‹ Inventions et découvertes ou les curieuses originesChapitre 65 sur 66 · VINS · texte numérisé non relu

VINS

plus beaux dons que Dieu ait faits à l'homme : le blé, l'huile et le vin; elle peut s'appeler le vignoble de la terre. Les vignes de France sont cultivées sur une superficie d'environ 2,000,000 d'hectares, qui donnent un produit de 35,000,000 d'hectolitres de vin, dont un sixième est converti en eau-de-vie; leur produit annuel est élevéà720 millions de francs, sur lesquels 65 millions proviennent des exportations. Les anciennes provinces de la Champagne, de la Bourgogne, du Lyonnais, du Dauphiné et du Bordelais renferment les vins les plus estimés ; ceux du Roussillon , de la Provence [et du Languedoc, le plus souvent dépourvus de bouquet , sont remarquables par leur force.

Dire depuis quelle époque les vignobles ont commencé à jouir de leur réputation est chose assez difficile. Il parait que ceuxd'Àutun existaient déjà du temps des Romains, mais on suppose que l'arôme et ta délicatesse des vins les plus en faveur aujourd'hui n'étaient pas connus il y a deux siècles. Il faut en excapter le vin de Champagne, dont l'excellence était appréciée dès l'année 1328, comme on peut en juger par le fait suivant. Winceslas, roi de Bohême , vint en France pour régler avec Charles VI les clauses d'un traité. Arrivé à Reims, il goûta du Champagne, et le trouva si bon , qu'il imagina mille entraves pour traîner en longueur la négociation : tantil prenait plaisir à se griser tous les jours avec ce breuvage délicieux ,

VOITURES i

en Franre. Les rois mêmes du moyen âge ne se servaient que de coches attelés de quatre bœufs , lorsqu'ils allaient se montrer A leurs peuples et recevoir leurs présents ; encore ignore-t-on quelle élail la forme de ces voilures. Le prince et les grands n'avaient guère que des chevaux et des mules ; les dames s'en servaient aussi , mais le plus souvent elles montaient en croupe.

Les chars leur parurent dans la suite plus commodes el plus convenables ; elles s'y accoutumèrent sans peine, et la mode s'en répandit même tellement sous Philippe le Bel , qu'il en défendit l'usage aux bourgeois.

De toutes ces voitures, les litières découvertes étaient les plus nobles ; elles servaient surtout aux entrées des reines. On faisait encore usage de chaises à bras, iatroduites par la reine Marguerite. Ces chaises étaient découvertes, el ne furent fermées que plus tard. A la même époque, les chaises roulantes, communément dites brouettes, les phaétons el autres chaises (rainées par des chevaux furent aussi en grande faveur.

Quant aux carrosses ou voilures à quatre roues, leur forme a beaucoup varié : les premières étaient rondesel ne tenaient que deux personnes; on leur donna dans la suile plus de largeur, el une disposition presque carrée pour quatre places. Les portières étaient en cuir ; on les abaissait pour y entrer, et elles n'avaient que de simples rideaux. Bassompierre fut le premier qui, sous Louis XIII,

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