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La Résurrection, au Vatican

La scène suivante est historique dans sa première partie, symbolique dans la seconde.

Le Père et le Saint-Esprit, chapes et couronnés, sortent à mi-corps des nuages: ils ont pour attributs le globe et le sceplre. Derrière eux, groupe d'anges ; audessous, le Christ est ressuscité. Les soldats effrayés prennent la fuite; quelques-uns, voulant connaître le motif de leur peur, se détournent et regardent. Ils sont armés de toutes pièces, l'un a une masse d'armes et un baudrier. Les trois Maries se rendent au sépulcre, portant ù la main des parfums. Sur la robe de Lune d'elles se lit son nom : IACOBE. (2)

Debout, le Christ pose ses pieds nus sur un escabeau recouvert d'un tapis. Sa tète, nimbée de jaune, lance des

(1) Maintenant, propriété de M. Erlanger.

(2) Dans ces tapisseries du x\e siècle, on voit souvent, en manière de bordure, autour des vêtements, une succession de lettres qui n'offrent aucun sens.

rayons de feu. Pontife suprême, il est vêtu de l'aube et de la chape.

IL apparaît au monde qu'il veut convaincre de folie. Aux quatre femmes qui sont à sa droite, il montre la plaie de sa main droite. Mais aussitôt il détourne la tète, car, de ces femmes coupables, une seule a compris cet enseignement muet, et s'est agenouillée devant lui. Les autres, restées debout, étalent avec orgueil, comme pour séduire, le luxe de leur parure et les perles nombreuses qui rehaussent leur beauté. L'une, plus hardie que les autres, se met en avant pour mieux être l'objet de l'attention. Elle a sur la tête un escoffion chargé de brillants, et, à sa robe, que retient à peine à la ceinture un cordon mal noué, des manches larges et pendantes ; son manteau traîne à terre, et elle a passé sous le bras un oliphant d'ivoire. Son œil vif et son regard effronté justifient son nom, la Volupté, Vohiptas,

Aux trois femmes qui sont à sa gauche, Jésus-Christ présente sa croix. Elles tendent avec empressement leurs mains vers ce signe libérateur. L'une a des ailes, tant elle est rapide dans son amour, Velocilas. L'autre ôte de son doigt un anneau, emblème d'une liaison coupable, et l'offre en sacrifice au Sauveur, seul digne désormais d'être son époux. La troisième jette et brise le sceptre de la vanité qu'elle ne veut plus adorer, long bâton garni d'étoffe et surmonté d'un dragon ailé, Dcitavanitas. Mauvaise et pleine de fiel, prompte et colère comme le dragon, la vanité n'est trop souvent qu'un vil morceau de bois desséché, paré de quelques loques apparentes qui font à l'extérieur toute sa beauté.

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