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XXI. Une femme percluse d'une main et trois possédés

sont guéris devant les reliques de saint Rombaut. Devant la même chapelle trois possédés, gardés ' par trois hommes, rendent le démon. La femme malade s'incline devant la chasse ; elle est soutenue par un vieillard ; une parente à genoux assiste au prodige ; cinq personnages en tabbaert sont debouts à côté d'elle. Le fond représente une rue.

Le même écusson, que celui du XX« tableau, est reproduit ici.

(Een orouhe l)ebbebr eeti olorot i)ant Bit 0tûC0e titt irai eitbe nert gt)ene0tn Wxt vcvvsiotift me0ct)e gl)equ(U oabe ngûitt tDtrben l)ter 00c vtxio^i 00e 10g U0en*

XXn. Le sire de Steenockerzeel guéri miraculeusement^ abandonne ses biens à saint Rombaut. Ce panneau, d'un haut intérêt pour les costumes du clergé, est aussi une des meilleures peintures de la collection.

Treize prêtres en rochet, le bras couvert de l'aumusse, et plusieurs enfants de chœur portant une croix et des bannières, reçoivent du sire de Steenockerzeel les actes de donation. Le Sire vêtu de brocard, est suivi de plusieurs dames et gentilshommes; un ser^dteur apporte un coffret rempli de valeurs ; ce second groupe est de huit figures. Au deuxième plan apparaissent le village et le château de Steenockerzeel ; là, en pleine campagne, est déposée la châsse du martyr, transportée pendant les troubles dans cette commune ; elle est entourée d'un nombreux clergé et d'un grand nombre de laïcs.

On voit dans la légende deuxécus accolés : le V d'or

à la fasce bretessée et contre bretessée de sable, accompagnée de 3 abeilles de sable, qui est Wellemans. Le second écusson est d'or. On suppose que ce tableau fut offert par Hubert Wellemans, pensionnaire de Malines, époux de Marguerite van Eyndhoudt alias van Linth. Ils testèrent le 28 mai 1519.

0p cent tgt bat blant vol ï^tjiàtnt wat tllucl)tenc bli(l)ann tott SttmljorkedetU Be i)e(rt ma^ htmAt maer l)g gl)enû9 fin (ûf Stnte llombout 0g gort int gl)ei)(flt,

XXIII. Pendant un siège que soutint Malines^ un seigneur, portant à son bouclier une côte de saint Rombaut fit une sortie et repoussa l'ennemi. Cette scène toute guerrière se passe sous les murs de Malines, dont le peintre nous laisse ici un précieux souvenir. Une douzaine de cavaliers, bardés de fer, armés de lances et de glaives tentent Vattaque. Parmi les chevaliers plusieurs portent récusson de leurs races : Kerman tient l'étendard de Grimberghe d'Assche ; Mérode chevauche à ses côtés ; Van der Aa porte la côte, attachée à son écu; plusieurs cadavres jonchent le sol. Une banderolle peinte sur le ciel, nous apprend la destination et la date du tableau :

i^ttr ober Irgt begraoen illut)tel be jfilerc % ôttrft tut ^ûir oe \\ttt ilHll*'tl33 itXX\}2 tTbaj ^tfûh. Sous le tableau nous lisons :

ÉBin}]ilt bHeglje dgnbt iroiU iamk buerbe 8en (opttign batr uut reet in (èobù gljexDOubt 6tnte tloboutd ribbe l)g i tint m\x mixit % vbxitUi allé buer <èoi en dinte Kombout*

Entre .les lignes de la légende figurent les armes du donateur de Clerck : écartelé au \ et auk d'azur à la fasce (Tor, accompagnée de 3 étoiles d'argent; au 2 et S d'or à l'épée de sable posée en bande, accostée de 2 aigles éployés de gueules.

XXIV. On porte processionnelkment les reliques de saint Rombaut, qui avait préservé la ville de grands malheurs. Un combat opiniâtre se livre dans les environs de Malines ; de nombreux guerriers, cavaliers, archers et lanciers y prennent part. Une curieuse vue de la ville occupe le fond du tableau : on y retrouve les principaux édifices et Ton peut constater le degré d'achèvement qu'avait la tour de Saint-Rombaut lorsque la peinture a été exécutée. La procession sort par la porte de Bruxelles et longe les remparts; viennent d'abord les métiers, ensuite le clergé. La châsse est suivie par les magistrats. Cet épisode, est d'un haut intérêt historique.

dinte tlombout l)uU ÉUttï^iltn uut ocU ^la%ï\t Sg rîbbé %a{ dtgije tnt (|l)èmcl)té 3tr tnemortirn 00 xoort 0» gt)ebragt)en 6g IjegUfl) UcljgûF wh mtnvit Ucljtif.

XXV. Saint Rombaut, protecteur de ses serviteurs ; honneurs que l'on lui rend. Nous voici transportés dans l'intérieur d'une église d'un style bâtard ; au fond figure encore la châsse de saint Rombaut, au-dessus d'elle des vitraux coloriés. Deux prêtres, debout derrière une table, reçoivent les offrandes et donnent une relique du martyr à baiser. Un bourgeois, tenant d'une main un cierge de l'autre un sac, apporte son offrande ; un gentilhomme.

richement vêtu s*approche également de la table avec son cierge allumé; derrière lui viennent deux femmes, l'une ayant un coq à donner , l'autre une cassette. A gauche de la table une dame noble dépose une pièce d'argent devant les receveurs. Un homme du peuple et un paysan, ayant un agneau sur les épaules, cherchent aussi à avoir accès aux reliques. La partie gauche du temple repose sur deux piliers entre l'écartement desquels on aperçoit la rue : une procession avec la châsse sort de l'église.

Tout au premier plan, derrière un prie-dieu, se trouve Jean Micault, trésorier de l'ordre de la Toison d'or, lequel mourut en 1539. Ses armoiries sont brodées sur la draperie de son banc. Son épouse Livine Cats van Welle occupe immédiatement après lui un autre priedieu armoirié.

lRatx6t\\aUk pa ber lHaringijen te SxnU ttombout dgn btenaere btïfaii i)g Xt loût' te lanbe 211 haer oruchten neemt hg in 0gn behout Du0 ghtcft hem een mtlbe offeranbe.

Une tablette en bois, dans la dimension des tableaux, relate, en lettres romaines d'or, la daté de la restauration que les comtes de Cuypers firent subir à nos peintures, ainsi que les travaux d'entretien qui furent faits dans ces derniers temps pour leur conservation.

Dans cette chapelle se trouve un confessional dont l'ordonnance n'offre aucun mérite artistique.

Cinquième chapelle dite de Zellaer (derrière le maître-autel).

L'autel de cette chapelle, tout entier en marbre blanc veiné, a été érigé en 1761. Des pilastres longent le tableau, lequel est surmonté d'un fronton de marbre en style rocaille. Le Saint-Esprit entouré de rayons occupe le sommet du monument.Un tabernacle en marbre blanc, en rapport avec le reste de Tédicule, a été dressé sur l'autel en 1866. Il est fâcheux qu'on l'ait placé devant l'inscription funèbre d'Arnold de Zellaer, fondateur de douze bénéfices au chapitre, mort en 1264 ; on a eu soin cependant de ne point entamer l'épitaphe.

La toile, que l'autel renferme, a 2,85 m. de hauteur, sur 2,40 m. de largeur; elle représente V Assomption de la sainte Vierge, par Egide J. Smeyers. Ce tableau, dont parle Descamps et qui passait jadis pour une des meilleures productions de Smeyers, a beaucoup souffert. La couleur en est devenue mate et faible. La personne de la Vierge n'a rien de vivant ; cependant l'arrangement des figures est fait avec intelligence. Au bas, les apôtres sont réunis autour du tombeau de Marie et contemplent la Mère de Dieu transportée au ciel sur un nuage.

De chaque côté de l'autel sont appendus au mur deux médaillons d'heureuse exécution, en marbre blanc; ceux qui sont les plus rapprochés de l'autel, saint Au-gustin et saint Norbert, sont un peu plus grands que les deux autres, saint Antoine de Padone et saint Louis de Gonzague. Sous les premiers sont attachés des attributs sacerdotaux également en.marbre. Ces pièces datent de la première moitié du XVIIP siècle : Pierre Valckx les exécuta à cette époque pour le prieuré de Leliendael,

OÙ elles restèrent jusqu'à ce que Ton les transportât à Saint-Rombaut. Les encadrements des deux portes sont dûs au même artiste et ont été exécutés pour ce couvent.

Le superbe banc de communion, qui ferme cette chapelle, provient encore du monastère de Leliendael. Cette sculpture , Tune des plus remarquables que possédait le prieuré , est aussi une des plus belles œuvres de la métropole, tant sous le rapport de l'ordonnance que sous le rapport du travail. Elle ofiFre le plus ingénieux mélange de génies , de feuillages et d'emblèmes religieux. Divisé en trois compartiments, ses deux parties latérales sont ouvrées en sujets variés d'arabesques ; au milieu de chacune d'elles" figure un groupe d'anges : les uns expriment le jus du raisin dans un calice ; les autres portent des gerbes de blé. Le sujet central représente un ostensoir devant lequel se prosternent d'un côté un religieux norbertin, de l'autre une religieuse norbertine. Les compartiments sont séparés l'un de l'autre par deux espèces de niches : dans l'une un petit séraphin tient une corbeille avec de la manne ; dans l'autre, un génie porte des pains. Malheureusement, lorsqu'en 1810 ce chef-d'œuvre a été approprié à la chapelle de Zellaer, on a été obligé d'en enlever les deux extrémités. Celles-ci (fcit été transformées en crédencès et appliquées contre le mur, où elles se trouvent encore. Ce sont des niches, à formes contournées, renfermant chacune un chérubin : le premier de ceux-ci porte un calice, le second une amphore.

Ce gracieux et savant travail est dû à Artus dit Arnold Quellin (1), qui l'entreprit par acte du 28 octobre

(4) Ârtas dit Arnold Quellin, né à Saint-Trond en 4625, mort à Anvers en 4700.

1678, pour la somme de 2000 florins, s*engageaût à Tachever pour les Pâques prochaines.

Dans cette chapelle on trouve deux tableaux appartenant à la série offerte à Toccasion du jubilé de 1778. Celui qui orne le côté gauche de la chapelle, a été donné par Robert van Adorp, abbé de Grammont, qui le confia au pinceau de Boudin, dit du Tour.

On y voit le comte Adon recevant des mains d'un ange son fils Liberty rendu à la vie. L'heureux père est accompagné de son épouse et de ses serviteurs. Saint Rombaut rend grâces au ciel du miracle. Le peintre a placé dans un bois le lieu de la rencontre entre Adon et range. La composition comprend dix figures ; elle est gênée et n'a rien de naturel : la nuance en est froide et les physionomies sans pensée.

En face de cette toile, il s'en trouve une autre, peinte par de Haeze (1) et offerte par Egide Warnots, abbé de Saint-Jacques-sur-Caudenbergh : Saint Rombaut, ac^ compagne du comte Adon , visite les travaux d'une église en contraction. Quatre grandes figures sont posées sur le premier plan ; l'édifice en achèvement se trouve au fond. Il y a peu d'animation dans cette toile, et sa composition semble indiquer une imagination peu féconde.

Sixième chapelle.

Un confessioïial de la dernière simplicité est le seul meuble de cet oratoire. Au mur nord est appendue une toile que Adrien de Renesse, abbé de Sainte-Gertrude,

(4) Maximilien de Haeze, né à Braxelles, y décéda en 4787 dans un âge très -avancé.

paya à G. Hen^eyns 300 florins : Saint Rambaut réprimande un ouvrier de ses débauches. Sept personnes trouvent place dans l'épisode. Le saint debout exprime avec douceur son mécontentement au coupable ; à côté de ce dernier se tient sa concubine, qui prête grande attention aux paroles de Tapôtre. Divers individus sont assis et debout derrière le premier groupe. Ce tableau est bien conservé et très-harmonieux, quoiqu'un peu sombre.

En face de cette œuvre, contre le^mur sud, nous trouvons un tableau fin, léger et gracieux, trop peut-être pour le sujet qu'il représente : L'ouvrier réprimandé se concerte avec un de ses compagnons pour assassiner saint Rombaut. Au fond on remarque l'apôtre se promenant, en disant ses heures, dans une campagne plate. Sur le premier plan, le groupe des conjurés ne se compose que de trois personnes : deux ouvriers et la concubine. Celle-ci occupe la place du milieu ; son maintien semble indiquer de la répugnance pour le crime; son physique doux et naif n'inspire rien moins que l'aversion. André Lens est l'auteur de cette œuvre ; elle lui a été payée 300 florins par Siard vanden Nieuweneynden, abbé de Tongerloo.

Sous ces grandes toiles sont placés seize panneaux de 0,87 m. de haut sur 0,8S m. de large. Ce sont les armoiries et les inscriptions rappelant les chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, qui prirent part au chapitre général tenu dans cette église le 24 mai 1491, sous la présidence de l'archiduc Philippe le Beau. Anciennement ces écussons étaient placés dans les stalles du chœur, chacun au-dessus de la place qu'avait occupé le chevalier qu'ils désignent. En 1810, on les enleva

-sodé leur place séculaire et les intéressante souvenirs du chapitre furent relégués au grenier. En 1838, le comte Amédé de Beauffort les fit restaurer. A cette occasion on lui donna les fragments du beau monument funèbre de Franck van Halen, mort le 9 août 1378. Ce tombeau, qui avait survécu au pillage des iconoclastes , avait été démoli, sous l'empire, en 1810.

Les blasons exposés sont ceux de :

Maximilien d'Autriche, roi des Romains.

Philippe d'Autriche, comte de Charolais:

Jehan II, roi d'Aragon et de Navarre.

Don Ferdinand, roi de Naples.

Jehan de Melun, seigneur d'Antoing.

Loys de Bruges, seigneur de Gruuthuse.

Philippe de Savoye, comte de Baugeay et de Bresse.

Philippe de Croy, comte de Chimay.

Pierre de Luxembourg, comte de Saint-Pol.

Clanide de Toulongeon, baron de Bonlieux.

Pierre de Hennin, seigneur de Bossu.

Jean, baron de Ligne.

Baudouin de Lannoy, seigneur de Molembaix.

Jean de Berghes, seigneur de Walhain.

Guillaume de la Baume, seigneur de Siclain.

Septième chapelle consacrée aux martyrs de Gorcum.

Un autel en chêne , en partie polychrome, de style gothique secondaire, et un banc de communion de style analogue ont été placés dans cette chapelle en 1887. L'autel est orné de plusieurs statuettes des martyrs, qui

appartiennent par leur naissance à nos provinces. Elles sortent, ainsi que Tautel et le banc de communion, des ateliers des frères Goyers de Louvain.

Vis-à-vis de l'autel est le treizième tableau de la légende : saint Rombaut expirant^ par Boudin dit du Tour. Jean Michel Cosin, abbé d'Heylissem, gratifia la métropole de cette peinture mesquine du peintre français. Boudin a, en effet, copié maladroitement un sujet traité déjà par Egide Smeyers. Le corps du martyr gît inanimé par terre, plusieurs assassins l'entourent et cherchent son argent. Sept personnages.

Huitième chapelle.

Contre le mur Est nous trouvons : La découverte du corps de saint Rombaut, jeté dans les eaux par ses meurtriers. Marcel de Vos, abbé de Saint-Michel, en a fait les frais. Ce tableau de sept figures, vrai et vigoureusement traité dans les tons sévères qui caractérisent les œuvres de G. Herreyns, son auteur, nous montre divers pêcheurs retirant de la rivière le cadavre du martyr. La scène se passe la nuit et un rayon lumineux descend sur l'endroit où gît le corps.

Le tableau suivant, donné par Godefoid van Eersel, évêque de Gand, occupe le mur ouest de la chapelle : La dépouille mortelle de saint Rombaut portée processionnettement à Véglise, Les prêtres en surplis portent sur les épaules la vénérable relique étendue à découvert sur une draperie rouge. Une femme accroupie, tenant un enfant par la main, regarde le pieux cortège. L'ensemble de l'œuvre comprend dix personnages. La composition

est simple et naturelle, la couleur harmonieuse. Maximilien de Haeze est Fauteur de cette peinture.

A côté de la toile, dont nous venons de parler, figure un tableau par N. E. de Pery, qui Facheva pour Henri Gabriel van (îameren, évêque d'Anvers. Le sujet en est : Vapothéose de saint Rombaut. Le coloris laisse beaucoup à désirer. Dix figures concourent au tableau. Saint Rombaut monte au ciel porté sur un nuage. Tout autour de sa personne volent de petits chérubins portant, l'un la mitre, l'autre, la crosse et d'autre insignes épiscopaux. Sur terre, au fond du paysage, on voit la ville de Malines. Au premier plan la pucelle de Malines implore son bienheureux patron; à ses côtés elle a deux génies soutenant l'écusson de la ville ; un troisième, derrière elle, maintient un cartel avec un double chifire : DCCLXXV, date du martyre et MDCCLXXV, l'année du jubilé.

Sous ces grands tableaux nous trouvons la suite des écussons du chapitre de la Toison d'or; ce sont ceux de :

Maximilien, duc d'Autriche et de Bourgogne.

Philippe d'Autriche, comte de Charolois.

Fernand, roi de Castille et de Léon.

Edouard, roi d'Angleterre.

Jehan, duc d'Alençon.

Jehan, seigneur de Lannoy.

Antoine de Bourgogne, bâtard.

Adolphe de Clèves, seigneur de Ravesteyn.

Engelbert de Nassau, baron de Breda.

Jehan, duc de Clèves.

Philippe de Bourgogne, seigneur de Beveren.

Guillaume d'Egmont.

Josse de Lalaing, seigneur de Montigny.

Jacques de Luxembourg, seigneur de Fiennes.

Bertrand, seigneur de Lichtenstein.

Martin, seigneur de Polheim.

Très-puissant prince Mgr Philippe d'Autriche, duc de Bourgogne.

Deux écriteaux portent les sentences de Philippe Pot et de Jacques de Savoie expulsés de l'ordre.

Le confessional de cet oratoire est de la fin du XVIP siècle. Le plan en est bon; il est conçu dans le style que l'on appelle communément du nom de Rubens, le grand maître qui présida à sa naissance. Deux cariatides d'anges, placées à l'entrée du compartiment central, décèlent le talent secondaire de son auteur.

Nous tournant vers le chœur, nous rencontrons le tombeau de Prosper Ambroise , comte de Precipiano, général des armées de Charles II, mort en 1707, par Michel Vervoort (1). Ce monument de marbre griotte, avec décorations en marbre blanc, fut placé en 1709 : il est reproduit en gravure dans le Grand Théâtre du Brabant, 1. 1, p. 47.

Sur un piédestal, qui porte l'inscription tumulaire, est debout une figure en marbre blanc de la Force; celle-ci est représentée sous les apparences d'une femme calquée sur la Minerve antique. La main droite de la statue repose sur une massue, tandis que la main gauche soutient un médaillon orné du portrait de Precipiano.

Derrière la statue s'élève une pyramide en marbre

(4) Michel Vervoort ou Van der Voort, né à Anvers en 4667» mort en 4737.

rouge ; au pied de celle-ci se tiennent assis deux génies, l'un tient le casque, l'autre l'épée du défunt. Ces dernières figures et celle de la Force, qui se trouve entre elles deux , sont de grandeur naturelle et de la meilleure exécution. La Force est belle et tient de l'antique : elle prouve que Vervoort avait profondement étudié les chefs-d'œuvre de la période classique. L'ensemble du monument est d'une élégante simplicité.

De part et d'autre de la partie centrale deux pilastres en marbre rouge arrondis, placés contre les piliers du chœur, sont revêtus chacun de quatre écussons de marbre blanc, formant les huit quartiers de Precipiano. Un grillage relie les extrémités à la pyramide.

Neuvième chapelle.

On trouve dans cet oratoire un grand et bon triptyque par Abraham Janssens (1) : Saint Luc peignant le portrait de la Vierge. Le panneau principal, placé à une trop grande hauteur contre le mur Est, mesure 2,93 m. d'élévation sur 2,48 m. de largeur. Cette œuvre a été exécutée par le peintre anversois pour la corporation de Saint-Luc à Malines, dont l'autel était établi en cette église. Elle remplace une peinture du même sujet faite par Jean de Maubeuge, en 1818, enlevée pendant les troubles du XVP siècle et transférée à Prague.

La sainte Vierge, tenant l'enfant Jésus sur les genoux, est enveloppée dans un ample manteau bleu ; elle a le

(4) Abraham Janssens, né à Anvers en 4567, mort en 4632.

divin Enfant, charmant de grâces, sur son giron; saint Joseph fait remarquer à Fartiste les traits sublimes de son modèle. L'évangéliste-peintre est assis devant une table couverte d'un tapis rouge. Plus loin, en arrière, un ouvrier broie les couleurs. Il n'y a que cinq personnages dans cette scène. Elle se passe dans un appartement décoré où l'on voit, entr'autres objets, une bibliothèque. Dans la perspective on aperçoit une deuxième chambre communiquant avec la première. Cette œuvre , d'une belle coloration et d'une simple et ingénieuse composition, a souffert par des retouches maladroites : la tète de Marie a surtout été repeinte.

Sous ce tableau est maçonné dans le mur un petit mausolée à la mémoire de Joachim Gillis et d'Anne le Boiteulx. L'encadrement en marbre noir et blanc est entouré de bustes ailés de séraphins et de divers ornements. Cette partie est aussi artistement conçue que rendue. Dans la niche repose une statuette en bois de buis : sainte Anne portant la sainte Vierge et l'enfant Jésus sur les bras. Ce monument, placé jadis à côté du portail dans le transept méridional, a été transféré à sa place actuelle en 1744.

Les vantaux du tableau de Janssens sont placés contre le mur extérieur de la chapelle des deux côtés d'une fausse porte. Le sujet du premier volet est : saint Jean dans Vhuile bjouillante. Le saint est représenté sur le bord de la fournaise, au moment où ses bourreaux vont le plonger dans l'huile ; il est à peu près accroupi et penche le corps en avant. Son torse, ainsi que celui de l'un des exécuteurs attisant le feu , sont remarquables de mouvement. Dans le fond on aperçoit un consul romain accompagné de licteurs avec leurs faisceaux.

Huit personnages concourent à l'épisode. Le revers du vantail contient une figure : saint Luc écrivant son évangile.

Sur le deuxième volet, à Tavers : saint Jean, dans Vile de Pathmos, rédige l'Apocalypse. L'évangéliste est assis; il est revêtu d'une robe verte que l'on aperçoit à peine, parce qu'un manteau rouge l'enveloppe presque entièrement. L'aigle est à ses côtés. La perspective montre un désert. Le côté extérieur porte l'image en pied de saint Jean. Descamps a admiré ces œuvres d'Abraham Janssens, seulement il leur trouve de la sécheresse. La couleur s'est beaucoup modifiée, il est vrai; dans la première porte surtout elle a considérablement pâli, mais le coup de crayon n'en est pas moins hardi et fougueux.

Le panneau central d'un triptyque (v. p. 20) que Michel Cocxie acheva en 1588 alors qu'il était aussi vieux que son siècle, occupe le mur de la sacristie dans le pourtour. Cette belle œuvre, faite pour le Serment de l'arbalète, porte la signature de son auteur : Michaël de Coxien, picto. regs. me fe. an"" 1888. ao œtatis suœ 88 (1). Elle est enchâssée dans un cadre de mauvais goût, couronné par l'écusson de la gilde : d'argent à la croix de gueules. Le sujet du tableau est le martyre de saint Georges. H. 2,84 m. L. 2,08 m. — Bois — Malgré l'âge avancé de l'artiste on y retrouve encore son vigoureux pinceau et son dessin scrupuleux. Saint Georges dépouillé de vêtements est attaché à la roue : dans un

(4) Noas avons dit (p. 45) que Michel Goiie naquit en 4499; or ici l'artiste marque son âge de 88 ans en 4588 : cette différence résulte probablement du changement opéré dans le calendrier au XVI siècle,

instant le supplice va commencer. De tous côtés des bourreaux entourent Tinstrument fatal. Dans le lointain s'élève une ville, sous les murs de laquelle chevauchent plusieurs cavaliers. Un ange (et c'est la partie la moins heureuse du tableau), entouré d'un nuage sombre, apporte à la victime la couronne immortelle.

Le petit jubé, au-dessus de la sacristie, est contigu à la chapelle, dont nous avons parlé en dernier lieu. Il s'y trouve un petit orgue, monté dans un buffet gothique fort simple.

En regard du jubé, contre les parois extérieurs du chœur, s'élève un socle en bois marbré, surmonté du groupe de Noire-Seigneur , bénissant un enfant , conduit par son ange gardien. L'idée simple et naïve de cette composition émane de Jacques Smeyers (1) ; Jean van Turnhout (2) la reproduisit en pierre, mais en lui donnant un air de pesanteur qui nuit à la gracieuse conception. Ce groupe figurait antérieurement dans les jardins du palais archiépiscopal.

Le dernier monument dans le pourtour est celui du cardinal Thomas Philippe d'Alsace. Il est également adossé au mur extérieur du chœur. On y voit la sainte Vierge debout tenant son Fils sur les bras; sous ses pieds elle écrase le serpent. H. 1,88 m. marbre blanc, par Michel Vervoort. Quoique moins belle, à cause de certaines incorrections de dessin, que la statue de la Force du même artiste, cette figure ne laisse point d'être gracieuse. A ses côtés un ange tient un médaillon

(4 ) Jacques Gilles Smeyers, né à Malines en 4657, mourut en 4732. (2) Jean Van Turnhout, né à MaUnes.

portant le buste du cardinal défunt. Cette partie, qui réunit le mérite de la ressemblance à la bonne facture, y a été ajoutée par J. F. van Geel (1), en 1813. La fabrique a érigé ce monument à un prélat qui avait illustré le siège de Malines. La figure de Michel Vervoort se trouvait avant la révolution française au-dessus de la porte du palais archiépiscopal.

Avant de quitter le pourtour, jetons un regard sur un buste en marbre blanc : Le Sauveur bénissant d'une main et tenant une mappemonde de l'autre. Cette œuvre sentimentale est digne de son auteur Luc Fayd'erbe. Elle surmonte la porte de la sacristie, en face du cénotaphe du cardinal d'Alsace. Une coquille fait console sous la sculpture.

Transept méridional.

La statue, qui se présente à gauche contre le pilier du chœur, est une ofeuvre en pierre blanche magistralement taillée par Luc Fayd'erbe : Saint Joseph ayant devant lui Venfant Jésus debout sur le globe terrestre. Elle est due à la munificence des frères Adrien et Dismas Corten , qui rélevèrent en mémoire de Dismas de Brialmont, leur parent. Le premier d'entre ces donateurs fut prévôt et curé de Notre-Dame, le second d'abord chanoine-chantre du chapitre de Notre-Dame, ensuite de l'église métropolitaine.

Le pilier de droite, à côté de l'autel, est orné de la

(4) J. F. van Geel, né i Malines en 4756, mourut à Anvers en

figure de saint Marc, par Pierre Valckx, placée par l'archidiacre Louis Deudon en décembre 1776. Elle n'est point sans mérite; l'artiste a représenté le saint montrant d'une main son évangile qu'il tient dé l'autre.

Avançant de quelques pas nous nous trouvons devant l'autel de sainte Anne. Son ordonnance générale est semblable à celle de l'autel des âmes du purgatoire ; il ne diffère du premier que par les sculptures et les détails. Le sculpteur Jean van de Steen le construisit en 1699, pour la corporation des maçons ; c'est ce qui explique pourquoi les outils du métier sont taillés sur la frise. L'entreprise du travail fut signée par l'artiste le 21 juillet 1698 , à raison de 4400 florins , sans les piliers de marbre à charge de l'église. Un groupe de sainte Anne ayant à sa droite la sainte Vierge debout et sur ses genoux l'enfant Jésus, couronne le monument./Un petit chérubin apporte à la mère de Dieu un sceptre tandis qu'un autre, à côté du Sauveur, tient un cartel et une trompette. Le Saint-Esprit entouré de rayons domine le tout.

Deux anges prennent leur essor appuyés sur les bouts du fronton au-dessus de la corniche : ils sont d'une pauvre et raide sculpture ; l'un porte une branche d'oranger, l'autre une cassolette.

Le tableau de l'autel : le Christ en croix, par Antoine van Dyck (1), est une des plus belles pages de l'école flamande. Nous ne pouvons mieux faire que de rapporter sur cette œuvre l'appréciation d'un auteur, qui ne s'enthousiasmait pas vite. Descamps, peintre du roi de France. L'écrivain parle de l'église des récollets :

(4) Antoine van Dyck, né à Anvers en 4599, mort en 4644.

« Au maître-autel est un excellent tableau peint par » van Dyck; on y voit Notre-Seigneur crucifié entre les » larrons, c'est l'instant où Jésus-Christ expire. On voit » les larrons se tourmenter comme s'ils faisaient des » efforts pour se débarrasser de la croix. A la droite est » placée la Vierge dans la plus vive douleur; derrière » elle est saint Jean et à sa gauche est un soldat à che- » val et armé, appuyé sur ses mains, il semble étonné » et dans l'admiration de tout ce qui se passe; devant » lui est un bourreau à demi-nud ; plus loin est le peu- » pie en foule : c'est une des plus grandes compositions » que je connaisse de ce peintre; tout y est composé » avec feu et variété, le dessin est plein de finesse; le », Christ est d'une beauté surprenante, la tête de la » Vierge est d'une expression admirable, sa draperie » est d'un pinceau lourd ; la couleur, quoique belle en » général, m'a paru un peu froide. »

Nous esquisserons brièvement l'historique de ce tableau.

Il fut offert au couvent des Récollets par Jean vander Laen, seigneur de Schrieck et de Grootloo, qui le paya 2000 florins, argent de change, à son auteur. Les Frères Mineurs continuèrent à le posséder jusqu'à leur suppression. Déjà avant cette époque, vers 1780, l'œuvre avait perdu une partie de son éclat primitif à la suite d'un lavage à l'eau savonnée, qu'un soi-disant restaurateur lui avait fait subir. C'est après cette opération malheureuse que Descamps visita le monastère.Transportée à Paris, en 1794, avec les autres joyaux de notre école nationale, la peinture de van Dyck y essuya un nouveau nettoyage qui ne lui fut guère favorable. En 1818, elle revint en Belgique , et fut déposée provisoirement au

musée d'Anvers, où G. Hen*eyns lui apporta des restaurations heureuses. Le roi Guillaume I ayant fait don du chef-d'œuvre à l'église métropolitaine de Malines , on rérigea sur l'autel des âmes du purgatoire le 14 juin 1816. En 1823 et en 1831 le tableau avait été verni par des mains inhabiles. De nouvelles détériorations étant suryenues, le conseil de fabrique, en 1846, d'accord avec le ministre de l'intérieur, confia le tableau à P. Morissens qui s'acquitta de la restauration avec succès. En même temps on le mit à sa place actuelle : l'autel des âmes étant illuminé journellement, on craignait avec raison que la fumée des cierges n'altérât davantage la précieuse composition de van Dyck.

L'œuvre de l'artiste anversois a été reproduite en gravure par S. A. Bolswert (1).

Le portail, qui donne accès de ce côté à l'église, est pareil à celui qui lui est symétrique dans le transept septentrional (v. page 12) ; une seule différence doit être signalée , c'est que le médaillon du fronton représente ici le buste de saint Rombaut. Ce portique fut placé en 1718, et en grande partie payé par le chanoine van Susteren, depuis évêque de Bruges.

A droite du portail se trouve la statue en pierre de saint Augustin, en chape, exécutée de main de maître par Théodore Verhaegen, en 1743. Cette figure sert de monument commémoratif au chanoine René Cassina de Boulers, qui le paya au sculpteur, 32S florins.

Le pendant à cette statue occupe le mur à gauche du portail ; elle est du même artiste et a été payée au mémo prix. Elle figure saint Jérôme recevant les inspirations

(4) Schelte a Bolswert, né à Bolwert en Frise vers 4586.

du Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe. Le saint est revêtu du camail , de Fétole et du rochet ; sous le bras gauche il serre un livre. Cette œuvre ne le cède en rien à la précédente ni pour la largeur ni pour la hardiesse du coup de ciseau. Benoît de Ruddere, chanoine et prévôt de Saint-Rombaut, en fit les frais, en 1744.

En face de l'autel dédié à sainte Anne , on remarque une toile longue de 3,96 m. et haute de 2,98 m. Elle a été peinte par J. A. Gaeremyn (1) (et non par Suweyns, de Bruges, comme le dit de Munck) pour compte de l'évéque J. B. Caimo, qui la fit placer en cette église à l'occasion du jubilé de 1778.

Le sujet en est : saint Rombaut recevant du ciel la mission de prêcher l'évangile et de souffrir le martyr. Saint Rombaut est à genoux aux bords de la mer d'Ecosse; saint Pierre et saint Paul, debout sur un nuage, descendent vers lui. Saint Pierre lui montre un passage de l'évangile : Sicut misit me et ego mitto vos. Joés. cap. 20, V. 21. Saint Paul lui présente le bâton pastoral et un glaive. Un ange indique au missionnaire les pays à évangéliser. Plus haut dans le ciel on remarque plusieurs séraphins. La perspective se perd de tous les côtés dans l'océan. Ce tableau est d'une bonne invention; sa couleur est légère.

Nef méridionale.

Au bas de cette partie de la métropole, nous trouvons un tableau de Jean Le Sayve le vieux, dit de Namur. Il

(4) Jean B. Antoine Gaeremyo, né à Bruges en 4742, décédé en

orne la chapelle du baptistère. Le panneau, mesurant 2,60 m. de haut sur 2,10 m. de largeur, nous met sous les yeux : le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean, dans les eaux du Jourdain. Le premier plan est occupé Jésus, par le Précurseur et par deux assistants. Dans le lointain on voit serpenter le fleuve bordé de rochers et de montagnes ; une foule nombreuse stationne sur une des rives. Cette peinture, jadis centre d'un triptyque qui décorait un autel dans le pourtour, n'est point sans valeur; son coloris est fin, son dessein assez vrai et son style fort naturel. ^

Les fonds baptismaux en marbre noir sont fermés d'un couvercle de cuivre rouge : ils datent du XVII® siècle.

Le portique, qui ferme la chapelle, est en tout semblable à celui que nous avons vu dans le bas de la première nef. Son histoire est la même (V. pag. 4).

Grande nef.

Le splendide vaisseau de la grande nef repose sur des piliers Cylindriques, auxquels sont adossés les statues, en pierre de France, des douze Apôtres. Ces figures de 2,78 m, de hauteur chacune, sont dus à différents maîtres.

Lorsque les Gueux saccagèrent l'église métropolitaine, ils enlevèrent les images des apôtres qui décoraient les colonnes et s'en servirent pour alimenter le feu de la brasserie dite le Chevalier marin (zee ridder). Dans le courant du siècle suivant on s'occupa à remplacer les statues, détruites par les hérétiques.

On trouve du côté septentrional les statues suivantes :

Saint Mathîas, par Corneille van Milder (1), d'Anvers; cette statue coûta 436 florins.

Saint Paul, par André Colyns (2).

Saint Jacques le Majeur (1635), par André Colyns.

Saint Thomas (1635), par André Colyns, 300 florins.

Saint Philippe, don de la famille Snoy (1632), par André Colyns.

Saint Mathieu (1635), par André Colyns.

On voit du côté méridional :

Saint Jude ou Thadée, par Corneille van Milder (1638), 436 florins.

Saint Pierre, par André Colyns.

Saint André, parle même artiste; cette œuvre lui fut payée en 1631, 300 florins par la ville de Malines.

Saint Jean l'Évangéliste, par André Colyns (1630), 300 florins.

Saint Jacques le Mineur, par André Colyns (1631).

Saint Barthélémy, par André Colyns (1635).

Saint Simon, par Jean van Milder (3) d'Anvers (1638), 200 florins.

Ces statues sont généralement d'une belle exécution ; elles sont appuyées sur des consoles, toutes de modèles différents, dont la composition est originale et conçue dans le genre rocaille.

La chaire à prêcher occupe un pilier du côté droit de

(1 ) Corneille van Milder, né à Anvers, fils de Jean ; XVII' siècle.

(2) André Colyns de Noie, né à Anvers; XVII» siècle.

(3) Jean van Milder, père de Corneille, mort en 4638, né à Kœnigsberg.

la nef, entre les statues de saint Jacques-le-Majeur et saint Thomas. Cette belle œuvre fut faite d'après les plans de Michel Vervoort ou Van der Voort, d'Anvers. Vervoort fut aidé dans la réalisation de sa pensée par Jean F. Boeckstuyns (1) et par Théodore Verhaegen. C'est le premier de ces deux artistes qui a eu la plus large part à l'exécution du monument. Cette pièce capitale, en bois de chêne , fut achevée en 1723, ainsi que l'indique le chronogramme gravé sur le pied du crucifix : CrVX Morlentls CatheDra Vltae.

La partie inférieure de la chaire simule un rocher dans le creux duquel se trouve le sujet principal : la conversion de Saint-Norbert. Le saint, frappé de la foudre, se trouve renversé à côté de son cheval abattu ; ses mains levées vers le ciel implorent la protection divine. Au-dessus du roc, à la place destinée au prédicateur, ràrtiste nous représente le double mystère de la chute de Thomme et de la Rédemption. Du coté droit de la tribune se trouve le Christ en croix entre la Sainte Vierge et saint Jean l'évangéliste ; l'humanité en pleurs est assise au pied du crucifix et élève ses yeux vers le Sauveur. A gauche, du côté de l'escalier, se passe la scène du Paradis terrestre : nos premiers parents, sculptés en bas-relief, se laissent sSduire par le serpent qui rampe sur les degrés pierreux de la chaire. Eve a cueilli la pomme et l'off're à Adam. L'abat-voix du monument figure un énorme pommier entre les branches duquel flotte une nuée.

Cette chaire provient du couvent des Norbertines de

(4) Jean-François Boeckstuyns, né k Malines vers 4650, mort en

Leliëndael à Malines. Du temps où elle ornait Téglise claustrale, elle était appliquée contre un mur uni (1). Lorsque le conseil de fabrique de Saint-Rombaut en fit l'acquisition, en 1809, il en fit modifier la forme pour l'adapter au pilier arrondi de la métropole. Ces travaux d'appropriation furent heureusement conduits par la main habile de J. F. Van Geel, qui ajouta plusieurs pièces à la chaire et opéra le placement sans entamer le cachet original de l'œuvre. L'administration de la cathédrale racheta le monument de Vervoort au bureau des hospices pour 600 florins ; mais cette somme couvrait en même temps le payement que le conseil avait à faire pour d'autres objets d'art de même provenance.

Chœur.

De chaque côté du chœur furent placés en 1860 un double rang de stalles gothiques, de quatorze places chacun. Elles furent exécutées parles frères Goyers, de Louvain, d'après les dessins de F. Pluys, peintre- verrier, et coûtèrent 36,000 francs. A côté des stalles, deux grillages du dernier siècle, en fer battu, donnent accès au chœur par les côtés latéraux.

Plus avant, dans la partie que nous allons parcourir, nous rencohtroiis, à notre gauche, à côté de Tune des portes grillées, le trône de l'archevêque de Malines.

A la suite du dais vient le beau monument funèbre d'André Cruesen, un des chefs-d'œuvre de Luc Fayd'herbe,

(4) Oa voit le modèle original de ceue chaire, par Venroort, au Miisée de Malines. N« 449 da caUlogae. 4864.

érigé en 1669. Un sarcophage carré portant Tinscription tumulaire, sert de base au groupe magnifique que le sculpteur malinois a produit. André Cruesen, en chape, est agenouillé devant le Sauveur ressuscité, tenant d'une main l'instrument de sa mort vaincue , de l'autre un palme. Le beau corps du Christ, légèrement vêtu, frappe d'admiration. Derrière le prélat se trouve la statue du Temps, vieillard ailé, armé d'une faux : le plus bel effet est produit par le contraste de ces deux torses, celui du Seigneur et celui de ce personnage ruiné par l'âge. Un petit génie en pleurs cherche à conjurer les décrets impitoyables du Temps. Les figures de cette tombe sont en marbre blanc, de même que les quatre colonnes torses surmontées d'une corniche de marbre noir, ornée de vases funéraires, qui encadrent le cénotaphe. Au-dessus de la corniche, deux anges soulèvent une draperie qui recouvre un cartel portant l'inscription : Et nunc quœ est exspectatio mea, nonne Dominus. Ps. xxxviii. Le groupe est placé devant un fond de cuivre travaillé d'arabesques à jour; on y découvre les armes du défunt. Le Roy (Théâtre sacré, t. I, p. 22) et van Gestel (Historia archiepiscopatus Mechlin,) ont reproduit chacun ce chef-d'œuvre ainsi que le tombeau ; leurs dessins sont burinés par D. Coster.

Mathias Hovius, troisième archevêque de Malines, mort en 1620, repose à côté de Cruesen, entre le monument élevé à ce dernier prélat et le maître-autel.

Sur un sarcophage en marbre noir est couchée la statue de l'archevêque en habits pontificaux; sa tête est couverte de la mître et appuyée sur la main droite ; à ses pieds est étendu un lionceau. La statue est en terre cuite et si largement exécutée, qu'on la prendrait

pour une ébauche : l'ensemble de l'œuvre dénote une main habile et exercée, mais inconnue. Une galerie composée de balustres sert de fond ; au-dessus de la rampe se trouve une plaque de cuivre encadrée d'ornements funèbres, portant l'inscription commémorative. Le portique cintré, qui embrasse le monument, a été ajouté beaucoup plus tard par Luc Fayd'herbe, à l'époque où le sculpteur-architecte a élevé le maître-autel (1665). Il forme, pour ainsi dire, une dépendance de celui-ci. Au-dessus du cintre se trouve un vase voilé d'une draperie funéraire à franges d'or; une tète de mort repose sur l'urne.

Nous ferons un examen séparé du maitre-autel et» avant d'entreprendre sa description, nous jetterons un coup d'œil sur les monuments funèbres qui se trouvent* du côté de l'épître dans le chœur.

La première tombe que nous rencontrons est celle d'Alphonse de Berghes, décédé en 1689. Elle est placée sous une arcade différant peu de celle qui contient le cénotaphe de Mathias Hovius. L'archevêque , en costume pontifical, est couché sur une tombe avec épitaphe ; du bras droit il s'appuie sur un coussin ; sa mître est déposée à ses côtés. La statue bien réussie , est en marbre blanc; elle a été exécutée par Marc de Vos (1), de Bruxelles. La partie architectonique du monument, a été achevée d'après les plans d'un autre bruxellois, van Brée. Derrière la figure du défunt s'étale une balustrade de marbre blanc, surmontée de l'écusson épiscopal. Deux anges font l'office de supports. Ce cénotaphe ainsi que le suivant ont été reproduits par D. Goster dans LeRoy et dans van Gestel.

(4) Marc de Vos, né à BraxeUes en 4650, mort en 4747.

Nous trouvans ensuite le monument funèbre de Guil^ laume Humbert à Précipiano mort en 1711, une des belles œuvres de Vervoort, exécutée sous la surveillance même du prélat en 1709. Cette composition est à peu près la même que celle du tombeau de Gruesen : la sculpture est de grand mérite et a quelques heureuses réminiscenses de l'antique.

Uépitapbe est inscrite sur le socle du groupe. Uarcbavêque, en camail, est agenouillé sur un couS" sin ; il est en oraison devant la Sainte-Vierge ayant son fils sur le bras : derrière le prélat se tient debout la Religion accompagnée d'un petit ange tenant le pallium. Derrière ces sculptures» qui sont en maii)re blanc, est une clôture à trois compartiments; elle sépare ce monument de celui du frère de Tarchevéque, qui est placé dans le pourtour. La partie centrale de la clôture est en marbre. Les pans latéraux sont formés de grillages en fer battu, encadrés de colonnes couronnées d'urnes funéraires* Au sommet du monument apparaissent sur le frontispice les armes de Précipiano, avec la devise : « non in gladio^ sed in nomine Domini. » Les deux cœurs couronnés et reliés des frères défunts et l'inscription in morte quoque, non sunt divisi terminent le fronton.

Maltre-AuteL

Le grand autel de la métri^le se caractérise par une imposante sim^dicité. Il est construit en marlxre noir et blanc et a deux faces pareilles de chaque côté. C'est à Luc Fayd'herbe que revient l'honneur de la conception et de l'exéeutian de cette œuvre grwdiose;

rarchevêque André Gruesen en supporta les frais. Le célèbre artiste, qui avait fourni les plans, entama le monument au mois d'août 1665; ce dernier fut inauguré par le prévôt François van den Venue, qui y célébra la première messe le 25 avril 1666.

Quatre colonnes, en marbre blanc, à chapiteaux composites dorés, supportent la corniche en marbre noir. Deux vases dorés en ornent les extrémités, bientôt à côté prennent naissance des tronçons de fronton arrondis. Sur les piédestaux des colonnes , de part et d'autre de l'autel , sont taillées les armes du donateur. De chaque côté entre les colonnes se trouvent des portes remarquables dont les cintres fixes, ainsi que les battants, sont couverts d'arabesques, œuvres de Mathieu van Beveren (1). Cet artiste exécuta dans le même genre le rétable en bas-relief, qui s'étend entre l'armoire et l'autel proprement dit. L'intérieur de l'armoire renferme la châsse du patron de Malines.

La statue de Saint-Rombaut, masse pleine de force et de vérité, occupe le sommet de l'édifice. Elle mesure près de quatre mètres de hauteur; l'évêque, coiffé de la mître, lève une croix de la main droite, de la gauche il tient une crosse; sur le dé du socle de la statue on lit le chronogramme : sanCtUs rUMoLDUs.

Du côté opposé de l'autel sur le même bloc : rU- MoLDo GrUesenUs.

A côté de la statue de Saint-Rombaut, sous les tronçons de fronton, sont accroupis les deux meurtriers du martyr, admirablement compris et rendus par le talent de Fayd'herbe.

(4) Mathieu van Beveren, né à Anvers vers 4630, mort en 4690.

Dans la partie postérieure de l'autel, sous l'armoire de la châsse, est une seconde armoire : lorsqu'on l'ouvre on y trouve un petit tabernacle, bien remarquable par son exécution. Avant la révolution française il ornait le maître-autel du prieuré de Leliëndael. Il est fait en bois, partie peint en blanc, partie doré, et appartient au style qui rappelle la fin du règne de Louis XIV.

Fixé sur un pivot, le tabernacle offre une double face ; sur l'une le sculpteur a reproduit la dernière scène, sur l'autre la récolte de la manne dans le désert. L'artiste a mis une rare finesse dans l'achèvement de ces sujets, qui paraissent plutôt faits au pinceau qu'au ciseau. Les figures quoique petites ont toutes l'expression qui convient à leur rôle. Ce petit chef-d'œuvre, attribué à Nicolas van der Vekene , est malheureusement dérobé par sa place à l'admiration des amateurs. L'intérieur du reposoir était anciennement revêtu de parois d'argent du poids de 479 onces, faits en 1736.

Nulle part on ne peut juger aussi bien du talent de Luc Fayd'herbe , que lorsque l'on se trouve devant le maître-autel de la métropole. Le grand architecte et réminent sculpteur s'y révèlent à la fois. L'artiste luimême avait, du reste, une affection particulière pour son œuvre. Le trait suivant le prouve :

Le chapitre, ayant décidé de fermer le chœur, chargea Fayd'herbe de ce travail; l'accord fut fait par écrit et entr'autres conditions on y trouvait que celle des parties contractantes, qui ne remplirait pas son engagement, verserait cent patacons dans la caisse des pauvres. Quelques jours après l'artiste, s'étant convaincu qu'en fermant le chœur son œuvre aurait perdu son effet, alla compter au maître des pauvres les cent patacons

ooavratts, faisant ooonailre en même temps au chapitre le motif de sa conduite. Cependant en 1672, Van den Stesea fut chargé de clôturer le chœur, malgré les observations que Fayd'herbe avait faites.

Verrières.

Cinq belles verrières furent placées dans le chœur au-dessus de l'autel, entre les années 1881-1854, par F. Pluys, au prix de 1800 francs chacune. Chaque vitrail représente deux saints en pied, sous une niche ou encadrement» gothique. Le coloris de ces pièces est d'une belle transparence

On y voit les figures des personnages suivants :

1** Saints Lambert et Hubert.

2*» Saints Servais et Libert.

3^ Saints Rombaut et Etienne IL Ce vitrail fut donné par le cardinal Sterckx.

4® Saints Willibrord et Gommaire.

8^ Saints Liévin et Amand.

Les candélabres gothiques, qui ont été placés vers la même époque dans l'église métropolitaine, ont été coulés à Anvets par G. Buekens. Il y en à huit à quatre becs entre les piliers de la grande nef; un grand nombre de branches , du même modèle, sont appliquées contre les murs du temple.

Sacristies.

Grande sacristie. Nous remarquons ici un Christ ^ en buis, artistement exécuté; il semble dater de la fin du XVIP siècle et appartient à l'école flamande.

Une statuette, en bois, polychromée de Saint Charles Borromée, du dernier siècle ; une autre, Saint Hyacinthe, également en bois peint, du XVIII siècle.

Le lutrin en cuivre qui occupait antérieurement le milieu du chœur est déposé provisoirement en ce lieu. Il porte le cachet de la renaissance. Un pied cannelé supporte le pupitre entre les ornements à jour duquel s'étale Fécusson de l'archevêque Hauchin. Au-dessus du pupitre se dresse une figurine de Saint-Rombaut ayant son meurtrier couché à ses côtés.

Une inscription gravée sur le piédestal nous apprend que ce meuble a été élevé à la gloire de Dieu et de saint Rombaut et à la mémoire de Jean Hauchin, décédé en

Petite sacristie. Une statuette eh bois polychrome de Saint'Marcoul ; un enfant affligé d'écrouelles implore l'assistance de l'évêque. XVP siècle.

Il nous reste à dire un mot d'une statue de Notre- Dame, placée dans un oratoire, communiquant avec le portail septentrional. La statue de la Sainte- Vierge est en pierre blanche ; Marie a les mains croisées sur la poitrine. Une inscription, placée sous la figure , nous indique qu'elle sert de monument commémoratif à L. Deens, et qu'elle fut érigée dans ce but, en 1602, le 17 mai, par sa parente Catherine Verdsteyn.

Dans ce même oratoire se trouve un petit cénotaphe,

fixé dans le mur; malheureusement la moitié seule en est visible ; l'autre partie disparaît derrière la maçonnerie. Ce petit monument se compose d'un bas-relief; on y voit le Sauveur apparaissant après sa résurrection; la personne honorée par la visite divine est cachée par la muraille. Un encadrement, qui appartient caractéristiquement à la renaissance, entoure ce sujet. La demie inscription encore visible nous indique que ce souvenir tumulaire fut placé à la mémoire de N. Opberghen épouse de... et de sa sœur Madeleine.

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