‹ IphigénieChapitre 104 sur 188 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Pensez-vous par des pleurs prouver votre tendresse?

Où sont-ils ces combats que vous avez rendus? 1255 Quels flots de sang pour elle avez-vous répandus?

Quel débris parle ici de votre résistance?

^Quel champ couvert de morts me condamne au silence? Voilà par quels témoins il fallait me prouver,

Cruel! que votre amour a voulu la sauver. 1260

Un oracle fatal ordonne qu’elle expire!

Un oracle dit-il tout ce qu’il semble dire?

Le ciel, le juste ciel, par le meurtre honoré,

Du sang de l’innocence est-il donc altéré?

Si du crime d’Hélène on punit sa famille, 1265

Faites chercher à Sparte Hermione, sa fille ;

Laissez à Ménélas racheter d’un tel prix Sa coupable moitié, dont il est trop épris.

Mais vous, quelles fureurs vous rendent sa victime? Pourquoi vous imposer la peine de son crime? 1270

Pourquoi moi-même enfin, me déchirant le flanc,

V. 125b. Où sont-ils ces combats que vous avez rendus’! — * Peut-on dire rendre des combats, pour soutenir des combats,)) se demande L. de Boisgermain. Peu s’en faut qu’il n’accuse Uacine d’avoir mis rendus parce que soutenus aurait fait un vers de treize pieds et n'aurait rimé que faiblement à répandus. Il n’avait qu’à ouvrir Corneille pour se convaincre qu’il avait sous les yeux une expression, vieillie sans doute à l’époque où il écrivait son Commentaire , ii#ais dont Racine avait le droit de se servir.

Cf. Nicom. III, 4 .

Je n’avais contre Attale aucun combat à rendre,

Cf. encore Pl. Roy., v, 4 :

C’en est fait, Angélique, et je ne saurais plus Rendre contre tes yeux des combats superflus.

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