‹ Iodoformisme: Accidents consécutifs à l'emploi de l'iodoformeChapitre 15 sur 43 · L..., 29 ans, marchand forain, salle Saint-Louis, no · texte numérisé non relu

L..., 29 ans, marchand forain, salle Saint-Louis, no

Il se présente à la consultation de Saint-Louis, le 29 octobre 1892, pour deux chancres simples siégeant à la face supérieure du prépuce.

Le 12 novembre, il les saupoudre d’iodoforme. Une demiheure après, il sent déjà, raconte-il, des démangeaisons à la verge, puis le prépuce augmente de volume et, au bout de six heures, le prurit gagne toute la verge, ainsi que les testicules, en même temps qu'apparaissent quelques taches rougeâtres.

Le 13, le malade revient à Ja consultation, présentant les accidents suivants :

Plus de taches rougeñtres, mais une éruption généralisée intéressant la moitié de la verge et du scrotum; les lésions sont prurigineuses, le malade se plaint de fièvre, de prurit sur diverses parties du corps. particulièrement sur la face interne des cuiss>s,

SO sans qu’on puisse y découvrir encore aucun élémeut érythémateux.

À la verge, l’éruption est purement cutanée, la muqueuse est indemne.

L’éruption présente les caractères suivants :

Coloration rouge, cramoisie, érysipélatiforme de la moitié antérieure du fourreau de la verge et du s2rotum ; un liquide clair, alcalin, sort abondamment par petites gouttes miliaires sur toutes les surfaces érythémateuses, au point d’humecter très. fortement la chemise du malade; la peau de la région est tuméfiée, œdémateuse. Rien sur le corps.

Le 14, on constate sur le bas-ventre, la face interne des cuisses, des taches presque régulièrement arrondies, du diamètre d’une lentille, prurigineuses, d’une couleur rougeâtre ; absence de vésiculation ou de pustulation.

La verge et le scrotum présentent le même aspect que la veille, Toute la face inférieure de la verge en confact avec le scrotum est devenue érythémateuse, suintante.

Le malade ne peut dormir, se plaint de frissons. Temp. 3707. Traitement : bains d’amidon, poudre d’amidon.

Le 15, l’éruption s'étend à la partie latérale droite du thorax, aux fesses et au dos sous forme d’éléments isolés, ayant les mêmes caractères (couleur, prurit) que ceux qui siègent sur le bas-ventre.

, Le 16, le prurit est moins intense, le suintement du placard érythémateux du scrotum et de la verge a disparu et sa couleur tend à devenir saumonée.

L'éruption du bas-ventre pâlit, le prurit est devenu moins intense.

Sur l’avant-bras, la face palmaire et la face dorsale de la main, du côté gauche, on constate quelques taches, érythémateuses de dimensions variables, isolées, légèrement prurigineuses.

Temp. 37°4. Même traitement que les jours précédents.

Les 17, 18, 19 novembre, il ne se produit aucune nouvelle manifestation érythémateuse ; les placards primitifs perdent de

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plus en plus leur intensité de coloration; un commencement de

desquamation se manifeste, le prurit a presque complètement disparu.

Le 20, la desquamation a augmenté, elle est furfuracée, l’éruption a considérablement pâli.

Le malade sort de l'hôpital.

M. le professeur Fournier fit remarquer la difficulté du diagnostic chez ce malade. Il avait des chancres simples de la verge. En présence de cette rougeur avec tumétaction de la verge, on aurait pu croire, soit à une lymphangite des plus intenses, ou encore à une balano-posthite menaçante, provoquée par un chancre mou sous-préputial, avec indication de fendre le prépuce pour éviter la gangrène.

OBSERVATION XIV (Dr Fourquet). (Th. Bourdette. Paris, juin 1893). |

Homme de 29 ans, couvreur, se présente à la consultation pour une éruption intense, le 3 janvier 1893, éruption qui a débuté par les mains, à la suite d’un pansement à l’iodoforme fait sur une plaie étendue de la main droite. Les mains sont d’un rouge vif à la face dorsale, surtout à la main droite. Cette rougeur remonte le long des bras, au cou, au thorax où cet érythème est diffus. La gorge et l’arrière-gorge ne présentent rien d’anormal.

Il y a inappétence et dégoût pour les aliments. Quelques jours après, le malade revient. Dans l'intervalle, sa plaie s'étant cicatrisée, les rougeurs avaient disparu.

OBSERVATION XV (Taylor).

Un jeune homme de 32 ans, syphilitique, à état général très déprimé, offrait aux jambes des plaques d’ectyma qu'on panse à l’iodoforme. Insomnie la nuit avec plaintes sur une chaleur brülante au niveau du membre inférieur, l'érythème très foncé qui avait débuté par la jambe gagna d’abor:l la cuisse, puis tout le corps en 48 heures. Son aspect était scarlatineux, mais pas de mal de gorge, lé malade, d'autre part, n'avait pris s tbrepticement ni quinine ni autre médicament. On supprime l'iodoforme, et l’érythème disparaît avec des desquamations de la peau au bout de quatre jours.

OBSERVATION XVI, due à Taylor.

Une femme, âgée de 26 ans, syphilitique depuis quatre ans, est admise à l'hôpital de la Charité à la fin de l’année 1882, pour un ulcère envahissant de la jambe gauche. La plaie est largement saupoudrée d’iodoforme. On applique un bandage contentif, deux jours après la malade se plaint de douleurs, de sensation de brûlure de la région; diarrhée, vomissements, céphalalgie intense et prostration. Un érythème œdméateux presque aussi prononcé que celui de l’érysipèle débute par la jambe pansée, envahit la cuisse et l’hypogastre. Deux semaines s’écoulent avant que la cessation des troubles locaux et généraux ait lieu. La malade avait pris, avant l’éruption, de l’iodure de potassium sans accidents.

[ci les phénomènes généraux sont plus accentués que dans les cas habituels que nous avons en vue. De même dans l'observation suivante.

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OBSERVATION XVII, due au docteur Lucas-Championnière.

Camusez Pierre, 42 ans, offre un épanchement séreux du genou, consécutif à une chute. Ouverture de la collection, qui est vidée et pansée à l’iodoforme; huit jours après escarre au sacrum, de la largeur d’une pièce de 2 francs. Pansement à la poudre d’iodoforme, benjoin, eucalyptus, etc.; après deux heures, apparition de démangeaisons. On lève le pansement ; l’éruption partie de la plaie a la forme d'un érythème papuleux qui gagne rapidement la presque totalité du corps ; les vésicules se montrent en différents points; la température monte à 300 et se maintient vers 38 pendant sept jours. Le malade avait eu déjà des manifestations eczémateuses.

OBSERVATION XVIII, due à Taylor.

Une femme âgée de 26 ans, syphilitique depuis quatre ans eut en juin 1865, un engorgement ganglionnaire à l’aine, du côté droit. [ncision et grattage. La guérison fut retardée par l’apparition de nouveaux engorgements. État général mauvais. Le fond de l’ulcère est saupoudré de poudre d’iodoforme et bourré de gaze de même nature. Vers le douzième jour, la maladie marchait à la guérison, lorsque tout à coup la plaie devint pâle, de mauvaise nature, laissant couler un liquide peu abondant et séro-sanguinolent. Les téguments, au niveau de laine et ce l’hypogastre deviennent douloureux, rouges et œdérateux. En vingt-quatre heures un espace étendu devient le siège d’un érythème à type nettement marginé.

Le second jour, des groupes de papules, vésico-pustules et pustules se développent ; à l’aide d’un traitement approprié, l'érythème disparaît en huit jours. En même temps, la malade était devenue inquiète, faible et abattue. [ a température montait à 39°. Les urines avaient été rares et albumineuses ; les quantités d’iodoforme employées, minimes.

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