PRÉFACE DE RACINE
qu’ «Alceste, toute jeune et dans la première fleur de son » âge, expire pour son jeune époux »
Ils reprochent encore à Alceste qu’elle a deux grands enfants à marier. Gomment n’ont-ils point lu le contraire en cent endroits, et surtout dans ce beau récit, où l’on dépeint « Alceste mourante au milieu de ses deux petits enfants, qui » la tirent en pleurant par la robe, et qu’elle prend sur ses » bras l’un après l’autre pour les baiser »
Tout le reste de leurs critiques est à peu près de la force de celles-ci. Mais je crois qu’en voilà assez pour la défense de mon auteur. Je conseille à ces messieurs de ne plus décider si légèrement sur les ouvrages des Anciens. Un homme tel qu’Euripide méritait au moins qu’ils l’examinassent, puisqu’ils avaient envie de le condamner. Ils devaient se souvenir de ces sages paroles de Quintilien : « Il faut être extrêmement » circonspect et très retenu à prononcer sur les ouvrages de » ces grands hommes, de peur qu’il ne nous arrive, comme à » plusieurs, de condamner ce que nous n’entendons pas. Et, » s’il faut tomber dans quelque excès, encore vaut-il mieux » pécher en admirant tout dans leurs écrits qu’en y blâmant » beaucoup de choses. » Modeste tamen et circumspecto ju~ dicio de tantis vins pronuntiandum est, ne (quod plerisque accidit) damnent quæ non intelligunt. Ac si necesse est >n alteram errare partem, omnia eorum legentibus placere, quam multa displicere maluerim^ ,