‹ Iphigenie (volume 2)Chapitre 12 sur 59 · ACTE n. SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE n. SCÈNE I

HZ

J’oubliai ma colère, et ne sus que pleurer:

Je me laissai conduire à cet aimable guide.

Je l’aimais à Lesbos, et je l’aime en Aulide. Iphigénie en vain s’offre à me protéger,

Et me tend une main prompte à me soulager: Triste effet des fureurs dont je suis tourmentée, Je n’accepte la main qu’elle m’a présentée.

Que pour m’armer contre elle, et, sans me découvrir,

Traverser1) son bonheur, que je ne puis souffrir.

DORIS

Et que pourrait contre elle une impuissante haine ? Ne valait-il pas mieux, renfermée à Mycène, Eviter les tourments que vous venez chercher,

Et combattre des feux contraints de se cacher y

ÉRIPHILE

Je le voulais, Doris. Mais, quelque triste image Que sa gloire à mes yeux montrât sur ce rivage ; Au sort qui me traînait il fallut consentir:

Une secrète voix m’ordonna de partir,

Me dit qu’offrant ici ma présence importune, Peut-être j’y pourrais porter mon infortune:

Que peut-être approchant ces amants trop heureux Quelqu’un de mes malheurs se répandrait sur eux.

Voilà ce qui m’amène, et non l’impatience D’apprendre à qui je dois une triste naissance. Ou plutôt leur hymen me servira de loi:

S’il s’achève, il suffit; tout est fini pour moi:

Je périrai, Doris; et, par une mort prompte, Dans la nuit du tombeau j’enfermerai ma honte. Sans chercher des parents si longtemps ignorés. Et que ma folle amour a trop déshonorés.

DORIS

Que je vous plains, madame ! et que pour votre vie... 1) fourdjfrcujcm.

ÉRIPHILE

Tu vois Agamemnoii' avec Iphigénie.

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