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ÉGLISE DE SAINTE CATHERINE

Une modeste chapelle, dédiée à sainte Catherine, donna naissance à l'église, qui fut élevée dans la suite sous le vocable de la même patronne, et qui, dès le XIV® siècle, avait une circonscription paroissiale. Les bases du temple actuel furent jetées en 1336 et la bénédiction en eut lieu, selon Azevedo, en 1343. Le nouvel édifice échappa donc à Fincendie de Malines de 1342. Depuis cette époque, et pendant de longues années, il abrita le chapitre de Saint-Rombaut, jusqu'à ce que la collégiale pût être rendue au culte.

La façade de l'église fut achevée par le produit des offrandes du jubilé de 1451.

Aucun monument religieux de cette ville n'éprouva d'une manière plus effrayante les horreurs des pillages. Les troupes espagnoles, eu 1572, et les gueux, en 1580, ravagèrent successivement l'édifice de fond en comble. Les désastres furent tels que l'on crut ne plus pouvoir y remédier; cependant, en 1585, l'archevêque Jean Hauchin procéda à la bénédiction et à la réconciliation du temple, qui ne fut restauré que peu à peu dans la suite.

Isabelle» Danesin fit construire la chapelle de Saint- Joseph, en 1643.

En 1771, une nouvelle voûte fut mise dans la nef

principale ; on laissa toutefois subsister une partie de l'ancienne voûte, sous les constructions nouvelles.

La révolution française, s'étant emparée de l'église de Sainte-Catherine, la mit en vente publique. Les bâtiments furent achetés 205,000 francs et payés en assignats.

La chapelle de Saint-Antoine fut bâtie dans le courant des années 1833-34.

Façade.

Un groupe de la sainte Famille est placé, dans une niche, au-dessus de la porte d'entrée de l'église. Il nous a été impossible de découvrir l'époque exacte à laquelle ces statues furent exécutées, et quel est leur auteur. Quoiqu'il en soit elles semblent porter le caractère des sculptures du XVIIP siècle.

Portail et nefs latérales.

Le buffet d'orgues, qui surmonte le grand portail, n'offre aucun mérite; il date de l'année 1784, comme l'indique le chronogramme, placé par la donatrice :

eXstrVXIt DoMIGeLLa Van pYperseeL.

Sous le jubé, de part et d'autre de la porte qui aboutit à la grande nef, on remarque une statue : à droite, celle de saint Jean l'évangéliste, en pierre, œuvre d'une valeur bien secondaire, quoiqu'elle soii attribuée à J. F. Boeck-

stuyns ; à gauche, celle de saint Jacques le majeur, en bois, par P. J. Tambuyser.

Des boiseries en chêne coupent les parties inférieures des nefs latérales ; elles cachent de cette façon, dans celle du midi, des armoires, dans l'autre, la chapelle affectée jadis au baptistère, actuellement sans destination. Ces cloisons furent construites avec les restes d'anciennes stalles qui entouraient autrefois les deux premiers piliers devant le chœur. Leur fronton est orné par un vase de fleurs ; plus bas se déroulent quelques feuillages.

Dans la cloison de la nef méridionale est enchâssé un tableau qui provient d'un autel placé anciennement contre un pilier du transept. Il représente la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. Ce panneau est signé : Joan. Snellinck. ft. 4606. L'artiste reçut en rémunération de cette œuvre seule, pièce centrale d'un triptyque, la somme de 432 florins. La tradition rapporte, il est vrai, que le peintre obtint 600 florins en payement du panneau, en question, avec ses vantaux. Cette opinion accréditée et répétée par plusieurs auteurs est fausse. Ce morceau fut exécuté à Anvers ; le transport jusqu'à Malines en coûta 4 florin, 49 ss. Le tableau de Snellinck est entièrement repeint. Il est impossible de juger de son mérite antérieur.

Le revêtement, placé dans la nef opposée, contient une toile de Lucas Franchoys, le jeune. Cette œuvre, également fort endommagée et dont les couleurs se sont assombries, représente le martyre de saint Sébastien. Le patient est dépouillé de ses vêtements ; les tortionnaires lui garottent les pieds et le buste. Au fond apparaissent encore des soldats, parmi lesquels un cavalier monté sur un cheval blanc.

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Le chemin de la croix, placé dans les bas-cotés de l'église , est peint par Henri Verhocht , artiste malinois décédé.

Chapelle de Saint-Antoine de Padoue.

Cet oratoire est adossé à la nef méridionale de l'église.

Le gracieux confessional, qui orne cette chapelle, est dû probablement au ciseau de Nicolas van der Vekene. Deux figures allégoriques de la Pénitence, d'un bon faire, occupent le devant du confessional; au-dessus de la corniche du petit monument s'élève un frontespice dont un chérubin occupe le sommet; d'une main il tient une croix, tandis que de l'autre il montre le ciel. Aux deux angles inférieurs du fronton, on trouve deux têtes ailées de séraphins.

La statuette de Saint-François d'Assises à côté de laquelle se trouve un agneau , était vénérée anciennement dans le couvent des Récollets de Malines et date du XVIP siècle. Elle est en bois, et se trouve placée, ainsi que celle de Saint Louis de Gonzague, contre le mur extérieur de l'oratoire. Cette dernière figure a pour auteur P. J. Tambuyser.

L'autel de Saint-Antoine fut érigé il y a peu d'années. Il coûta 4168 frs et a été exécuté par Franc, de Vrient, de Lierre. L'artiste a travaillé dans le style du dernier siècle, mais l'aspect général de l'autel est un peu maigre. La statue, en bois, de Saint-Antoine de Padoue, qui orne l'autel, provient également du monastère des Récollets. Elle a été sculptée par François Langhmans.

En face de Tautel, et au-dessus du coûfessional que nous venons de décrire, se trouvent deux volets peints; ils figurent Fun, saint Biaise, l'autre, saint Rombaut et son meurtrier; celui-ci gît à côté de l'évéque. Le revers de ces portes représente un sujet unique : la sainte Fa^ mille. Sur le premier vantail , la Sainte-Vierge assise s'occupe de couture ; elle a un carreau sur les genoux. Le divin Enfant se tient debout près de sa Mère. La seconde partie représente saint Joseph fendant du bois; les outils de son métier sont éparpillés par terre. Cette scène naïve se passe en plein air devant une habitation. Quoique le coloris soit un peu faible dans ces productions, les figures ne manquent ni de vérité ni d'aisance. Ces peintures sont anciennes ; certains amateurs les attribuent à Jean Snellinck.

Une statue en plâtre, saint Roch, est appliquée contre un pilier de cette chapelle.

Transept méridional.

Le confessional, qui occupe le mur sud du transept de l'église , se distingue par la bonne exécution des sculptures qui l'ornent. Son couronnement renferme un buste du Seigneur supporté par deux anges. Les quatre pilastres, qui entourent ses entrées, ainsi que les pilastres des boiseries appliquées au mur, sont chargés de bustes d'anges sortant d'une touffe de fleurs et de feuillages. A ses côtés et au milieu des revêtements de bois, qui couvrent la muraille , on voit les bustes de saint Laurent et de sainte Catherine. Les petits chérubins, dont nous venons de parler, sont parfaitement

traités : ils ont une expression de grâce que Ton ne saurait décrire. Les sculptures sont de Nicolas van der Vekene.

Nous déplorons que ces œuvres soient enduites de couleur et peintes exactement dans la nuance du bois de chêne, qu'elles auraient naturellement.

Avant de venir à l'autel de saint-Laurent, les regards rencontrent dans le coin du transept, entre le confessional et Tautel, une niche vitrée entourée de grands ornements sculptés en bois dans le genre rocaille. On y trouve les figures de la sainte Famille, objet d'une vénération particulière dans cette église. C'est encore le même van der Vekene qui fit les jolies têtes et les mains de ces statues, dont les corps ne sont qu'ébauchés.

L'autel dédié à saint Laurent n'est guère remarquable par lui-même. La structure en est des plus simples, mais d'un bon effet pour faire ressortir la magnifique toile qu'il renferme. Des pilastres couronnés d'une corniche, au-dessus de laquelle s'étale une gloire entourée de têtes de chérubins, constituent tout l'autel. Au bas des pilastres sont assis deux anges de peu de mérite. Cet autel fut construit au XVIIP siècle par Pierre van Engelen, qui reçut de ce chef 300 florins. Sa partie artistique, c'est-à-dire les figures et les chapiteaux, fut exécutée par Pierre Valckx, pour la somme de 127 florins. Enfin le fameux marbreur Lenoir y mit la dernière main et reçut 160 iflorins.

Sur cet autel est placé le Christ en croix dit de Bruyne Kruys; il est en bois de chêne noirci par le temps. Cette relique, d'une haute antiquité et en grande vénération, se trouvait avant les événements du dernier siècle dans la chapelle du hameau de Bruyne Kruys, près de

Malines. La légende raconte que la sainte image fut retirée des eaux, à cet endroit ; et qu'à la suite de ce fait on érigea un oratoire. La chapelle de Bruyne Kruys ayant été détruite pendant la révolution française, le Christ fut apporté dans l'église de Sainte- Catherine, en 4804.

La grande et magnifique toile qui fait l'ornement de l'autel représente : Les martyres de saint Laurent et de saint Jean. Lucas Franchoys, le jeune, déploya dans cette œuvre avec toute la verve de son génie, toute la force de son pinceau. A droite le peintre a saisi le moment où les bourreaux s'emparent du corps de saint Jean pour le précipiter dans l'huile bouillante ; à gauche celui oii saint Laurent refuse d'adorer les idoles. Un groupe d'anges apparaît dans le ciel, montrant la croix aux martyrs. Dans cette superbe composition, le torse de saint Jean est supérieurement bien compris ; l'expression de saint Laurent, respire la résignation et le courage. Le mouvement et les efforts des bourreaux sont palpitants de vie, et les chérubins, qui planent dans le ciel, sont d'un modelé remarquable. Malheureusement le peintre a fait mauvais choix de nuances pour les vêtements; et le ciel un peu sombre donne un aspect trop théâtral à son œuvre. Il est probable que les tons ont changés, de même que le coloris de la carnation des anges. Ce tableau a, du reste, énormément souffert des rayons du soleil. Il était à peine placé de quelques années, qu'il subit une première restauration : une main inhabile y repeignit plusieurs parties, entr'autres le ciel. En 4772, J. B. Joffroy y apporta ses soins et tenta de faire disparaître les détériorations que l'œuvre avait subies.

A côté de cet autel, à Tangle du chœur, se trouve une statue médiocre, en pierre, de Saint Laurent. Elle fut entreprise, en 4718, par François Langhmans , qui en confia l'exécution à un de ses élèves, nommé Pierart, originaire de Lyon. Le martyr est agenouillé sur une nuée soutenue par des anges. Au-dessus de sa tête un séraphin lui apporte la couronne de l'immortalité.

A la première colonne du transept sont appendus deux petits volets antiques, dont l'examôn fait déplorer la perte du panneau principal. Ces peintures, dCjla bonne époque de l'école de Bruges, sont d'une extrême finesse de rendu et assez bien conservées. Le côté extérieur des volets représente d'une part : le Christ succombant sou^ la croix ; de l'autre : la descente de la croix. A l'intérieur, le premier vantail figure : Le Christ, couronné d* épines, présenté au peuple ; le second porte un fragment se rapportant probablement au panneau central : on y voit une foule nombreuse poursuivant de ses malédictions un personnage, qui n'est point représenté ici.

Chœur.

Le chœur de l'église, de chaque côté, est revêtu de stalles et de boiseries.

Ces œuvres sont dignes d'être remarquées et comptent parmi les meilleures productions de Pierre Valckx : elles datent de 1776 et sont dues à la munificence de Charles van Pyperseel.

La partie des boiseries, qui revêt le mur sud, se compose de deux grands bas-reliefs. Le premier représente sainte Catherine disputant avec les philosophes

payens ; le second, la décollation de sainte Catherine. Entre ces deux sculptures se trouve un médaillon avec te buste de la Sainte-Vierge.

Les stalles du côté nord offrent deux autres épisodes de la vie de sainte Catherine, le premier : sainte Catherine recevant l'enfant Jésus des mains de la divine Mère; le second : le baptême de la même sainte. Ici le médaillon symétrique porte le buste du Seigneur.

L'exécution de ces bas-reliefs, dans lesquels l'artiste n'a pas craint de se soumettre aux difficultés de la perspective , mérite des éloges, car la composition en est facile et le travail d'un fini rare.

Le maître-autel, construit en bois marbré de différentes couleurs , est d'une ordonnance qui porte profondément le cachet des constructions de ce genre élevées dans la première moitié du XVIP siècle. Quatre colonnes torses, enlacées de pampres, supportent la corniche au-dessus de laquelle s'élève une niche avec la statuette de sainte Catherine. Le tableau qui décore l'autel : sainte Catherine discourant avec les philosophes payens, est de la main de François Navez (4) qui l'exécuta pour cette église, sur l'ordre du baron van de Venue. Cette toile, dans laquelle perce le genre classique, n'est point d'heureuse composition; la couleur générale de l'œuvre a une teinte voilée qui nuit à l'effet. Sainte Catherine est debout devant les sages : sa position pourrait être plus saillante, car elle ne semble pas ici occuper le rôle principal ; les philosophes assis vis-à-vis de la sainte, prennent une trop grande place dans la production ; le peintre n'a presque pas laissé

(1) François-Joseph Navez, né à Charlcroi en 4787.

de distance entre ceux-ci et Théroïne. Un ange plane dans le ciel du tableau. Neuf figures composent la scène : on peut leur reprocher plusieurs incorrections de dessin.

Transept septentrional.

Une statue en pierre de Sainte Catherine est placée à l'angle du chœur, à la mémoire de Catherine Van Aken, décédée en 1716. La sainte est agenouillée sur un nuage. Cette œuvre, exécutée en 1718 par Pierard, de Lyon, ne possède aucune qualité louable.

L'autel de la Sainte Vierge, dans le transept nord de l'église, diffère peu de celui de Saint-Laurent; les décorations en furent sculptées par Lambert Joseph Paran , de Malines, qui parvint à mettre plus de perfection dans ces œuvres que Valckx n'en avait mise dans les figures de l'autel symétrique. Charles Van Pyperzeel supporta les frais de ce monument. La tombe de l'autel, en marbre blanc, coûta 1800 francs ; elle fut faite par François de Vriendt, de Lierre, en 1866. Elle est conçue dans le genre rocaille : le Sacré Cœur de Marie repose dans un grand coquillage entouré de festons fleuris. Cet autel renferme une toile de premier ordre, que Rubens, à en croire une tradition encore vivace, ne manquait jamais de visiter lorsqu'il venait à Malines. De son côté à son premier voyage en cette ville. Descamps admira la composition et la manière de cette production, d'autant plus brillante alors que le restaurateur Christophe van Laer n'y avait pas encore fait ses tristes retouches. Plus tard, lorsque

le peintre français revint à Malines, il reconnut à peine le chef-d'œuvre devant lequel il s'était extasié antérieurement. En 1771, Jean-Baptiste Joffroy essaya de rétablir la toile dans son état primitif. Il éprouva la plus grande difficulté à enlever une partie des couleurs de van Laer, ainsi qu'à enlever les ajoutes que ce dernier s'était permis de faire d'imagination au tableau. Depuis lors cette toile fut de plus en plus négligée, si bien que, à l'époque de la révolution française, elle était lacérée en divers endroits et qu'elle fut jugée indigne de figurer au Louvre avec nos autres dépouilles. L'artiste, qui a produit cette pièce remarquable, n'est point positivement connu. La tradition le nomme Maur Moreels, et prétend qu'il a agi en reconnaissance du baptême qu'il avait reçu dans cette église; mais jusqu'ici aucune preuve péremptoire n'est venue confirmer cet écho d'autrefois. On ne saurait pas même déterminer par comparaison si cette production a quelque analogie avec la touche de Moreels ; nous ne connaissons de cet artiste aucune œuvre. Il est cependant bien certain qu'à l'époque où fut peint le tableau (4615), vivait à Malines un peintre du nom de Maur Moreels r il est positif encore que cet artiste était paroissien de l'église de Sainte- Catherine, car il est inscrit dans le livre obituaire, le 6 décembre 1647. Mais ce qui nous porte bien plus à accepter les données de la tradition, c'est que l'on remarque sur la toile une bête de somme, chargée de trésors, parmi lesquels un plat d'or ; au milieu de ce plat est gravé , un écusson , à deux massues croisées , en abîme; à trois têtes de maures : deux en chef, une en pointe. Or ne sont ce là point des armes parlantes,, faisant une double allusion au nom du baptême et au nom patronymique de l'artiste?

Le sujet de la peinture est : Vadoration des mages. Quatorze figures concourent à l'épisode ; à gauche la Sainte Vierge présente son Enfant à l'adoration des rois. Chose remarquable, les figures de Marie et de son Fils portent un tout autre caractère que les autres personnages de cette toile ; elles sont conçues dans un style qui se rapproche de l'école italienne, tandis que. les autres figures portent le cachet de notre école nationale. Le premier des mages agenouillé baise la main du Christ ; le second s'incline derrière le premier, et le troisième, nègre de race, se tient debout, ayant derrière lui un page qui porte la queue de sa robe. Les tètes sont belles et nobles et les draperies particulièrement traitées de main de maître.

Nous avons ici sous les yeux une des pages les plus éloquentes et des plus vigoureuses de l'art flamand : Le groupe des trois rois surtout, car c'est la partie capitale de la composition, se distingue par la richesse de son coloris velouté et sévère, par sa pose majestueuse et par son dessin large et aisé. Le fond du tableau, quoique s'étant beaucoup rembruni, permet encore de distinguer le sujet ; on y voit les serviteurs et les suivants des mages ; parmi ceux-ci on voit apparaître d'une manière évidente le portrait de Moreels. Les mules et les chameaux, porteurs de présents, occupent le dernier plan, tandis que le fond laisse apercevoir le ciel sombre sur lequel se détache l'étoile conductrice. Dans le courant de ce siècle , le tableau a été restauré par Pierre Morissens; depuis, en 4866, J. H. Bernaerts y a encore apporté d'intelligentes améliorations.

Le monument de Charles Van Pyperseel, l'un des

principaux bienfaiteurs de cette église, qui concourut si généreusement à l'exécution des stalles et de la chaire de vérité, se trouve à côté de l'autel que nous venons de quitter. Une niche vitrée renferme la statue en bois argentée de sainte Catherine. Sous l'encadrement de la niche se lit Finscription funéraire du généreux paroissien, qui décéda en 1778. Le portrait du défunt, en ovale, bien peint par G. Herreyns, surmonte la petite chapelle; un rideau sculpté, relevé par les deux bouts, se déploie derrière le portrait et étend ses plis sur la niche. L'ordonnance et l'exécution du cénotaphe sont de L.J. Paran. Le confessional, appuyé contre le mur nord du transept, est pareil à celui qui se trouve, en regard, dans le transept sud; aussi est-il du même artiste. Le frontispice varie en ce qu'ici deux génies supportent un ciboire. Au centre, dans chacune des boiseries du confessional, est un petit groupe biblique.

Vis-à-vis de l'autel pend un tableau de forme oblongue, peint par Jacques Smeyers (1), de Malines. H. 4,05. L 1,60. T. L'artiste nous a dépeint une scène relative à la dévotion de la Sainte Famille, mais dont le sujet exact serait difficile à retrouver. Dans un temple d'une construction moderne, un roi vient s'agenouiller devant la Sainte Famille, dont le groupe occupe la droite du tableau: Le souverain, dont le costume se rapporte au temps de Louis XIII, est suivi d'une cour nombreuse. Un grand nombre de fidèles assistent au pieux spectacle. Dans le lointain, à gauche, le paysage est couvert de curieux, qui accourent à la vue des prodiges et des guérisons qui s'opèrent.àlaportedu

(\) Jacques Smeyers, né à Malines en 1657, décédé en 4733.

sanctuaire. Cette toile mérite rattention à cause de la conception générale et du bon coloris. En 1778, l'église fit une vente publique des tableaux que la fabrique jugeait inutile de conserver; l'œuvre de Jacques Smeyers fut du nombre des objets vendus, heureusement elle fut achetée par un membre du chapitre de Saint-Romhaut, qui plus tard en fit don à l'église.

Un petit triptyque funéraire est attaché à la première colonne du transept. Jean Verhaegen, notaire, mort ea 1670, le fit exécuter pour perpétuer sa mémoire. L'extérieur porte, en grisaille, les emblèmes de la mort. Le panneau principal est une copie, d'après Rubens, de l'Assomption de la Sainte Vierge; le peintre s'est borné à reproduire la figure principale et quelques chérubins; il a parfaitement rendu le ton et la pensée de son modèle. Le volet de gauche figure saint Jean l'Évangéliste, à mi-corps; celui de droite : le donateur en prières. Jean Verhoeven, de Malines, auteur du tableau, s'est montré plus grand artiste dans l'exécution des volets que dans celle du sujet du central. Les bustes de saint Jean et des donateurs sont traités avec finesse; ils sont d'une couleur légère et harmonieuse et pleine de sentiment. Le cénotaphe fut placé en 1668, comme l'indique le chronogramme, placé au bas de l'inscription : LIeVen JesV sYt heM nV genaeDICh.

Chapelle du Saint-Sacrement.

L'époque de la construction de l'autel de cette chapelle est fixée par l'inscription suivante : aLMo Deo et saNCto JosEPHo (1681). Ce monument, construit en marbre noir

et blanc, fut érigé par la piété dlsabelie Danesin, d'après les plans de Luc Fayd'herbe, Cet artiste est également Fauteur des sculptures décoratives. Il nous a laissé ici deux charmants génies placés au-dessus de la corniche. Celle-ci repose sur deux colonnes torses. Le tableau de l'autel : la fuite en Egypte, par Joseph Paelinck (1) (1830), est sentimental, bien qu'il pèche par plusieurs incorrections de dessin ; la tète de saint Joseph est trop forte et la démarche de l'âne serait anatomiquement difficile à comprendre. La toile porte les armes du donateur, le baron Van de Venue. Le coloris se ressent un peu du ton grisâtre dont David a été l'inovateur.

Une statue en bois, Ecce homo, est adossée au dernier pilier de cette chapelle. Cette figure est du XVII® siècle.

Le confessional, qui occupe le fond de la chapelle opposé à l'autel, est de Nicolas Van der Vekene. Saint Pierre reniant le Christ, d'une part, et le Sauveur luimême chargé de chaînes, sont placés près de la case du centre . Ces statues sont dignes du ciseau habile de ce maître. Le fronton, gracieusement entouré d'ornementations, porte le coq de saint Pierre. Les boiseries latérales sont revêtues de cadres enchevêtrés.

Les noms des membres de la confrérie de Saint-Joseph sont inscrits dans un cartel de bois du XVIII? siècle. Il est d'une jolie composition ; le sommet revêtu d'emblèmes et de génies dénote une main exercée.

La Sainte Famille, tableau de Lucas Franchoys, le . jeune, est placée au-dessus de ce dernier confessional. Cette œuvre, d'un aspect agréable, nous montre la

{i) Joseph Paelinck, né à OosUcker en 4781 , mort en 4839.

Sainte Vierge tenant son Fils syr le giron ; saint Joseph et sainte Elisabeth apparaissent derrière ce groupe. Saint Jean-Baptiste, enfant, occupe la place devant les pieds de Marie. Cette toile a été agrandie plus tard; on a ajouté une partie au fond.

Grande nef.

Il nous reste à parler de la chaire à prêcher. Cette pièce en bois de chêne, faite d'après les dessins de Théodore Verhaegen, sortit, en 1774, des mains de P. Valckx, son élève. Elle coûta 4427 florins. Ch. van Pyperseel en fit les frais; le 15 juin 1771, le donateur passa un contrat avec Tartiste auquel il s'engageait k payer 1200 florins, monnaie courante ; après l'achèvement du travail, Valckx reçut encore 227 florins, 11 $• au-delà du prix convenu. L'ensemble représente les débris d'un temple. La façade principale se compose d'une vieille arcade, restée debout au milieu des ruines; un toit de chaume abrite l'entrée du cintre contre les intempéries de Fair ; c'est là que se trouve le Christ. La Sainte Vierge, debout, montre son divin Fils placé avec les pieds sur le globe terrestre. Saint Joseph s'incline avec amour et respect, à côté du Sauveur. Sur le côté, un génie, assis sur un pan de mur» tient un cartouche avec les initiales du donateur.

Un portique délabré forme l'entrée de la chaire ; au-dessus de l'arcade flotte une épaise nuée , traversée par des branches d'arbre, elle sert d'abat-voix au prédicateur; çà et là des anges percent le nuage; des chérubins, placés du côté principal, dérouleut une

banderole portant un fragment du cantique de Noël : Gloria in altissimis Deo. Cette œuvre, quoiqu'originale, est bien conçue et constitue un des principaux ornements de l'église. Valckx a donné de la grâce et de l'aisance à ses figures.

Les fonts baptismaux, en cuivre, sont du XVIII» siècle, et ne se distinguent en rien.

Sacristie.

On trouve ici :

Une statuette, en bois argenté, saint Joseph portant l'enfant Jésus sur les bras. XVIIP siècle. Cette œuvre élégante et gracieuse rentre dans la manière de Nicolas Van der Vekene.

Une figure du XVI*» siècle représentant le Christ mort; cette image, en bois, de grandeur naturelle, est placée le jour du Jeudi-Saint dans le sépulcre.

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