BETTE BAVE
l'accroissement; mais la France est sous ce rapport plus avancée qu'elles.
La culture de la betterave offre des avantages réels comparativement a beaucoup d'autres productions lerrilorinles. Cette plante n'a presque pas de chances contre elle; le climat de France lui convient parfaitement , surtout dans les provinces du nord, attendu que la chaleur lui est peu nécessaire; elle n'aurait h redouter qu'une continuité de sécheresse fort rare dans les départements où on la cultive ; par conséquent son rapport est a. peu près certain. Ajoutons que cetteculture, outre son but spécial pour les sucreries, est d'une grande ressource pour la nourriture des bestiaux.
Naguère plus de soixante millions de francs étaient engagés dans celle industrie, qui occupait quarante mille ouvriers,
Les procédés de fabrication ne sauraient être décrits d'une manière détaillée ; ils varient dans certaines localités, principalement pour l'expression du jus, qu'on retire soil de la betterave fraîche , soit de la betterave conservée de diverses façons; mais la cuisson, la solidification, le raffinage sont les mêmes que pour le sucre de canne.
On necomplaiten 1828 qu'environ 3,200 hectares consacrés, en France, à la culture de la betterave; en 1836, il y en avait 16 à 17,000. Aujourd'hui, en calculant surla production connue , il doit, y en avoir 40,000. On a évalué a 1,000 mètres carrés, terme moyen, l'étendue de terre
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nécessaire pour produire 150 kilos de sucre de betterave, autrement dit, un hectare pour 1,500 kilos. En calculant sur 60,000,000 de kilos, ce. serait donc ce total de 40,000 hectares à cultiver en betterave. Or qu'est-ce que cette portion de territoire en comparaison des 33 millions d'hectares employés en France à toute sorte de cultures, et auxquels il faut ajouter 17 millions d'hectares cultivables et non cultivés?
Malheureusement, il fautbien le dire, cette industrie du sucre indigène, qui promettait de si grands résultais en France , est aujourd'hui sacrifiée a d'autres intérêts; la canne a sucre a détrôné la betterave.
LA BOUSSOLE
La boussole, cet instrument indispensable a la navigation de long cours , -est une invention que nous devons au moyen Age. L'aiguille aimantée, par sa propriété de se tourner toujours vers les pôles, guide les navires d'un hémisphère à l'autre, indiquant aux marins une roule certaine à travers toutes les mers. C'est à elle qu'on est redevable des immenses progrès dans l'art nautique dans les temps modernes.
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Quelque grossière alors qu'on la pûl même supposer, la boussole fui certainement inconnue des peuples anciens. Aucun monument du l'antiquité ne donne a entendre qu'elle fut connue des pilotes phéniciens, grecs, romains ou carthaginois. Tout prouve, au contraire, qu'en l'absence de ce précieux guide , les navires étaient obligés de suivre les rivages, et que celte navigation toujours en vue des côtes rendait les voyages longs et pénibles.
Longtemps avant d'en Taire usage dans la marine, on aura trouvé qu'une aiguille aimantée suspendue, pivotant et nageant sur l'eau au moyen d'un liège, tourne sa pointe vers le nord; le premier emploi de celte découverleauradoncétéd'en imposer aux incrédules par des apparences de magie; mais c'est au hasard sans doute qu'on a dû de connaître la propriété attractive de l'aimant; il est probable qu'il s'est écoulé de longues années , des siècles peut-être, entre eette découverte primitive et l'invention de la boussole.
Au ni* siècle, ce que les marins des côtes de laMancheet de l'Océan appelaient martnedo, que les mariniers de la Méditerranée nommaient ca- \amte, pareeque sa forme figurait assez bien une grenouille verte, n'était, à cette époque grossière, qu'un instrument informe , une aiguille d'aimant adaptée a un morceau de liégeou tout autre corps léger qui la faisait flotter sur un vase d'eau. Les marins ne s'en servaient que pour se conduire par les nuits obscures et les temps nébuleux.
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Plusieurs nations, les Napolitains, les Français, les Portugais, les Anglais revendiquent l'honneur de l'invention de la boussole ; chaque peuple est libre d'élever la môme prétention, sans qu'aucun puisse légitimer ses droits par des documents authentiques, l'auteur de celle première découverte étant absolument inconnu. Des voyageurs enthousiastes de la Chine ont essayé d'en attribuer le mérite aux Chinois, parce que la boussole leur était connue dès le xm 6 siècle; mais il est probable que celle découverte leur avail été transmise d'Europe.
A part toute vanité nationale, les Français auraient été les premiers a s'aider de l'aimant dans la navigation. Il est des auteurs qui pensent que nos marins l'employaient dès le xi E siècle, qu'ils s'en servirent pour la floltede la première croisade, en 1096. Rien n'est moins certain ; ce qui l'est bien davantage , c'est que nos marins brelons connaissaient la boussole avant le xm p siècle , et que son usage était commun en France sous saint Louis.
La boussole, comme toutes les autres inventions, comme les horloges, comme la poudre à canon , resta longtemps dans l'enfance. Ce ne fut qu'au commencement du xiv E siècle que le Napolitain FlavioGioja, citoyen d'Amalli, eut le génie d'apporterà cet instrument des améliorations qui en centuplèrenU'utililé, et qui l'ont fait regarder par la postérité comme le vrai créateur du compas de mer.
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Gioja disposa horizontalement sur un pivot une aiguille de fer aimantée , lui laissant la mobilité la plus entière, de manière que, se mouvant en liberté, elle pût obéir sans obstacle à la tendance qui ramène l'aimant vers le pôle. Il adapta au pivot de l'aiguille une rose de compas , à laquelle il donna seize aires de vent, et où le septentrion fut indiqué par une fleur de lis, emblème de la maison d'Anjou alors régnante à Naples.
On ne saurait préciser l'époque de celte véritable création de la boussole par Gioja, on la place communément en l'année 1302. N'èst-il pas étrange que l'inventeur d'un instrument immortel ait été en quelque sorte privé, par l'indifférence de ses contemporains, de la gloire que lui avait acquise son heureux génie? On ignore les circonstances qui le conduisirent à cette importante découverte ; on n'a aucun détail sur sa personne ; on ne sait quelle était sa profession ; il partage le sortde tant d'autres hommes supérieursqui ont été les bienfaiteurs du genre humain en perfectionnant les sciences, en créant les arts, et dont l'histoire est ensevelie dans la poussière des temps.
D'ailleurs, il s'écoula bien des années avant que les marins tirassent un profit réel du précieux travail de Gioja : tant l'esprit humain tient aux errements de son enfance, aux usages de ses pères! Enlïn, vers le milieu du xv' siècle, les Portugais, par d'ingénieuses améliorations, perfeclionnèrent l'usage de la boussole. Ils trouvèrent, pour la sus-
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pendre, la méthode qu'on suit encore aujourd'hui; ils divisèrent la rose du compas en trente- deux parties ou rumbs de venl, formant ensemble les 3G0 degrés du cercle de l'horizon.
La boussole, ainsi portée à sa perfection, lit renaître le monde des anciens, ouvrit l'univers a la navigation. Alors les pilotes s'aventurèrent sur l'immensité des flots; les navires parcoururent tous les océans connus et inconnus. C'est à la boussole qu'on doit les découvertes immenses des Christophe Colomb, des Vasco de Gama , de tous nos plus célèbres navigateurs.