‹ Iodoformisme: Accidents consécutifs à l'emploi de l'iodoformeChapitre 27 sur 43 · OBSERVATION KL · texte numérisé non relu

OBSERVATION KL

(Elle a été publiée dans le no du 2 juin 1893 de la France médicale).

Il s’agit d'un homme de 31 ans, tuberculeux, admis à Queen’s Hospital de Birmingham. L'iodoforme était administré en pilules d'abord à la dose de 10 centigrammes trois fois par jour. En quarante-un jours, le malade prit ainsi environ 50 grammes d'iodoforme. À la fin de cette période, le médicament fut interrompu parce qu'il y avait des phénomènes toxiques, et en particulièr de l’amblyopie. II y avait, en outre, de la céphalalgie, des vertiges, de la faiblesse et de la dépression intellectu be. Le malade avait également de la diarrhée, ses urines étaient alcalines et il avait constamment l’odeur et le goût de l’iodoforme.

Le troisième jour après la cessation de l'iodoforme il y eut un grand assoupissement, puis un léger ptosis du côté gauche. Ces phénomènes disparurent le lendemain: le malade se plai-

gnait alors d’engourdissement et de faiblesse dans les. jambes, et le réflexe rotulien parut augmenté. Quatre jours après iarrêt du médicament, M. Priestley Smith examina le malade; la réfraction était normale, les milieux transparents ; les bords de la papille étaient un peu nuageux, mais il n’y avait pas de papillite distincte ; l’acuité visuelle était fortement diminuée, et il y avait un scotome central bien marqué dans les deux yeux. Trois jours après l'aspect nuageux de la papille semblait plus prononcé, cependant le malade trouvait déjà sa vision améliorée. L’acuité visuelle augmente graduellement, et trois mois après le début de l'amblyopie, elle était de 6/8 pour chaque œil sans aucun scotome.

Le malade fumait environ 60 grammes de tabac par semaine avant son entrée à l'hôpital : pendant son séjour à l’hôpital on ne lui en donna que 30 grammes, le jour de Noël, il en fuma environ le quart. C’est donc environ sept semaines après qu’il eut cessé de fumer régulièrement et trois semaines après sa petite débarche de Noël que les phénomènes se manifestèrent. Pendant sa convalescence, il recommença à fumer sans que l'amélioration en parût entravée; il semble donc bien que le tabac puisse être absous comme cause de ces phénomènes et que l’amblyopie doive être rapportée à l’iodoforme.

M. Valude, le 11 avril 1893, rapporta à la Soc cé d'ophtalmologie de Paris, une observation de névrite et d'atrophie optiques chez un brûlé atteint d’intoxication iodoformique, que nous reproduisons.

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