‹ Inventaire descriptif des tapisseries de haute-lisseChapitre 47 sur 59 · Le Serpent d'airain · texte numérisé non relu

Le Serpent d'airain

Moïse élève, au milieu du camp, un serpent d'airain, figure de l'exaltation de J.-C. sur la croix (l).

7. L'Artiste. Un homme, monté dans une échelle, dessine sur un mur avec du charbon.

Signature : BERN0 VANASSEL. FT.

(1) « Et sicut Moyscs exaltavit serpentetn in deserto, ità exaltant oportet filium hominis. » S. Joann. m, 14.

François Van clen Hecke est un maître tapissier de Bruxelles, qui a travaillé au xvne siècle et dont Rome possède actuellement huit pièces, d'un bon style.

Sa signature est fort simple : d'abord les initiales B B, séparées par récusson traditionnel ; puis le prénom et Le nom, soit en entier, soit désignés par des initiales. Une seule fois, au n°8, la lisière bleue offre le monogramme, qui se compose des trois initiales F, V et H. F se confond avec le premier jambage de H, qui lui-même sert de support à une espèce de 4, dans lequel s'enfile le V (Voir la planche, n°7).

Les deux triomphes appartiennent à l'église des saints Jean et Paul.

1. Triomphe de la Vertu. Le sujet est fixé par cette inscription :

DE. CVNCTIS. VIRTVS ETIAM. DE. MORTE TRIVMPIIAT

La Vertu est représentée sous les traits d'une femme, assise sur un char que traînent quatre gros enfants joufflus, qu'à leurs attributs on reconnaît pour la Justice, qui tient le glaive nu et la balance; la Prudence, qui se symbolise dans le serpent et le miroir; la Tempé-

rance, dont le verre est plein de vin, mais qu'elle éloigne d'elle; enfin la Force, qui, le casque en tête, porte une colonne sur ses épaules. Assise donc sur ce char, d'un si singulier attelage, casquée et cuirassée, les pieds posés sur le monde, la Vertu lient en main le glaive remis dans son fourreau et un long sceplre ou bâton de commandement. Elle passe, fière et rapide, sur des tas de cadavres et de mourants qui cherchent en vain à L'arrêter ou à se soustraire a ses menaces.

Elle écrase le Temps, embarrassé dans sun manteau tout historié des signes du zodiaque et qui laisse tomber de sa main défaillante sa faux brisée; la Voluplé, dont le front est paré de diamants; la Fortune, aux yeux bandés, qui s'appuie sur son inutile aviron ; et enfin l'Envie, furie qui agite et fait siffler les serpents de sa chevelure.

Au ciel, pour chanter ce triomphe, trois personnes, deux vieillards et une femme âgée, ouvrent leurs livres ou s'apprêtent à écrire les exploits dont elles sont les témoins.

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