ACTE V, SCÈNE III
Plus de pitié. Galchas seul règne, seul commande :
La piété sévère exige son offrande.
Le roi de son pouvoir se voit déposséder,
Et lui-même au torrent nous contraint de céder.
Acbiile, à qui tout cède, Achille à cet orage 1C25
Voudrait lui-même en vain opposer son courage :
Que fera-t-il, madame? et qui peut dissiper Tous les Ûots d’ennemis prêts à l’envelopper?
CLYTEMNESTRE
Qu’ils viennent donc sur moi prouver leur zèle impie.
En m’arrachant ce peu qui me reste de vie I 1630
La mort seule, la mort pourra rompre les nœuds Dont mes bras nous vont joindre et lier toutes deux.
Mon corps sera plutôt séparé de mon âme,
Que je souffre jamais... Ah! ma fille!
Ah ! madame !
Sous quel astre cruel avez-vous mis au jour 1635
vers 1629. « D’un côté la haine sous le nom de zèle^ de l’autre, le zèle sans discernement ou sans lumières, se soulevèrent et se réunirent contre les Lettres persanes. » (D'Alembert. Elog. de Montesq.)
V. 1622. La 'piété sévère exige son offrande. — « La religion est ici personnifiée sous le nom de piété. Son ofli ande, c’est l’offrande promise à la piété. 1 (Geoffroy).
Sévère. Voir le vers 1478, et la note.
V. 1625. Achille, à qui tout cède. — Le mot céder se trouve déjà au vers précédent; mais cette répétition ne nous semble pas une négligence: nous croyons au contraire que Racine a répété ce mot avec intention. Achille, à qui tout cède, serait à son tour contraint de céder au torrent.