ACTE TROISIÈME
FALAMBAllT, à Paul.
Ah! ça, mais que racontez-vous donc?
PAULj bas> souriant.
Ne nie démentez pas ou je vous brûle la cervelle ! (Haut.) Et les mouchoirs s'agitaient!.. Et les chapeaux s'élevaient en l'air !.. Et les fenêtres s'ouvraient...
LE BARON
Un jetait des Heurs !..
PAUL, se bouchant le nez.
Un tas de choses !
LE BAHON, radieux, serrant la main de Paul.
Ail ! mon ami !.. mon ami !
PAUL
Je n'eus que le temps de monter dans une voiture qui passait pour échapper à celte manifestation aussi spontanée qu'indescriptible.
On a voulu dételer le cheval ?
PAUL
Oui, mais c'est lui c£ui n"a pas voulu !
LE BARON
C'était un cheval républicain !
PAUL
Justement, il était roui^e ! Ah ! j'avoue que je n'ai pas eu le courage de détromper cette foule enthousiaste !.. Je me croyais député !.. Ah ! j'ai eu un moment comme la folie des grandeurs !
LE BARON
Ah! mon ami, que je regrette de n'avoir pas été làl
PAUL
Ainsi, vous ne m'en voulez pas?
LE BAROX, ravi.
Vous en vouloir?.. Acclamé! Grâce à vous, j'ai été acclamé!.. Mais c'est-à-dire que je vous remercie!.. Ah! quel échec pour le gouvernement!.. Un député non rallié acclamé en plein Paris ! .
FALAMBART, à part, regardant PauL
Eh! bien, il en a un toupet!
LE BARON
Mais pourquoi ne pas m'avoir avoué ce matin ?
Je n'ai pas osé.
LE BAROK.
Ce cher Paul!.. Acclamé!.. (Bas.) Seulement je vous demanderai de ne raconter à personne...
PAUL, vivement.
Oh ! comptez sur moi !
LE BARON, bas.
Que le gouvernement ne se doute de rien avant les nouvelles élections... Je ne sais pas si vous me comprenez, c'est de la haute politi({ue !
PAUL
. Vous êtes le Machiavel du xix« siècle!
LE BARON
Sapristi! Et la baronne qui croit encore... Je vais la rassurer...
PAUL
C'est ca ! allez vite !