LES FLEURS ARTIFICIELLES
Cet arl n'est pas nouveau. Il y a longtemps qu'on fabrique des fleurs artificielles à la Chine. Les fleurs des Chinois ne sont ni de soie, ni d' aucune espèce de fi!, de toile ou de papier, mais de la moelle d'un arbrisseauqu'ilscoupent par bandes aussi fines que celles de parchemin ou dè papier. L'art de placer des bouquets naturels ou artificiels dans la coiffure des dames était connu des modistes d'Athènes et de Rome. Pline attribue celle découverte au peintre Pausanias, qui s'étudiait à reproduire sur la toile et bientôt en vérilables fleurs artificielles découpées et peinles les bouquets composés par la bouquetière Glyeère.
Les Italiens ont excellé longtemps avant nous dans la fabrication des fleurs artificielles; ils se servaient de ciseaux et non de fers à découper : invenlion moderne qui est due à un Suisse. Ce ne fut qu'en 1738 que Seguin, natif de Mende, commença a faire a Paris des tleurs artificielles qui rivalisaient avec celles de nos voisins. Il en fit même à la manière chinoise, avec de la moelle de sureau ; il confectionna encore le premier des fleurs en feuilles d'argent colorées pour l'ajusle-
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ment des dames. De nos jours, cet art a acquis le plus haut degré de perfection par l'ingénieuse imitation de la nature.
Nos essais ont commencé par l'emploi de rubans de diverses couleurs qu'on faisait et qu'on assujettissait sur des fils de laiton, de manière à reproduire grossièrement le contour des fleurs. Sont venues ensuite les plumes, matières plus souples, plus délicates, mais qui ont offert de grandes difficultés pour les teindre de diverses couleurs. L'adresse seule des sauvages de l'Amérique surmonte cet obstacle , car ils font avec des plumes des bouquets admirables.
Les Italiens, en se perfectionnant comme nous, ont employé des cocons de ver à soie et de la gaze d'Italie. La première matière est préférable en ce qu'elle n'est pas hygrométrique et qu'elle conserve longtemps les couleurs dont on la teint; on a presque renoncé à la seconde ; ses couleurs n'ont pas assez d'éclat et ne sont pas assez brillantes.
En France, on a, en définitive, donné la préférence a la batiste et au taffetas de Florence. Avec la batiste la plus fine on fait les pétales, el avec le taffetas , les feuilles. On a fait aussi des fleurs : l°avecle fanon de baleine, que M. de Berna rdière est parvenu à réduire en feuilles légères et à décolorer complètement, de manière à le rendre blanc mal pour lui donner ensuite telle couleur qu'il désire; 2" avec des coquilles; mais leur lourdeur les a fait rejeter, et elles ne sont plus que des objets
de curiosité ; 3° avec de la cire : elles ne se font pas en manufacture ; le débit n'en serait pas assez considérable : celte branche d'art n'est cultivée que par quelques dames; mais elles l'ont poussée à un trés-haut degré de perfection. Les fleuristes les plus adroits s'y méprennent, et, à moins d'y loucher, il est impossible de distinguer ici le produit de l'arl de celui de la nature.
Les villes où l'on fabrique les fleurs avec le plus de perfection sont Paris et Lyon. Les plus belles sont expédiées en Russie, les plus communes en Allemagne.
Pour fabriquer des fleurs, on prend de la batiste la plus fine; on la soumet à la presse, on la calandre pour diminuer le grain , el l'on n'y passe jamais de gomme. Les pétales se peignent à la main. On les découpe avec des emporte -pièces qui varient de grandeur.
LES FOURRURES Le pays qui abonde le plus en animaux à riches fourrures est un vaste territoire s'élendanl de fa bain d'Hudson aux rives de l'océan Pacifique, et des frontières des États-Unis à la mer Arctique : région hérissée de montagnes et de rochers sourcilleux, sillonnée de fleuves et de torrents , couverte de lacs profonds et de furets séculaires, peuplée d'animaux sauvages, parmi lesquels l'ours, le bison, l'industrieux castor, l'élan el le blaireau,