et autres héros des temps fabuleux? Cependant Mariana s'est élevé, comme historien, au niveau des grands modèles «le l’antiquité, malgré ses défauts qui étaient plutôt ceux de son siècle que les siens propres.
Laissons «lonc de côté ces accusations de Mcnestrier et de Colonia, «pii n’en ont pas moins profité, autant qu'ils l’ont pu, des travaux du P. Bullioud; accusations d'autant moins fondées, «[liant au P. Menestrier, qu’il n’avait vu que le projet du Lugdu-
avant-propos.
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num sacroprophanvm ; et, quant au P. Colonia, qui avait eu le manuscrit entier à sa disposition, il devait savoir, avant de prononcer, que l’auteur était mort sans avoir eu le temps de mettre la dernière main à son livre. Quoi qu’il en soit, le P. Bullioud est du nombre de ceux qui , les premiers , eurent la pensée judicieuse de débrouiller le chaos des siècles passés, et d’étayer l’histoire non-seulement sur le témoignage des anciens , mais encore sur les titres et les instruments originaux qui lui donnent une sanction, pour ainsi dire légale et irrécusable. Sachons-lui gré aussi du zèle et de la persévérance avec lesquels il a scruté les archives publiques et privées, demeurées lettres closes jusqu’alors. Nous lui sommes redevables d'avoir sauvé de la destruction un grand nombre de documents, soit en entier, soit par les extraits qu’il en a donnés, soit enfin par les indications qu’il a fournies sur eux et sur les lieux où il les avait découverts. Et ces indications sont d’autant plus précieuses qu'elles peuvent mettre sur la voie pour recouvrer ceux qui auraient échappé au grand naufrage de la Révolution.
Cette méthode de joindre à l’histoire les pièces justificatives qui lui servent de preuves fut admise , plus tard, par une corporation religieuse qui a donné une impulsion vigoureuse aux études historiques : c’est ainsi que les Bénédictins de la congrégation de St-Maur ont purgé l’histoire ecclésiastique et civile de la France des fables qui la déshonoraient et des
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chartes supposées dont une critique éclairée leur avait fait découvrir la fausseté ; c’est à eux qu’appartient cette gloire qui a valu aux Stc-Marthe, aux Mabillon, aux Ruinart, aux d'Achcry, aux Martcnne, aux Vaissette, et à toute cette docte phalange bénédictine qui a marché sur leurs traces, la reconnaissance et l’admiration des hommes studieux , amis de 1a vérité. Mais serait-il équitable de méconnaître les efforts (les hommes laborieux qui ont fait le premier pas dans la carrière, et qui ont montré à ceux qui sont venus après eux la voie dans laquelle il fallait s’engager? Le P. Bullioud a sa place marquée parmi ces hommes, et il est à regretter que la mort ne lui ait pas laissé le temps de revoir et polir son ouvrage , car nous aurions une histoire complète de Lyon. Tel qu’il est, le Lugdunum sacra prophanum n’en est pas moins un trésor où il n’y a qu’à puiser; ou est surpris d’y trouver tant de richesses inconnues , plus surpris encore que les modernes n’y aient pas eu recoins plus souvent et qu’ils n’en aient pas tiré plus de fruit.
Le P. Bullioud a été traité avec plus de justice par l’abbé Pernetti que par ses confrères en religion : «J’ai « trop d’obligation, dit-il, au P. Bullioud, jésuite, dans « les mémoires duquel j’ai puisé tant de faits inté- « ressauts , il a lui-méme fait trop d'honneur à son « nom, à cette ville où il est né, et à la compagnie « des Jésuites, pour ne pas lui donner une place « dans ces Mémoires : Viruni laude dignum Musa
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« vêlai mori. •* Et plus loin : « Cette histoire est un " recueil de recherches , de dates et de personna- <• lités, qui ne sont point, à la vérité, assez digérées •• pour souffrir l’impression; elles n’en sont pas <* moins intéressantes : elles m’ont servi merveil- « leusement dans la composition de ces Mémoires. « J’en ai l’obligation à MM. de la Valette, qui, « curieux de conserver tout ce qui peut servir à la <• gloire de leur patrie , ont dérobé cet ouvrage à la « poussière et aux vers (1). »
L’abbé Pernetti s’est servi, en effet, de quelquesuns des manuscrits du P. Bullioud pour ses Lyonnois dignes de mémoire : outre le témoignage qu’il en rend , on trouve, parmi les pièces détachées réunies à la suite du tome ix du Lugdnnum sacroprophanum , une lettre de lui à M. de la Valette, dans laquelle il le prie de vouloir bien lui confier ces manuscrits; et, sur une feuille qui sert d’enveloppe à ces diverses pièces , on lit la note suivante , de la main de M. de la Valette :
Les pièces ci-jointes etoient dans le dernier volume du manuscrit du P. Bullioud concernant les églises de Lyon , que j’ai prêté a M. l’abbé Pernetti en novembre 175:'.
On voit par cette note que ces manuscrits étaient encore à Lyon au milieu du siècle dernier, et qu’üs
(1) Recherches pour servir à l'histoire de Lyon , ou les Lyonnois dignes de mémoire , tome u , pages 235 et 237.
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ne furent transportés que plus tard à Thorigny, près de Sens.
Le cabinet de M. de la Valette était connu de tous les savants de l’Europe : voici dans quels termes en parlent deux religieux bénédictins qui le visitèrent pendant leur séjour à Lyon : <• .... Celuy « dont nous avons plus sujet de nous loiier, c’est « Monsieur de la Vallette, subdelegué de monsieur « l’Intendant, qui demeure en la place de Bellecour. « C’est un homme sçavant , fort curieux et commu- « nicatif. Il a une bonne bibliothèque , plusieurs « manuscrits, et en particulier tous les mémoires de « feu monsieur Guichenon, auteur des Histoires de « Bresse et de Savoye, et beaucoup d’autres curio- « sitez (1). »
Nous terminerons l’appréciation que nous avons essayé de faire de la valeur littéraire de l’ouvrage du P. Bullioud, parla reproduction d’une note que le bibliothécaire d’Auxerre , le P. Laire , a écrite en tête du tome ix du Lugdunum sacroprophanam :
C’est le dernier volume du Luqditnnn saanprophauum . par le P. Bullioud , jésuite.
C’est un ouvrage qu’on peut qualifier du titre d'Histoire littéraire de la ville de Lyon . et c’est un magasin où plusieurs ont puisé pour écrire celte histoire , mais qui ne l'ont pas épuisé.
(t) Foyage littéraire de dru c religieux bénédictins de la congrégation de St-Maur ; Paris, 1717-1724, 2 vol. in-4°, première partie , page 255.
AVANT-PROPOS* xix
A la suite de ce tome ix est une liasse , qui est sans doute celle que M. de la Valette avait prêtée à l’abbé Pernctti. Sous le titre : Collcclanea pro Ecclexia bigilunensi , elle contient plusieurs pièces importantes pour notre histoire ecclésiastique. La plupart nous paraissent inédites et méritent de voir le jour.
Nous devons à l’obligeance de M. le conseiller Costc, dont le cabinet est toujours ouvert à ceux qui s’occupent de recherches sur Lyon, la communication d’un manuscrit du P. Bullioud, que nous avons cru d’abord être le volume du Luydunum sacroprophanurn qui manque à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier; mais, en l’examinant , nous n’avons pas tardé à être détrompé. Ce volume, du même format que ceux de Montpellier et en grande partie de la main de l’auteur, pourrait bien être le projet du Lugdunum sacroprophanum dont parle le P. Mcncstrier. Dans tous les cas, ce n’est qu’un travail préparatoire; et ce qui semble venir à l’appui de cette conjecture, c’est que les documents réunis par le P. Bullioud dans ce volume sont biffés d’un trait de plume dans toute la longueur de la page , précaution qu’il prenait sans doute à mesure qu’il avançait dans son travail , pour se rappeler qu’il avait fait usage de ces pièces et ne pas s’exposer à un double emploi dans le cas où sa mémoire l’aurait trahi. Le manuscrit de M. Coste contient, dans l’ordre où nous les indiquons, les
AVANT-PROPOS
Indices 10, H , 9, 1 et 2 du Lugdunum sacroprophanuin , plus un grand nombre de titres copiés sur les originaux ; Bullioud y développe le plan de son Histoire, et en donne le projet.
La bibliothèque de la ville de Lyon possède aussi, sous le n°207, un volume manuscrit du P. Bullioud : ce n’est qu’un abrégé de son Histoire. Les livres ou Indices 1,2, 12 et 13 manquent; les pièces justificatives ne s’y trouvent pas.
Delandine prétend que le Lugdunum sacroprop/ianum avait passé du cabinet des héritiers de M. de la Valette dans la bibliothèque du collège de Lyon: c’est une erreur de ce bibliographe; il ne connaissait vraisemblablement du Lugdun um sacropruphanum que la copie incomplète qu’il avait sous les yeux à la bibliothèque de la ville , laquelle peut en effet avoir été donnée par les héritiers de M. de la Valette.
Le même bibliographe a cru que le P. Bullioud était l’auteur de la Vie de François Cagnin , qui est au nombre des manuscrits de la ville, n° 780 du catalogue. Ce volume, de 132 pages in-folio, a pour titre: Vie de Front ois Cagnin, d'heureuse mémoire, coadjuteur de la Compagnie de Jésus , par un Pere de la meme Compagnie.
On a du P. Bullioud :
1° Sympltorianus Bullioud Lugdunensis , olim episcopus Glandevatensis , Vusatensis et Suessionensis, e teneliris hisloriae eductus in lucem cum
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probationibus in quibus non paîtra ad (a mit ms Lugdunenses reperies. Lugduni, 16&5 , in-4®.
C’est l’histoire de la vie de Symphorien BuLLiond, oncle de l’auteur.
2° Sancti Treverii confessoris,Dumbarum et Bressiae patroni Vila , observationibus illaslrata, fundalione abbatiarum aliquot aucta et fragments vitae nondum evulgatae sanclorum lugdunensiumlocupletala. Nunc primum in lurent édita ex lypographia haered. donne Gautherin. Lugduni . mdcxlvii , in-8°.
L’avis de l'imprimeur apprend que celle vie de St Trivier a été tirée des leçons d’un très ancien manuscrit des églises de St-Trivier en Dombes et de St-Trivier en Bresse, lequel appartenait à Jacques Moyron, baron de St-Trivier. Le P. Bullioud est désigné dans cet avis de l’imprimeur par les initiales P. B. C’est lui, en effet, qui est le véritable éditeur de la légende de St-Trivier. Il y a joint des notes savantes et curieuses qui pem ent éclaircir plusieurs points de notre histoire. M. Depery, ( Histoire hagioloyique du diocèse de Bellcy ) , s’est trompé lorsqu’il a dit qu'il existait deux vies de St Trivier, l’une par le P. Bullioud, l’autre par Jacques Moyron. Le P. Lclong et l’abbé Pernctti étaient tombés, avant lui, dans la même erreur, en attribuant cette vie au P. BuUioud, qui n’en a été que l’éditeur et y a seulement ajouté des notes (1).
(1) Documents inédits sur /.von, Siècle de l.ouis XI f ' , par M. Péricaud atné.
Le P. Lelong cite, u" 45710, Lugdunum sacro prophanam uuctore Pelro Butliodo, Lugduni, Barbier, 1647, in-4°. Ce volume, s’il existe, ne peut être que le prospectus que l’auteur avait donné de son livre; c’est ce que le P. Lelong semblait avoir déjà reconnu en indiquant , sous le n° 37352 : Pelri Bulliodi Lugdunum sacroprophanum,sive Synopsis historiae Lugdun. Lugduni, Barbier, 1647. Le P. Lelong ajoute que c’est une brochure de quelques feuillets; c’est sans doute l’annonce ou projet du Lugdunum sacroprophanum publié par l’auteur. Le P. Lelong attribue encore au P. Bullioud, n° 37353 , un ouvrage resté manuscrit: Histoire du Lyonnois, cité, dit-il, par André de la Roque dans son Traité de la iXoblcsse. Il croit que c’est l’histoire dont le n° 37352 n’est que le programme on l’abrégé. Ce serait alors du Lugdunum sut roprophanum que La Roque aurait voulu parler en le désignant sous le titre de Histoire du Lyonnois , car le P. Bullioud n’a jamais écrit celte histoire qu’en latin.
Il nous reste à faire connaître le recueil manuscrit formé par les soins de Samuel Guiehenon. Un coup d’œil jeté sur les tables de cette volumineuse collection, suffira pour donner une idée des recherches et des études préliminaires auxquelles les savants consciencieux de ce siècle se croyaient obligés de se livrer avant d’écrire l’histoire. Ils fouillaient dans la poussière des archives avec une persévérance que rien n’était capable de rebuter; ils prenaient des
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copies exactes de tous les documents qui étaient de nature à leur servir; en un mot, ils ne négligeaient rien pour s’entourer de toutes les preuves à l’aide desquelles ils pouvaient faire jaillir la lumière; et, après plusieurs années de pénibles labeurs, ils se mettaient à l’oeuvre, ne se passionnant que pour la vérité et n’avançant rien que sur des documents authentiques ou sur des traditions respectables ; bien differents, en cela au moins, de certains faiseurs de nos jours , qui prétendent écrire l’histoire sans savoir seulement quels sont les devoirs de l’historien, et qui se croient des Thucydides parce qu’ils ont cousu ensemble quelques lambeaux de nos vieilles chroniques délayés dans des phrases sonores.
Les manuscrits de Guichenon forment trentequatre volumes in-folio, non compris le volume des tables. Us contiennent près de deux mille quatre cent pièces ou titres, dont quelques-uns en original. Plusieurs de ces documents figurent dans ses ouvrages imprimés , mais la plupart sont encore inédits ou dispersés dans des livres qu’on se procure difficilement; ceux qui concernent Lyon remplissent à eux seuls sept à huit volumes. Toutes les pièces de ce recueil n’ont pas, il est vrai, la même importance, mais toutes sont intéressantes pour l’histoire.
La signature de Guichenon , apposée sur le premier volume, garantit l’authenticité de celte collection.
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Nous en donnons le fac-similé, suivi des qualités qu’il avait coutume de prendre, et dont on retrouve la formule invariable sur tous les livres qui ont fait partie de sa bibliothèque :
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On voit, par la date, 1661, que ce recueil fut le travail de toute sa vie, puisqu’il mourut en 1664.
Fils d’un obscur chirurgien de Châtillon-les- Dombes, porté par inclination à la recherche du blason et des généalogies des familles nobles de sa province, Guichcnon n’avait pu échappera la manie des grandeurs : il s’intitulait docteur en l’un et l’autre droit, conseiller du roi , historiographe de France, de Savoie et de Dombes, chevalier aux éperons dorés, comte palatin, chevalier de l'ordre
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des saints Maurice et Lazare, et seigneur de Painnessuit. Louis XIV lui accorda des lettres d’annoblissemcnt et de chevalerie, datées de Lyon lf>58. Papillon les a insérées textuellement dans la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne. Il est dit dans ces lettres , « que les savants ne contribuant pas moins « à la gloire de leur pays que les gens de guerre , « et que le Roi, voulant récompenser les travaux de « Samuel Guichenon , l’a créé chevalier avec, pou- « voir d’en prendre et porter le titre et qualité, « tout ainsi qu'ont accoutumé de faire les autres >> chevaliers créés de sa main ou par les Rois scs « prédécesseurs, dans un combat, bataille, siège « ou prise de place, lui ayant, à cet effet, donné « l’accolade , ainsi qu’il est accoutumé en pareil « cas. »
Ces lettres, scellées du grand sceau en cire verte et larqs de soie rouge et verte, sont signées Louis et plus bas, Seguier. Les armes données à Guichenon étaient de gueules au sautoir d’or, engouté de quatre têtes de léopard mouvantes des angles, chargé en cœur d’une autre télé de léopard du champ.
La devise : fidelis praemia pennae, rappelait au nouveau noble la cause de son annoblissement, en même temps qu'elle était pour l’écrivain un témoignage et comme un certificat de l’exactitude avec laquelle il écrivait l’histoire, exactitude dont, malgré l'attestation du grand roi , on l'a souvent accusé de s’être écarté. Puisque l’ambition de Gui-
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chcnon était de faire partie du corps de la Noblesse , duquel il était si loin par sa naissance plébéienne, il eut lieu d’être satisfait, car il ne pouvait y entrer par une voie plus honorable.
En tète du premier volume du recueil de Guiclicnon, on lit la note ci-après de la même main que celle qui se trouve à la fin du Lugdunum saeroprophanum :
« Cette précieuse collection manuscritte a été formée « par M. Guichenon , historiographe de Savoye , et de « Bresse et Bugey , dont on voit l’écriture ci-dessous. « Après sa mort, elle fut achetée par M. Planelli de la « Valette , gentilhomme transporté d’Italie et établi à « Lyon , où il occupoit des places distinguées.
« Planelli, homme de lettres, avoit soin, après la mort u des gens de lettres , d’acquérir leurs manuscrits, et en n formoit un cabinet curieux et intéressant. C’étoit le « bisayeul de M. Planelli de Maubecque , seigneur de « Thorigny près de Sens , qui , s'estant émigré en 1791, » a laissé ses biens à la Nation qui a vendu les immeubles, u et en a conservé les livres et les tableaux qui furent n transportés à Sens et de là , en pax-tie , icy à Auxerre. « Dans ce château de Thorigny existoit une très belle biu hliothèque avec un cabinet de physique ; mais ce sein gueur en avoit fait transporter dans son hôtel de Paris n ce qu'il y avoit de plus précieux , et cette collection n est peut-être ce qu’il y avoit de meilleur daus sa suc- « cession littéraire. •
L ai R K.
Celte note explique clairement l'origine des ina-
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nuscrits rassemblés par Guichenon. Achetés par M. de la Valette , transportés plus tard par ses héritiers à leur château de Thorigny prés de Sens, laissés à la Nation par M. de Maubec lorsqu'il s'émigra, suivant l’expression du P. Lairc, celle-ci les fit déposer d’abord à Sens, puis à Auxerre où ce bibliothécaire les a vus , et c’est de là que M. Prunelle les expédia à la bibliothèque de la Faculté de Montpellier, où, après tant de vicissitudes, ils ont trouvé enfin un port assuré.
Parmi ces manuscrits, le monument le plus précieux pour l’histoire de notre province est sans contredit le Cartulaire de l’abbaye de Savigny , fondée par Charlemagne ou au moins de son vivant , dévastée tour à tour par les Huns, les Hongrois, les Vandales, les Anglais, les Huguenots, et enfin par les niveleurs de 1 793 qui ont mis la dernière main à l’œuvre et n’ont pas laissé pierre sur pierre. Tout ce qui reste aujourd’hui de l’abbaye et de son église consiste enquelques pierres grossièrement sculptées, encastrées dans les murailles des maisons du bourg de Savigny, ou en quelques chapiteaux romans aux feuilles d’acanthe effilées, qui servent de borne çà et là aux héritages. Un poète du seizième siècle a fait le tableau suivant des désastres de l’abbaye de Savigny, depuis l’invasion des Huns jusqu’à celle des disciples de Calvin :
Rclliquias tantum cernes qneis flamma pepercit , Caetera diripuit militis atra mantis.
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Hunnica harhara gens surgentes cruil aedes ,
Et restauratas diruit Hungriis atrox.
Post . ferro et flammis invasit Vandalus hostis Et domus liaec Anglis poste» praeda fuit.
Quid superest? Calvinus adest, templique decorem Fnedat sacrilegus et documenta cremat.
Haec domus , haec sic Troja fuit , fuit undique fumans. Si non fumassct , par sibi nulla foret.
Le Cartulaire de Savigny est un in-folio de 155 feuillets de diverses mains, niais très net et très lisible. Le titre porte :
CARTULAIRE DE SAVIGNY EN LYONNOIS QU O N NOMME VULGAIREMENT LA PANCARTE DE SAVIGNY-
On a ajouté d’une écriture plus moderne :
• Copiée pour Monsieur de la Valette sur l'original qui - est en ladite abbaye , en 1700. »
Si cette note était exacte, il faudrait en conclure que le Cartulaire ne faisait pas partie des manuscrits de Guichenon, qui était mort, comme nous l'avons dit, en 1604. Au-dessous du titre est l’empreinte encore intacte d’un cachet amtoirié; ce sont les armes des Pianelli, telles que nous les avons décrites ci-dessus.
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Voici les preniières lignes du Ms :