‹ Inventaire historique des tableaux et des sculptures se trouvant dans lesChapitre 18 sur 31 · COUVENT DES PAUVRES CLAIRES COLLÉTINES · texte numérisé non relu

COUVENT DES PAUVRES CLAIRES COLLÉTINES

Les Pauvres Claires fondèrent une maison de leur règle à Malines, en 1501. Après avoir été successivement supprimées par Joseph II d'abord, par la république française ensuite, elles ouvrirent un nouveau couvent à Malines, en 1838. Trois ans après, elles achetèrent une demeure dans la rue Stassart et y entrèrent en 1840.

L'église, dédiée au Sacré Cœur de Marie, fut construite par l'architecte de la ville, François Bouwens, en 1845.

ChapellOé

L'oratoire de cette communauté se distingue par sa simplicité et par sa fraîcheur. L'autel, en bois, se compose d'une tombe surmontée d'un tabernacle.

Le petit chœur est orné de trois figures.

Au-dessus du tabernacle, sainte Collette, agenouillée sur un nuage, élève son cœur à Dieu. L'auteur de ce morceau, exécuté en 1853, est P. J. Tambuyser.

D'un côté de l'autel se trouve l'Immaculée Conception; de l'autre saint Joseph et le divin Enfant.

Uae ancienne petite peinture sur panneau, le portrait de sainte Thérèse, mi-corps, pend du côté de l'évangile au-dessus du banc de communion.

Contre le mur, opposé à ce dernier, une toile représente saint Libert rappelé à la vie par saint Rombaut. Deux anges ramènent des cieux l'enfant défunt. Le comte Adon et son épouse se tiennent à genoux en attendant leur fils. Saint Rombaut, assisté de plusieurs prêtres, invoque l'assistance divine. Toutes ces figures, ayant la face tournée vers le jeune Libert, présentent ainsi le dos aux spectateurs du tableau. Outre quelques curieux que l'on aperçoit çà et là, on voit à l'horizon un lac bordé de montagnes. Le ton général de cette toile est moelleux. Elle est de F. Boeyermans et se trouvait jadis dans l'église du grand Béguinage, à Malines.

Un Ecce homo, buste sur fond d'or, se trouve à côté du tableau précédent. Cette œuvre, de grandeur naturelle, est digne d'intérêt; la touche en est fine et sentimentale.

Les autres parties du mobilier religieux, étant de la plus grande simplicité, n'offrent aucun côté artistique. Les statues, en bois peint, de saint Antoine de Padoue et de saint François d'Assise, sont placées contre le mur.

COUVENT DES APOSTOLLINES.

Cette congrégation, établie à Malines en 1691, fut supprimée en 1798. Le couvent fut alors vendu ; cependant quelques sœurs continuèrent à vivre en communauté, suivant leur règle. S'étant adjointes de nouvelles postulantes, elles achetèrent, en 1834, une partie de l'ancien couvent des Carmélites.

Une nouvelle chapelle fut bâtie en 1836-1837, d'après les plans de l'architecte Franc. J. Bouwens.

Chapelle.

L'autel et le tabernacle sont dus à P. J. Tambuyser, qui est également l'auteur des anges servant de supports à la table de l'autel.

Une excellente figure en bois, que l'on peut regarder comme le chef-d'œuvre de Nicolas van der Vekene, est placée près du chœur; elle représente le Christ assis, couronné d*épines et un roseau à la main. H. 1,15. Cette œuvre expressive et frappante de sentiment provient de l'ancienne communauté. Le cardinal de Franckenberg avait une grande vénération pour cette image.

Elle rappelle une autre statue du même maître placée dans réglise de Saint-Rombaut (v. p. 8). Le prélat se plaisait à dire que cette figure était plus éloquente que tous les livres de méditation.

Plus loin près de la porte d'entrée sont placées deux statues, également en bois, d'une exécution assez lourde. La première est la Vierge immaculée et son Fils, posés sur le globe terrestre ; la seconde, saint Joseph tenant r Enfant Jésus par la main.

Réfectoire.

Plusieurs tableaux décorent le réfectoire, mais aucune de ces œuvres ne comporte une valeur artistique réelle.

Le portrait du cardinal Thomas Philippe d^Alsace^ ar-chevêque de Malines] mi-corps. Toile. Ce prélat encouragea d'une manière particulière la communauté naissante.

Portrait du prince de Méan, archevêque de Malines, mi-corps. Toile.

Portrait d'Agnès Baliqu^s, fondatrice de la congrégation des Apostollines, mi-corps. Toile. Agnès Baliques mourut, à Malines, le 28 octobre 1700, âgée de 89 ans.

Portrait du R. P. van Geldorp, récollet^ mort en 1688, à l'âge de 80 ans. Mi-corps. Ce religieux contribua puissamment avec le cardinal d'Alsace à l'établissement de cette congrégation à Malines.

Ces deux dernières toiles sont de la même main.

Sur un tableau portant les noms de toutes les sœurs Â\x couvent de Malines se détache une aquarelle, vue

de V ancien couvent des Apostollines à Malines , par Jean Baptiste André de Noter (1).

Nous rencontrons encore ici une délicieuse statuette, en bois, de saint Antoine de Padoue portant l'Enfant Jésus sur les bras, par Nicolas van der Vekene. H. 0,282. Cette charmante figure a été admirée, en 1864, à l'exposition des objets d'art religieux à Malines ; elle est mentionnée au catalogue sous le w 122.

Une peinture sur bois se rapprochant beaucoup de la manière de Ambroise Franck, le vieux (2), figure la conversion de saint Paul. Dans le ciel apparaît le Fils de Dieu, environné de lumière, l'apôtre désarçonné est couché à côté de son cheval ; plusieurs cavaliers, ses compagnons, prennent la fuite à la vue du prodige.

Vapparition de Jésus-Chiist à sainte Marie-Madeleine. H. 1,82 m., L. 1,80. Le Sauveur, le buste découvert, se présente, tenant une pioche à la main, devant la Madeleine qui tombe à ses genoux. Au fond s'étend un jardin arrangé dans le goût du XVIP siècle. Cette toile, offrant quelques bonnes parties, a de l'analogie avec la manière de Jean Le Sayve, le jeune. Elle se rapproche beaucoup d'une composition du même sujet, qui est placée dans le parloir; dans cette derrière toile le costume de Jésus est celui d'un jardinier, la pose de la Madeleine et le fond présentent également quelques différences.

Sur la cheminée est placé un crucifix. L'image du Sauveur est en ivoire et semble dater du commencement

(4) Jean-Baptiste André de Noter, né àV^aelhem en 4787, mort en 4855.

(%) Ambroise Franck ou Francken, le Vieux, né à Anvers en 4545, mort en 4648.

du XYIP siècle ; elle est attachée à une croix de bois» plantée sur un rocher, entre les pierres duquel se glisse un serpent. Sainte Marie-Madeleine éplorée est agenouillée au pied de la roche. Toute cette dernière partie se rapproche singulièrement du style et de la manière de la chaire de vérité de Féglise de saint Rombaut (v. p. 64).

COUVENT DES MAROLLES ou MARICOLLES.

Cette congrégation vint s'établir à Malines, en 1676, et résida dès lors à l'endroit où elle existe encore aujourd'hui.

La communauté ayant été supprimée par la république française, les consœurs rachetèrent leur ancien local, en 1802.

Le petit couvent des Maricolles n'est guère riche en œuvres d'art; nous donnerons un aperçu sur les pièces que nous y avons rencontrées , bien qu'aucune d'entr' elles ne soit de grand mérite.

Chapelle.

Sainte Thérèse en oraison, grandeur naturelle. T.

Le Sauveur couronné d'épines.

La sainte Vierge.

Ces deux dernières peintures, en bustes, sont exécutées sur fond d'or et accusent une main habile.

La Flagellation de Jésus-Christ, toile de quatre figures.

L'Erection de la croix, copie partielle d'après Rubens. Toile.

La Sainte Famille. Dans cette composition originale, les figures sont réunies dans un jardin fleuri où l'on remarque une quantité de tulipes, cultivées en parterres réguliers. Au fond s'élève un château.

Les miracles de sainte Geneviève de Paris; grand paysage; sur les diiférents plans sont représentés les divers miracles de la sainte. Le milieu du terrain est coupé par une rivière. Les figures sont bien rendues.

Ecce homo, statue en bois peint. XVI® siècle. H. 1,10 m.

Sur l'autel se trouve une figurine en bois de Notre- Dame de l'Immaculée Conception, de côté les bustes de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix,

Dans la sacristie on remarque un buste d'un haut intérêt, sainte Marie - Madeleine , bois polychrome. H. 0,86 m. XV« siècle.

Salle d'ouvrage.

Portrait d'un récollet.

Le Christ au jardin des Oliviers, par Jean Engels, peintre fort médiocre vivant au XVIII® siècle.

L'Enfant Jésus. Dans ce curieux panneau, le divin Enfant, de grandeur naturelle en pied, est revêtu du costume des enfants du XVP siècle : il porte une robe damassée ; un col de fine guipure orne son cou ; et sur son tablier blanc, également bordé de guipures, sont représentés les divers instruments de la passion. L'arrangement de ces instruments ferait croire qu'ils sont disposés en rébus : cette circonstance n'offrirait rien d'étonnant, car l'on sait que vers la fin du XVI® siècle ce genre de jeu d'esprit était fort en vogue. D'une main, l'Enfant tient une corbeille avec le marteau, les clous et les tenailles, de l'autre il soutient sa croix ; celle-ci traîne par terre et est attachée au cou de Jésus au moyen d'une chaînette d'argent.

, On lit sous ce tableau : In laboribus a juventate mea. Ajoutons que ce morceau réunit à Tintérêt qu'il inspire quelque mérite sous le rapport de l'art.

Le baptême de Jésus-Christ, panneau de l'époque de la Renaissance. La scène se passe au milieu d'un riant paysage, qu'arrose le Jourdain.

Réfectoire.

La sainte Vierge présentant son Fils à sainte Thérèse et à un religieux de l'ordre des Carmes. Saint Joseph se montre dans le fond dans la composition.

Le Christ en croix. Marie et saint Jean sont debouts à côté du Sauveur. Sainte Marie-Madeleine étreint le pied de l'instrument dii supplice. Tableau de quelque etfet de l'école espagnole.

Nous rencontrons ici un bon tableau allégorique de Egide Jos. Smeyers. Dans la partie supérieure on lit : Humilis et libéra familia Mari-colarum vulgo Marollarum per R. P. Hermannum à S. Norberto carm. dise, definitorem provincialem. Des deux côtés de la toile sont peints, en médaillons, les six mystères joyeux de Marie, trois à droite, trois à gauche. Au milieu dans un cœur est placée la Vierge immaculée. Sous ce dernier sujet, figure saint Biaise. Plus bas encore, un cartouche porte le portrait d'Ame de Coriache, promoteur de la nouvelle congrégation à Malines. A côté de l'archidiacre sont agenouillées les premières religieuses du couvent (1676), d'un côté la supérieure, Cécile d'Hulst, tenant un livre, et Marie van der Loy; de l'autre Catherine Eypeer et Anne van Geerts. Ces petits portraits sont

parfaitement rendus ; nous en dirons autant des cartels qui représentent les mystères. Le chanoine Schœffer nous apprend que cette œuvre est ordonnée d'après la gravure qui sert de frontispice aux œuvres du fondateur de la communauté, le P. Hermann de Saint-Norbert. Cependant l'artiste y a apporté quelques changements, ainsi lé portrait d'Ame de Coriache remplace ici celui de saint Humbert; saint Biaise, patron secondaire de la paroisse de Notre-Dame, se trouve à la place qu'occupe dans la gravure l'abbé de Mariolles.

Saint Jérôme à Vétude dans un cabinet de travail; œuvre peu importante du XVP siècle.

Une charmante statuette en bois, la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus sur les bras; manière de Nicolas van der Vekene. H. 0,80 m.

Un petit buste de sainte Barbe, digne du ciseau du même maître surmonte l'horloge.

Sur la cheminée sont deux antiques figurines, la sainte Vierge et son Fils; saint Joseph et l'Enfant Jésus. Bois.

Infirmerie.

M. le chanoine Schœffer dit que dans l'infirmerie est placée une très belle toile, saint François d'Assise, de David Ryckaert, le jeune (1).

Jardin.

Dans le jardin est érigé un calvaire ; la sainte Vierge et saint Jean se tiennent sous la croix. Ces figures, grandeur de nature, sont en bois. XVIIP siècle.

(4) David Ryckaert, le Jeune, né à Anvers en 4615, mort en 4677.

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