ACTE IV, SCÈNE IV
Venez remercier un père qui vous aime,
Et qui veut à l’autel vous conduire lui-même.
AGAMEMNON
Que vois-je? Quel discours! Ma fille, vous pleurez,
Et baissez devant moi vos yeux mal assurés;
Quel trouble ! Mais tout pleure, et la fille et la mère.
Ah! malheureux Areas, tu m’as trahi !
t " Mon père, 1170
Cessez de vous troubler, vous n’êtes point trahi :
Quand vous commanderez, vous serez obéi.
Ma vie est votre bien. Vous voulez le reprendre;
Vo^s ordres sans'deToiir pouvaient se faire entendre.
D’un œil aussi content, d’un cœur aussi soumis 1175 ' pue j’acceptais l’époux que vous m’aviez promis, jJe saurai, s’il le faut, victime obéissante,
Tendre au fer de Galchas une tête innocente;
Et, respectant le coup par vous-même ordonné.
Vous rendre tout le sang que vous m’avez donné. 1180 ^'Si pourtant ce respect, si cette obéissance (Paraît digne à vus yeux d’une autre récompense;
Si d’une mère en pleurs vous plaignez les ennuis.
J’ose vous dire ici qu’en l’état où je suis,
Peut-être assez d’honneurs environnaient ma vie 1185 Pour ne pas souhaiter qu’elle me fût ravie.
V. 117o. D'un œil,... d’un cœur. — De pour avec. Voir les vers 819 et 848.