V. 1635. Sous quel astre fatal avez-vous mis au jour, etc
La constellation sous laquelle on naissait exerçait (on le croyait du moins) une influence décisive sur la vie tout entière.
Cf. Racine (A/f/Ar/rf., i, 2) :
Sous quel astre ennemi faut- il que je sois née !
Cf. Boileau {Art poét., I) :
Si son astre, en naissant, ne l’a formé poète.
Le malheureux objet d’une si tendre amour I
Mais que pouvez-vous faire en l’état où nous sommes ?
Vous avez à combattre et les dieux et les hommes.
Contre un peuple en fureur vous exposerez-vous?
N’allez point dans un camp, rebelle à votre époux, 1 640 Seule à me retenir vainement obstinée,
Fardes soldats peut-être indignement traînée.
Présenter, pour tout fruit d’un déplorable effort,
Un spectacle à mes yeux plus cruel que la mort.
Allez. Laissez aux Grecs achever leur ouvrage, 1645
Et quittez pour jamais un malheureux rivage;
Du bûcher qui m’attend, trop voisin de ces lieux,
La flamme de trop près viendrait frapper vos yeux. Surtout, si vous m’aimez, par cet amour de mère,
Ne reprochez jamais mon trépas à mon père. 1650
CLYTEMNESTRE
Lui, par qui votre cœur à Calchas présenté...
Pour me rendre à vos pleurs que n’a-t-il point tenté?
CLYTEMNESTRE
Par quelle trahison le cruel m’a déçue I
îl me cédait aux dieux dont il m’avait reçue.
Ma mort n’emporte pas tout le fruit de vos feux ; 1655
De l’amour qui vous joint vous avez d’autres nœuds.
Vos yeux me reverront dans Oreste, mon frère ;
Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère !
V. 1645. Allez, laissez aux Grecs achever leur ouvrage. — Voir la note des vers 390 et 874. — Ici, cependant, la construction n’est pas tout à fait la même, et, pour l’analyser, il faudrait dire : Laissez (dans le sens de permettez [sinite] les Grecs achever leur ouvrage.
V. 1650. On sait quelle fut la fin tragique d’Agamemnon. Le vœu dTphigénie ne sera pas exaucé.
V. 1655. Ma mort n emporte pas tout le fruit de vos feux. Le mot feux ne signifie pas autre chose que passion, amour (v. 512 ; sans cela, on pourrait se demander ce que signifie le fruit d’un feu. On trouvera plus bas (v. 1751) fruit de leurs amours. C’est identiquement la même chose.
Voir la note du vers 1557. Cf. Rotrou [Iphxg., iv, 3) :
Ces fruits de notre hymnen eu accrurent la flamme.
V. 1656. DeVamour qui vous joint vous avez d’autres nœuds. Pour dire tout simplement : « Vous avez d’autres enfants que moi. » En général, le nœud et les nœuds signifient le mariage. Cf. Britann. (ii, 2) ;
Atteste les saints droits d’un nœud qu’elle a formé.
Rotrou {Iphig., iv, 3) avait dit avant Racine :
Et comme les enfants sont d’agréables nœuds.
Qui resserrent les cœurs et réchauffent les vœux.
V. 1658. Puisse-t-il être hélas l moins funeste à sa mère! Beauté que