ÉGUSE COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME AU-DELA DE U DYLE
L'église de Notre-Dame, dédiée à Saint Biaise comme patron secondaire, fut érigée en paroisse l'an 1255 par Nicolas de Fontanis, évéque de Cambrai. Antérieurement à cette date toute la ville et une partie de la banlieue ressortissait à la paroisse de Saint-Rombaut. Alors aussi n'existait point la belle construction que nous admirons encore. Un oratoire placé sous le patronage de la sainte Vierge occupait l'emplacement de l'église. Celle-ci fut construite vers la fin du XIIP siècle et probablement à la suite de l'acte de 1255. Toutefois le chœur de l'édifice ne fut commencé que l'année 1500, comme il conste par une inscription lapidaire encastrée dans la maçonnerie.
En 1642, l'archevêque de Malines, Jacques Boonen posa la première pierre du pourtour, travail qui fut terminé en 1652.
Disme de Briamont, chanoine et pénitencier de Saint- Rombaut, en 1643, fonda dix canonicats en faveur d'autant de prêtres malinois, qui avaient rempli les fonctions curiales pendant clix années.
Grand portail.
Le portail, donnant accès à la nef principale de l'église, est orné de deux statues, posées sur des piédestaux. L'une en marbre blanc, à droite de l'entrée, représente Sainte-Catherine; une inscription placée derrière la figure nous apprend qu'elle a été érigée en ce lieu à la mémoire de Jean Fayd'herbe, mort en 1791, et de Catherine van Goorlaken son épouse. Cette œuvre représentait autrefois la Sainte-Eglise ; J. F. van Geel fut chargé de la restaurer et d'y apporter les modifications nécessaires afin qu'elle figurât l'image de Sainte- Catherine.
A gauche on trouve la statue de Sainte-Cécile accompagnée d'un ange; par P. Tambuyser. Ce groupe bien çompoaé, mais un peu lourd, sert de monument commémoratif de la famille Backx.
Nef méridionale.
Dans le fond de la nef, à côté du portail, pend un tableau oblong. Jean de Wint, sur son lit de mort. De Wint était chanoine de cette collégiale. Un prêtre penché au-dessus du lit adresse au moribond les derniers conseils, pendant que le malade lui dit sous forme de chronogramme :
Weest geDaghtICh MIIn LeVen Is nU ceWeest WInt.
Dans la perspective, derrière la tête dii mourant, on aperçoit le clergé procédant à l'eaterremient du chanoine qui mourut en odeur de sainteté, le 1®' octobre 169S. Cette toile originale est de peu de mérite artis-
tique ; elle provient de l'ancienne école paroissiale dont Jean de Wint avait été le confesseur.
Dans le mur extérieur de cette nef et dans celui de la nef septentrionale sont encastrées les quatorze stations du chemin de la croix. Ces compositions sont d'un bon caractère; elles ont été exécutées en pierre blanche par de Boeck et van Wint d'Anvers (1862).
La tombe de Philippe Kerman, chevalier, mort en 1507, occupe une chapelle ayant son dégagement dans le bas côté dont nous nous occupons. De ce mausolée délabré il ne reste qu'un sarcophage de marbre noir, orné de quatre écussons : c'est à peine si l'on peut y reconnaître le tombeau que Le Roy (Théâtre du Brabant, t.l, p. 51) a jugé digne de faire figurer dans son ouvrage.
Un monument figurant la septième station du chemin des sept douleurs est appliqué contre le mur ouest de cet oratoire. Il y a quelques années, il se trouvait, non loin du baptistère, dans la nef gauche, mais lors du placement du chemin de la croix, la station a été mise à l'endroit actuel. Un encadrement habilement sculpté entoure une toile de Théodore Rombouts (1) : /a mise au tombeau de Notre-Seigneur. Sept personnages figurent dans la scène. Le ton général en est très-bon et plein d'effet. Ce fut le chapitre de l'église qui ordonna l'exécution de ces pièces.
Tireinsept méridional.
L'épitaphe de Lucie Zanoli, épouse de Ferdinand Quistouts, est scellée dans le mur ouest. Elle a été érigée,
(4) Théodore Romboats, né k Anvers en 4597, déeédé vers 4640.
en 1790, à la mémoire de la défunte par Charles de Crâne, dont les armoiries sont reproduites sous le cadre. L'inscription est entourée de sculptures ; le sommet du cénotaphe porte la statuette de sainte Lucie ; à droite et à gauche se tient un petit ange.
A côté de l'autel du transept pend une grande toile : L'arrestation de saint Norbert ; sujet à dix-huit figures, par Sonnemans (1). Lorsque Descamps fit son voyage en Brabant, il admira ce tableau dans l'église du prieuré de Leliëndael. « On y voit, dit le peintre français, un » soldat en cuirasse arrêter saint Norbert, en présence » d'un cardinal et d'un évéque ; tableau composé d'une » belle et savante manière, bien dessiné : il y a beau- » coup de mérite »
Nous voici devant l'autel de la Sainte-Croix.
L'ordonnance générale du monument est gracieuse et les sculptures, toutes de la main de J. F. Boeckstuyns, dénotent le talent du maître. Comme dans la plupart des autels du XVIIP siècle le rétable, construit en bois marbré, est assez élevé et affecte la forme d'un portail. Dans une niche centrale un ange, de grandeur naturelle, porte la croix du Sauveur et prend son essor vers le ciel. Ses pieds reposent sur une nuée; une dizaine de petites têtes de chérubins l'entourent de toutes parts. Au sommet de l'édifice apparaît le Père Éternel accompagné de deux séraphins. A chaque extrémité, à côté de Dieu le Père, deux génies munis de trompettes proclament sa gloire. La tombe de l'autel forme une grotte dans laquelle gît le corps inanimé de Jésus. Cette
[\] F. Soooemans, hollandais d^origine, se fixa à Malinesoùil abjara le protestantisme.
œuvre est d'une belle anatomie, et plus ancienne que les autres parties de l'autel, puisque, déjà en 1629, Jean Verbeke, sculpteur, fut payé pour avoir apporté des changements à la tète de cette figure.
Le banc de communion en chêne qui entoure l'autel de la Sainte-Croix porte le cachet du style de la renaissance. Il a été exécuté par Antoine de Flo aux frais de la corporation des bateliers, en 1618. Les compartiments ou panneaux sont revêtus de bas-reliefs allégoriques, traités mythologiquement et ayant rapport à l'art nautique ; on y voit Neptune, les Tritons, les Sirènes et d'autres divinités maritimes.
Les orgues, placées en 1668, ferment l'ogive du pourtour, qui prend naissance à côté de l'autel de la Sainte-Croix. Le buffet en chêne, tout orné d'arabesques et de sculptures, date de 1669. Jean Vergaelen l'avait entrepris à raison de 1300 florins. .
Sur la balustrade découpée de la galerie, destinée aux chantres, est représentée Samte Cécile assise ; deux anges-musiciens se tiennent à ses côtés. Le faite du buffet est couronné par la statue de la Sainte-Vierge, ayant l'enfant Jésus avec elle. Deux séraphins sont placés à peu près à ses côtés.
Pourtour.
Une cloison, faite à Tépoque de la renaissance, sépare l'entrée de la sacristie du pourtour. Nous trouvons dans cette partie un triptyque, autrefois donné par la corporation des meuniers, et placé en ce lieu en 1318.
Le sujet du tableau est le martyre de Saint-Victor, patron du métier. L'auteur de l'œuvre est un peintre malinois du XVIP siècle, Huert ou Van Huert, dont les productions ne se rencontrent guère dans sa ville natale.
La pièce centrale se compose de neuf figures ; on y voit le supplice de Saint-Victor, Cette scène se passe à l'intérieur d'une salle ; au fond le corps du Saint est écrasé entre deux meules de moulin ; par un prodige l'une des meules éclate en pièces. Le premier plan rend l'effet que produit ce miracle sur les spectateurs du supplice : tous fuient, y compris le prince ou justicier, que l'on reconnait à ses vêtements précieux.
Sur le volet de gauche : un ange visite le martyr, agenouillé dans la prison ; trois vieillards, qui semblent être des apôtres, se trouvent debout à côté du patient. Le second battant nous offre le corps du martyr traîné par les rues, en présence d'une grande multitude.
L'extérieur des vantaux est également peint : sur l'un des volets on voit des anges soutenant le tronc décapité de saint Victor, tandis qu'un autre en tient la tète. Le fond laisse entrevoir un génie, qui retire des eaux le corps du saint. Sur l'autre : La décapitation de saint Victor; le supplice a lieu devant une assistance assez nombreuse ; dans le ciel apparaît le Créateur.
Le coloris de Huert est moelleux et délicat ; sa composition est naïve; son dessin parfois est bon, mais parfois aussi un peu défectueux. Une des parties les plus remarquables du tryptique est celle où l'on voit le corps inanimé du saint soutenu par les anges.
Cette composition se trouvait jadis sur l'autel de la chapelle dite actuellement de Saint-Antoine.
Chapelle de Sainte-Barbe.
La première chapelle qui se présente est celle de Sainte-Barbe. La statuette de la patronne de l'oratoire surmonte l'autel : deux anges sont posés non loin de cette figure. Le tableau : La décapitation de Sainte- Barbe, que nous trouvons ici enchâssé dans l'autel, est dû à Jean le Sayve (1), le jeune, dit de Namur. Le pinceau de cet artiste a quelques analogies avec celui de son père, quoiqu'il lui soit inférieur surtout pour la correction du dessin. Cinq personnages seulement concourent à la scène. La sainte est à genoux; un soldat lève le bras pour lui trancher la tête; cette dernière figure est la meilleure du panneau , qui pour le reste présente peu de valeur. Le martyre s'accomplit au bord d'un lac, environné de riants paysages.
En face de l'autel, au-dessus d'un confessionnal sans caractère autre que celui du XVIIP siècle, est appendue une toile oblongue : Le Christ mort; la divine Mère pleure aux pieds de Jésus, tandis qu'un petit ange étanche le sang de ses plaies. Cette toile est médiocre. Les statuettes polychromes de Saint-Roch et de Saint- François de Paul décorent le mur extérieur de la chapelle. La galerie qui ferme cet oratoire, faite en bois de chêne, a 0,60 m. de haut ; les poissonniers en gratifièrent l'église en 1625. Quatre panneaux portent en bas-reliefs des vaisseaux et des scènes de pêche ; les pilastres séparant ces compartiments sont décorés de cariatides dont les. bustes représentent les saints de la
{i) Jean le Sayve, dit, aussi, de Namur, fils de Jean le Vieux, né à Malines.
corporation. On y voit : Saint Pierre, Saint Olaf, Sainte Catherine, Saint Paul, et Saint Clément, pape.
Dans le pourtour, contre le mur du chœur, nous trouvons une toile : Le portement de la croix, de Jean van Hoeck (1). Le Sauveur vêtu d'une robe sombre porte l'instrument de son supplice; un bourreau, le corps découvert, lève la main pour hâter la marche pénible de Jésus ; sept personnages parmi lesquels la Sainte Vierge suivent le cruel cortège. Les figures de ce tableau sont peintes en buste ; l'expression la plus vraie et un coloris digne de Van Dyck distinguent cette pièce.
Chapelle de Sainte-Catherine.
L'autel ici mérite une attention particulière. Sa grande simplicité témoigne du goût dominant au XVP siècle en matière d'ameublement. A cette époque, lorsque la peinture était en vogue , un triptyque faisait tout l'ornement des autels ; une corniche surmontait le tableau, et sur la corniche elle-même étaient appuyées une ou plusieurs statuettes. Tel est l'autel de Sainte- Catherine que les bateliers firent élever. Au-dessus de la corniche, nous voyons la figure de sainte Catherine, à sa droite saint Clément, pape, à sa gauche saint Olaf ou Olaûs, guerrier. Le triptyque est du pinceau fécond de Jean le Sayve, le vieux. Un ton pâle et un dessin difficile régnent dans cette production. Nous n'avons pu
(!) Jeaft van Hoeck ou van den Hoeck, né à Anvers en 4698, décédé en 4654.
constater si les vantaux sont peints à l'extérieur. La pièce centrale retrace le martyre de Sainte-Catherine. Le lieu du supplice est un vallon entouré de montagnes escarpées. Une nombreuse assistance, remplit la plaine ; les juges se tiennent à cheval. Un ange fend les nuages et apporte à la victime la couronne de l'immortalité. Sur le volet de droite se trouve Sainte Catherine devant ses juges, entourée de spectateurs nombreux. La porte de gauche montre V ensevelissement de la martyre par tes anges; les uns portent son tronc, les autres sa tête. Dans ce tableau il n'y a que huit figures.
Contre le mur extérieur est maçonnée la pierre sépulcrale, entourée de décorations en pierre, de Chrétien Scheppers et de son épouse Madeleine van Kiel. 1713.
Un confessional en style Louis XV, très-simple du reste, occupe la place vis-à-vis de l'autel. Une galerie de bois, ornée de quelques têtes de chérubins, clôture l'oratoire.
Contre le pilier du pourtour, en dehors de la chapelle, on a placé, il y a peu d'années, sur un socle gothique une statue en plâtre grandeur de nature ; celle de Sainte- Elisabeth. La reine de Hongrie donne l'aumône à un enfant pauvre qui est accroupi à ses côtés. Cette statue est à la fois une œuvre d'heureuse exécution et un gracieux souvenir, que son auteur, Jean Bapt. de Bay (1), éminent artiste, conservateur du musée des sculptures au Louvre, voulut donner à l'église où il fit sa première communion.
(4) Jean-Baptiste de Bay, né à Ualines en 4779, mort à Paria en 4863.
Un petit cénotaphe avec encadrement de pierre à la mémoire de Gilles et de François de Grauw est appliqué ici contre le pilier du chœur.
Un confessionnal dans le genre rocaille occupe, dans le pourtour, l'espace entre cette statue et la chapelle centrale derrière le chœur.
Chapelle de Saint-Disme.
Cet oratoire renferme les superbes peintures de Ruberis, si connues sous le nom de la Pêche miraculeuse. Avant d'aborder la description de ces œuvres capitales, nous dirons un mot sur leur origine et leurs vicissitudes.
La corporation des poissonniers de Malinea, voulant dignement embellir la chapelle du métier, (îécida de confier l'exécution de son prpjet au chef de l'école flamande. Lès doyens s'adressèrent donc à P. P. Rubens. Celui-ci leur livra, en 1618, les immortelles pages qui à elles seules suffisent, pour illustrer l'église de Notre- Dame. Le peintre reçut comme rénumération de son travail la somme de 1600 florins. Dans ce paiement était compris le prix de trois petits tableaux, qui ont disparu, mais qui figuraient jadis sous les grands panneaux sur un autel, dans la nef du sud. La révolution française survenant, les tableaux de Rubens furent confisqués au profit de l'Etat et transportés à Paris, le 31 juillet 1794, pour être placés au Louvre. Ils restèrent exposés à l'admiration des visiteurs dans ce musée, jusqu'à ce qu'en 1815, après la chute de l'empire, les objets d'art furent restitués à qui de droit.
Le sujet du milieu représente Jisus-Chmt se rendant
à bord çle la barque de Sainte-Pierre, n. 344 m. L. 2,28 m. Bois, fiés filets regorgean^ de poisson vont remplir le bateau, ndonté par six pécheurs ; la plupart d'en^r'eux, vêtus jusqu'à la ceinture^, laissent voir leurs bustes athlétiques à découvert. Une deuxième embarcation, men^e par deux marina aborde la première. La perspective du tableau montre le ciel et les vagues de la mer qui se confondent au loin. Sur le volet à droite, les apôtres trouvent dans un poisson la monnaie pour payer le tribut. L. 1,16 m. Sur celui de gauche, Yarchan^e Raphaël accompagné le jeune Tobie, qui s'empare d'un poisson sur les bords d'un fleuve. L. 1,16 m. L'extérieur des battants figure en grisaille : l'un Saint Pierre, l'autre Saint André, portant sa croix.
La pièce centrale a été gravée par S. A. Bolswert ; depuis lors la lithographie l'a rendue plus populaire encore.
Tout est magistral dans ces admirables productions ; le coloris le plus ferme, et la conception la plus hardie et la plus mâle. La démarche du Christ sur les eaux est noble et imposante. L'embarcation de Pierre semble se balancer sur les ondes ; les efforts des pêcheurs sont si naturels que l'on croit assister à une scène réelle.
L'autel est une simple tombe surmontée des figures, de moyenne grandeur , des Saints Pierre d'Alcantara et François d'Assises.
Avant de continuer notre parcours, nous porterons les yeux sur une toile magnifique et d'un genre rare dans les églises : le paysage de Corneille Huysmans, dit de Malines (1). 1690. Cette toile, de grande dimension,
(4) Corneille Huysmans dit de Malines, naquit à Anvers en 4648, mourut à MaUnes en 4727.
remplit tout le côté postérieur du maître-autel ; elle est encadrée dans un portique qui s'épanouit derrière le cintre entre les deux piliers du fond du chœur. Le sujet qu'a choisi le célèbre paysagiste est La visite de Jésus- Christ aux disciples à EmmaOs. Le Seigneur est à table avec ses trois disciples, sous une galerie ou perron voûté; cet édifice à jour, supporté par des colonnes, laisse entrevoir la verdure des bocages ; il est placé dans la partie de gauche de la composition. A droite se dresse un grand arbre, qui se détache sur l'horizon , éclairé par le soleil couchant.Cette toile offre l'immense avantage d'être claire et ne se ressent point de l'assombrissement des couleurs qui est propre aux produits de ce maître.
Sous la belle œuvre d'Huysmans se trouve un gracieux tabernacle, dont la coupole est soutenue par quatre colonnettes torses simulant le marbre blanc. Les portes dorées sont chargées d'arabesques d'épis et de vignes enchevêtrés.
A côté de la chapelle où nous venons d'admirer le pinceau de Rubens, est placé dans le pourtour un confessionnal semblable à celui que nous avons vu avant d'entrer dans cet oratoire.
Chapelle de Saint-Antoine.
L'autel de style de la renaissance a été érigé par le métier des jardiniers. Il est à peu près pareil à celui de Sainte-Catherine, dont nous avons déjà parlé. Sur la corniche est posée la statuette de Saint-Victor, en costume guerrier, portant un moulin-à-vent dans ses mains.
Cette figure a été placée ici en 1818, quand l'autel du patron des meuniers a été démoli. Le triptyque de l'autel a été peint par Michel de Cocxie (1) le jeune, pour la corporation des jardiniers, en 1607.
Premier volet. Saint Paul Vhermite visitant Saint An-toine, dans la forêt ; un corbeau leur apporte un pain.
Deuxième volet. Saint Antoine se trouve dans un enz droit ombragé, prêt à rendre les derniers devoirs à son ami Saint Paul, décédé. Deux lions grattent la fosse destinée à recevoir le cadavre; divers animaux sont éparpillés dans le tableau; on voit dans le fond quelques démons. L'horizon est très-étendu.
Le panneau principal représente la légende de la ten^ tation de Saint- Antoine. Le pieux cénobite en prière reçoit la visite d'une femme jeune et belle, revêtue d'une 1 robe à reflets roses et violets. Elle présente au pénitent un han^ magnifique. L'épisode se passe dans un bois. A droite, dans le fond, saint Antoine est représenté en prière dans une caverne; de nombreux démons y tentent sa vertu. A gauche un joli paysage, animé par quelques figures ayant rapport à l'histoire légendaire du Saint, se déroule dans le lointain.
Les vantaux étant fermés, les deux pièces concourent à un sujet unique : l'Apparition de Notre-Seigneur après sa mort. Le Sauveur se présente devant une femme, prosternée à genoux, les bras élevés ; le fond est léger et présente une vue étendue. Cette composition de Cocxie est ingénieuse et naïve ; le tableau en général offre un aspect agréable et doux ; les détails sont traités avec
(4) Michel Cocxie, né à Malines, était fils de Michel Cocxie, dit le ^ Raphaël Qamand,
finesse et candeur. L'ensemble de l'œuvre fait regretter ce genre antique, qui s'en allait déjà, et avec lequel a pour ainsi dire disparu Tascétisme de la peinture.
Trois petits tableaux, d'infiniment moins d'art, sont enchâssés sous le triptyque; celui du milieu représente le Christ en croix. Celui de droite, la résurrection ; celui de gauche : Jésus au jardin des oliviers.
En 1862, la fabrique de l'église fit maçonner dans le mur extérieur de cette chapelle un bas-relief, en terre cuite, par Luc Fayd'herbe : L'érection de la croix. Avant cette date, il se trouvait dans la nef septentrionale du temple, non loin du baptistère. On le déplaça pour faire place au chemin de la croix. Jusqu'en 1757 cette œuvre s'était trouvée dans la façade extérieure de l'église; le chanoine Gérard de Azevedo, voulant soustraire le bas-relief aux intempéries des saisons, l'avait fait rentrer et placer dans la nef. Cette pièce fortement encroûtée de couleur est à peine appréciable; quoiqu'il en soit, ce n'est point une des productions capitales du maître.
Le bas-relief de Fayd'herbe est reproduit en gravure par Antoine Op de Beeck (1), dans l'ouvrage d'Azevedo : Généalogie de la famille Corten.
Un confessionnal de structure simple, surmonté d'un médaillon avec le buste de Sainte-Madeleine, est placé en face de l'autel.
Contre le mur extérieur du chœur, dans le pourtour, nous remarquons d'abord le cénotaphe de Pierre Scheppers, 1694; ensuite un tableau sur bois. H. 1,05 m. Le
{\) Antoine Op de Beeck, né à Malines, mort en 4759, à l'âge de 50 ans.
- Ko ~
CHri^tèft croix. Josuê qae l'on prendrait à'ap'rê^ son eôétufne pour un Sbldat romain est debout à côté du Sauveur et le montre du doigt. A la gauche du divin Crucifié est péirit un cartel avec une inscription pieuse. Cet ancien tableau est attribué à Michel Côcxie, dit le Raphaël flamand.
Cfaajpelle de Sainte-Axine.
L'autel a été construit, en 1727, dans le goût du temps ; il présente dans le contre-rétable une niche avec le groupe polychrome de Sainte-Anne, tenant la Mère de Dieu par la main. Ces figures sont d'un bon faire. Plusieurs anges ornent les diverses parties de l'édicule.
Le mur extérieur est orné de deux figurines coloriées : Saint Jean Nepomucène et Saint Joseph; celle-ci y a été placée tout récemment.
Un grand tableau de Jean van Hoeck, hardiment traité mais jauni par le temps et fortement retouché, fait face à l'autel. Descamps lui reconnaît du mérite. Le sujet en est l'ensevelissement du Sauveur. Quatre personnages entourent le Christ. Cette toile, placée jadi^ sur l'autel de Saint-Disme, après avoir été malheureusement restaurée par Chrétien van Laer, subit des soins plus heureux d'abord de J. B. Joffroy (1) et ensuite d'Eg. J. Smeyers qui la rentoila.
Dernière chapelle.
La chapelle suivante, sans destination, est fermée par
(4) Jean Bapt. Jofiroy, artiste et historien, né à Malines en 1650, mort en 4740.
une balustrade en bois dans le style de la renaissance. On y trouve un triptyque par Jean Le Sayve , le vieux, dit de Namur. Le panneau du centre est le Baptême de JésuS'Christ y par Saint Jean; le Jourdain coule sur l'avant-plan du tableau et serpente vers le haut, jusqu'à ce qu'il se perde dans l'horizon; divers groupes de baigneurs et de curieux environnent les rives du fleuve. Un singulier effet de clair-obscur règne dans cette composition. Le premier vantail offre l'épisode de Saint Jean prêchant dans le désert ; une foule nombreuse compose l'auditoire. Le second battant nous montre la décapitation de Saint-Jean; ici cinq figures concourent au tableau. Cette œuvre est l'une des meilleures qu'ait proie pinceau de Le Sayve. L'extérieur des vantaux offre une charmante grisaille divisée en deux compartiments : Sainte Elisabeth présentant Saint Jean Baptiste à Jésus assis sur les genoux de sa mère.
Transept septentrionaL
L'autel de Notre-Dame du soleil, érigé en 1776, est conçu dans le genre rocaille. L'ensemble figure un arc de triomphe à quatre colonnes géminées. Une niche, au centre, renferme la statue de Notre-Dame dite du Soleil Cette image vénérée est mentionnée dès le XV^ siècle dans les archives de l'église. La statue de la mère de Dieu est en bois; Marie a son fils sur les bras. D'après l'usage introduit dans nos églises, la vierge est revêtue d'étofifes précieuses, qui dérobent ainsi la partie artistique aux regards des amateurs.Quatre anges habilement travaillés ornent l'édifice à son sommet. La marbrure et
la dorure de Tautel furent faites la même année par J. B. Lenoir, à raison de 303 fl. 30 ss.
Une cloison ou banc de communion, en bois de chêne, entoure l'autel ; elle est de l'époque de la renaissance. Douze sujets religieux, épisodiques de la vie de Marie, y sont représentés chacun, en bas-relief, sur un compartiment de la clôture. Cette partie est intéressante et rendue avec infiniment d'art. Elle a été construite, en 1627, par Barthélémy van Roy, menuisier.
A la gauche de l'autel pend un autre tableau de Sonnemans, Saint Norbert distribuant ses vêtements aux pauvres^ pareil quant à la dimension, à celui que nous avons vu dans le transept sud. Comme son pendant il provient du monastère de Leliëndael. Descamps l'y admira dans les termes que nous avons rapporté (v. p. 78). Son coloris est naturel et varié/ On y voit onze personnages : Saint Norbert avant de prononcer ses vœux partage ses habits entre les pauvres ; un prêtre, avec plusieurs assistants, célèbre la messe à un autel, qui fait le fond du tableau. La foule entoure l'autel.
Vis à vis de l'autel de Notre-Dame, contre le mur ouest , est fixée l'épitaphe de Louis Kimps et de son épouse Anne van Orsagghen. La pierre tumulaire est entourée de sculptures; d'un côté de l'inscription se trouve Saint Louis ; de l'autre Sainte Anne. Le portrait du défunt peint à l'huile occupe un médaillon , disposé sous la statuette de la Sainte Vierge, qui couronne le cénotaphe.
Nef septentrionale.
Nous ne parlerons plus ici du chemin de la croix,
adossa au mur de cette nef, nous eh ayons traité anjérieurement, lorsque nous nous trouvions dans lé bas côté sud de l'église.
Les fonds baptismaux, placées dans une chapelle ^extérieure, aboutissant à cette nef, ne doitenl point arrêter noire attention. Ils sont du XVIIP siècle.
Grande nef.
Les piliers de la nef principale sont décorés par les statues des douze apôtres. Quelques-unes de, ces sculptures sont d'un bon faire; d'autres sont en-dessous du médiocre. Nous donnerons le peu de. renseignements que nous avons pu recueillir sur ces figures.
Contre la première colonne, à l'angle du transept sud et de la nef, est placée la statue du Sauveur : Salvator mundi, par Jean vanDelen (1), gendre de Luc Fayd'herbe. Les frais de cette œuvre, qui n'est point exempte de reproches , ont été supportés par les frères van Haeften.
Vis à vis de cette figure, à l'angle de la nef, se trouve la Sainte Vierge ayant son Fils sur les bras, une des plus belles et des plus hardies compositions de Luc Fayd'herbe. La grâce du visage et l'ampleur des draperies distingue cette œuvre entre toutes; le sculpteur dans ce morceau s'est rendu digne de P. P. Rubens, qui lui en avait fourni le croquis.
Saint Pierre, statue par F. Laurant (2), offerte par Wauthier Janssens et Marguerite Thomas, son épouse.
(4) Jean van Delen, né à Malines, se fixa à Bruxelles où il mourut en 4703.
(2) François Laurent, né à Malines en 4762, mort en 4824.
Saint Paul y placé aux frais de Paul van den Eyndp, en 1784.
Saint André y^ très-belle pièce, due à J. F. van Geel; elle fut donnée par le curé van Slabbeeck. 1787.
Saint Jean l'évangéliste, don de la famille Bosselaer, est une œuvre agréable et de certain mérite, par D. Boeckstuyns (1). 1744.
Saint Jacques le Majeur, figure bien taillée , par J. F. van Geel.
Saint Jacques le Mineur; cette statue représentait d'abord saint Jean Tévangéliste. Elle fut donnée par Jean Croone, qui la fit modifier et ériger en honneur de Saint Jacque^. -
Saint Philippe, d'un assez bon faire. La famille van Kiel en gratifia l'église eii 1778. Elle est de P. Valckx.
Saint ThomaSy statue par J. F. van Geel, érigée aux frais des sœurs Coeckelbergh.
Saint Barthélémy, (Ion de André Keynooghe; œuvre médiocre en toutes sies parties.
Saint Mathieu^ érigé par Jean Huens, saint Jude, saint Mathias et saint Simon sont toutes des œuvres du XVII* sièclç et taillées par des mains peu exercées.
La plupart des consoles qui soutiennent ces statue^, sauf les dernières, sont dues à J. F. van Geel et k F. Laurant.
La chaire de vérité occupe une ogive entre deux piliers de la nef méridionale. Elle fut construite à Anvers en 1718, par Guillaume Kerrickx (2), qui reçut de ce
(i) U« Boeckstuyns, ne à Malines. XVIII« siècle. (t) Guillaume-Ignace Kerricx ou Kerrick, né ^A^nvei^seii i^6^% mort en 4745.
chef 2200 florins, les frais de transport étant en outre à la charge de Téglise. Pendant longtemps cette chaire est restée couverte de couleur; c'est seulement dans ces dernières années que la fabrique a fait enlever les couches répétées qui enduisaient la sculpture. Le pied de rédicule est formé par le groupe des quatre évangélistes assis dos à dos sous la tribune : ces figures méritent de grands éloges; le groupe est naturel et l'expression des personnages convient à leur caractère. La cuve est ornée de bas reliefs gracieux ; on y remarque, sur chaque face, un médaillon avec des bustes : l'un de la Sainte Vierge, l'autre de Jésus-Christ et le troisième de Saint Biaise ; sous le cartel ovale, portant l'image du Sauveur on lit l'inscription :
VoGeM ILLIVs aVDIte.
L'abat-voix est supporté, du côté de l'entrée, par deux anges. C'est une simple galerie dont la corniche est surmontée de vases et de médaillons, soutenus par des chérubins. Les médaillons portent les bustes des SS. Biaise, Pierre et Paul. La rampe de l'escalier, placée dans la petite nef, est ouvrée en arabesques à jour. Moïse et saint Jean-Baptiste sont debout devant le premier degré.
Chœur.
A l'entrée du chœur sont placés deux autels, érigés en 1823.
L'autel à^gauche du chœur est dédié à saint Biaise. Saint Biaise en costume épiscopal, (grandeur naturelle) est debout sur le tabernacle ; des têtes enfantines ailées
et des rayons entourent son chef. De chaque côté du tabernacle se tient un séraphin ; l'un tient les instruments du martyre de Saint Biaise, l'autre les insignes épiscopaux. Ces figures, de grandeur humaine, peuvent compter parmi les plus belles productions de Pierre Valckx.
L'autel de Notre-Dame des Sept Douleurs est placé à droite du chœur. Le tabernacle est surmonté de la magnifique Mater Dolorosa de Luc Fayd'herbe. Cette statue en bois peint, d'une expression sans pareille, a été exécutée vers 1642 ; et payée 260 florins. La tête et la pose sont d'un sentiment frappant. Deux anges, grandeur de nature, par J. F. Van Geel, mieux rendus encore que ceux de l'autel symétrique, sont posés de chaque côté du tabernacle ; l'un tient la lance et l'éponge au bout d'une pique ; l'autre une amphore et un plat. Ces deux figures valurent à leur auteur la somme de 450 florins.
A côté du premier autel contre le pilier du chœur est dressée la statue de Saint Joseph ayant l'enfant Jésus sur les bras. Jolie composition de Guil. Geefs, d'Anvers, érigée à la mémoire de Pierre Ketelaars, en 1838.
Contre le pilier à côté du deuxième autel, est placée une figure de Sainte Elisabeth, monument funèbre de Marie Michiels, épouse de Pierre Ketelaars, par Jean- Antoine Van der Ven, de Bois-le-Duc. 1834.
Un banc de communion de toute la longueur du chœur ferme cette partie depuis les piliers intérieurs du pourtour. Il est en chêne, et divisé en sept compartiments travaillés de feuillages gracieusement enlacés.
Maltre-Autel.
Le maître-autel fut construit en 1690 sur les plans du sculpteur Pastorana, de Bruxelles; celui-ci reçut pour son dessin et pour son concours 2068 fl. 3 s. 2 den.
La partie artistique fut confiée à J. F. Boeckstuyns, à Fr. Langhmans et à Laurent Van der Meulen (1), Ce derftier artiste très-renommé à cette époque s'acquitta de toutes les décorations feuillées de Tédiflce. Ce monumeijj; est d'une ordonnance générale harmonieuse. Le cointre-rétable çst eu forme d'arc de triomphe à trois cintres. Lçi ooraiçte supporte un pélican doré; un, frpptispice k contours variés et dominé par un baldaquin, s'élance jusqu'à la voûte du temple. La statue; de l'É|Jise, tçnant d'une main un ostensoir, de l'autre une crpix, occupa ^e dais du haut dp L'autel : elle esb assise si^r le gloj)e terrestre que deux anges éploy4& soutiennent. Plus l?as devant L'Église, le Repentir et la Foi s'inclinent. De part et d'autre du baldaquin, des séraphins s'élancenf vers l'espace. Les portiques, sér parés {jar de3 colonnes marbrées, contiennent : celui du. milieu un tableau de la dernière cène; celui de gauche, la statue de la Sainte Vierge; celui de droite, l'évêque Saint BJai,se. L'hémicycle du chœur, derrière la tombe de l'autel, est revêtu, sjç)us les portiques, de boiseçies, sculptéea en bas-rqliefs peintes et marbrées. On y voit alternativement des panneaux avec les bustts des quatre Éyangélistes, d'autres avec les emblèmes eucharistiques. Ces détails sont dûs au ciseau d^ It*aufei)t. Van der Meulen.
(4) Laurent van der Meulen, né à Malines en 4645, mort en 4749.
Le tableau du maître-autel est une belle et grande production de Jean Erasme Quellyn, dit le jeune; il représente la dernière cène, H. 6,15 m. L. 4 m. Quinze personnages sont reproduits sur la toile. La composition peu susceptible de tournure nouvelle est gracieusement conçue. La table est dressée sous un péristyle de pierre , derrière lequel se dessine le paysage : les convives sont assis sur cette terrasse ; une galerie de marbre les sépare du premier plan du tableau, elle s'étend des deux côtés de la toile, de manière à former un espace carré où. se meuvent les serviteurs. Les figures , prises en détail , sont touchées de main de maître. Une d'elles est le portrait du peintre sous le costume d'un apôtre. Le troisième personnage, à droite, a les traits de Gilles de Witte, né à Gand, curé et doyen de l'église, dont le nom a laissé des traces dans l'histoire du Jansénisme. La toile est signée : Joannes Erasmus Quellin pictor cœsarœ majestatis. 1690. Les comptes de l'église ne mentionnent point le prix exact du tableau de Quellyn ; ils nous apprennent seulement que cette œuvre et celle de Corneille Huysmans (Voir pag. 85) coûtèrent à elles deux 1100 florins.
Les stalles sont sans sculptures.
Sacristie.
On conserve dans la sacristie une antique statue de Notre-Dame ; elle est faite en bois de chêne et appartient aux premières années du XIV® siècle. Cette image, anciennement en vénération, était exposée, avant la révolution française, au-dessus de l'entrée principale,
à rintérieur, de l'église ; elle était particulièrement invoquée par les femmes en couches.
Cette figure, de moyenne grandeur, est connue sous le nom de Onze Lieve Vrouw van scheeve lee : dénomination qui s'explique par la pose même de la statue. La Mère de Dieu, couronnée, est représentée portant sur le bras l'Enfant Jésus. Du côté opposé, elle a le corps fortement incliné et les reins plies : c'est cette dernière circonstance qui lui a valu sa singulière désignation. Des traces d'anciennes peinture se retrouvent sur cette intéressante image à laquelle, malheureusement, il manque quelques parties, mais dont l'administration paroissiale projette la restauration.
Extérieur de Téglise de Notre-Dame au-delà de la Dyle.
Un chemin des sept douleurs est érigé dans la paroisse de Notre-Dame en l'honneur de la Sainte Vierge, vénérée spécialement dans l'église sous le titre de Notre Dame des Sept Douleurs.
Au XVIP siècle, on éleva diverses stations ou relais de prière à l'extérieur de l'édifice et dans les rues adjacentes. Mais, depuis peu d'années, on a déplacé les stations qui se trouvaient dans les rues avoisinantes pour les grouper toutes contre les parois du temple. La première de ces stations, en pierre blanche d'Avesne, fut érigée en 1629, et taillée par Jean Verbeke, qui toucha de ce chef 38 livres. L'archevêque Boonen en fit les frais. Il nous suffira de dire un mot, en général, sur
ces gracieux petits monuments dont la structure élégante se ressemble à chaque relais. Un bas-relief, la présentation de Mane au temple, occupe le milieu de rédicule. De chaque côté une colonne supporte la corniche ; quelquefois celle-ci a un fronton triangulaire, parfois aussi le couronnement se compose de deux tronçons de fronton, entre lesquels se trouve un petit cartel avec le chiffre du mystère. Les bas-reliefs sont toujours en pierre blanche; les parties saillantes de Tencadrement, colonnettes ou sculptures, en marbre rouge ou blanc et le fond en marbre noir. Ces oratoires sont fixés contre les murailles du chœur ; le premier du côté de la rue de Notre-Dame, les autres successiment derrière le pourtour jusqu'à la 7® station qui est maçonnée dans les parois du transept sud, contre la face vers Touest.
2« Station : La fuite en Egypte, placé en 1628, par les membres du Grand-conseil de Malines.
3® Station : La Sainte Vierge cherche son enfant perdu depuis trois jours. Cette station de la voie douleureuse fut faite, en 1629, pour compte de Maximilien Van der Gracht ; elle fut restaurée en 1842.
¥ Station Le portement de la croix, scène de cinq personnages, placée en 1629. Le buste de Dieu le Père apparaît dans le fronton du monument. Don de Jean van den Eynde, receveur des domaines de S. M.
5® Station : Le crucifiement de Jésus, exécuté, en 1629, par Jean Verbeke, aux frais de Guillaume de Mérode, seigneur de Royenborch.
6® Station : L ensevelissement du Sauveur, érigé, en 4629, par la ville de Malines, renouvelé par la paroisse, en 1842.
7*^ La mise au tombeau de Jésus-Christ, Les paroissiens élevèrent, en 1867, ce monument, qui fut fait par de Wint, d'Anvers.
Le Christ en croix, au calvaire, adossé contre le mur, dans l'angle du transept septentrional et de la nef de l'église, fut coulé en cuivre, en 1779, par Guillaume Maes, et coûta la somme de 320 florins.