‹ IphigénieChapitre 174 sur 188 · V. 1160. Cal chas est prêt. Madame, et l’autel est paré · texte numérisé non relu

V. 1160. Cal chas est prêt. Madame, et l’autel est paré

’'Ex7:£ixt:£ ':raT8a 8top.àT(i>v irarpè; pLc'xa •

"Qç y£pviê£ç 7:dp£tatv £jTp£7:i(j[J.£vat... (1110-11.)

Fais sortir ta fille des appartements, et envoie-la à son père; tout est prêt pour le sacrifice, l’eau lustrale, etc.

V. 1167. Que vois-je! quels discours! Ma fille, vous pleurez... TÉxvov, Tt x7al£is, ou8’ è'6’ •qSÉwf; ôp5ç,

’Eç yf,v 8’ EpEi'ffao-’ ojxpia TrpoaO’ £/£'.<; 'TüsttXouç; — (1122-23). Tl 8’ £!îTiv ; w; [xoi tAyzs<; eIç êv -qxEXE,

Luyyujiv è'yovxc;; xai xapaypLÔv ôapLdxwv... (1124-25). ’A7:(üXd{jL£a6a. npoo£8oxai xà xpuTrd [xou (1140).

Ma fille, pourquoi pleurer et ne plus me regarder avec joie? Pourquoi, les yeux baissés vers la terre, te voiles-tu de ton peplus?... Qu’y a-t-il donc, d’où vient que vous vous accordez tous à me montrer ce trouble et cet air éperdu?... Je suis perdu, mes secrets sont trahis.

V. 1189. Fille d’Agamemnon, c’est moi qui la première... üpwxTj 8’ £xd>v£aa Traxipa, xal aù '7:ai8’ £p.£*

APPENDICE

5è yovaai aotui ffwtxa 6oua’ I{i6v yd^i'zoL'; è'5w%a xàvTsSs^ocfjLï^v.

La première je t’appelai du nom de père, et tu m’appelas ta fille; la première, livrant mon corps à tes genoux, je te donnai et reçus de toi de tendres caresses.

V. 1216. Voici, en entier, le discours que Tlphigénie d’Euripide adresse à Agamemnon. (Voir à V Appendice, § 9, les réllexions que ce discours a suggérées à Saint-Marc Girardin.)

« Mon père, si j’avais la parole d’Orphée, si j’avais la persuasion qui attire les rochers, si je pouvais, par mes discours, encliaiiter qui je voudrais, je m’en servirais en ce moment; mais je n’ai pour art que mes larmes, que je laisse couler devant vous. C’est par là seulement que je peux quelque chose. Laissez-moi, comme une suppliante, prosterner à vos genoux ce corps destiné à un si prompt trépas, et que ma mère a enfanté avec douleur. Ne veuillez pas que je meure avant le temps: la lumière est si douce à voir! Ne me faites pas descendre aux ténèbres souterraines. C’est moi qui la première fois vous ai appelé père; c’est moi qui, placée sur vos genoux, recevais et vous rendais vos caresses. Vous me disiez alors: Quand te verrai-je, ma fille, heureuse et Itère dans la maison d’un époux? — Et moi, je vous disais, en attachant mes mains à votre menton, comme je le fais encore en ce moment, pauvre suppliante : « Mon père, quand vous » serez vieux, je vous recevrai sous l’abri de ma maison, et je vous » rendrai les soins que j’ai reçus de vous. » — Je me souviens encore de ces discours; mais vous, voiis les avez oubliés, puisque vous voulez que je meure. Non, mon père, au nom de Pélops etd’Atrée! au nom de ma mère, qui a tant souffert à ma naissance et qui souffre plus cruellement aujourd’hui, non! Et qu’ai-je à faire avec les fautes de Pâris et d’Hélène? Pourquoi Hélène m’e>t-elle fatale? Regardez-moi, mon père, donnez-moi un regard et un baiser, afin que j’aie au moins, avant de mourir, ce souvenir de vous, si vous ne vous laissez pas toucher par mes paroles. — Mon frère, tu es bien faible encore pour me secourir ; mais pleure avec moi, prie mon père que ta sœur ne meure pas! — Voyez, les enfants sentent aussi la douleur; voyez, il vous supplie, mon père. Epargnez-moi, ayez pitié de ma vie. Vos deux enfants, l’im faible encore, et l’autre, hélas! qui a grandi pour mourir, touchent, en suppliants, votre menton. — Mon père, je veux vous convaincre par une dernière parole : rien n’est plus doux pour les mortels que de voir le jour; personne ne souhaite la nuit des enfers; c’est folie que de vouloir mourir. Mieux vaut une malheureuse vie qu’une belle mort! »

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