‹ IphigénieChapitre 29 sur 188 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Retiendra sans péril la sœur de votre femme? 230

AGAMEMNON

Hé quoi ! votre valeur, qui nous a devancés,

N’a-t-elle pas pris soin de nous venger assez?

Les malheurs de Lesbos, par vos mains ravagée. Epouvantent encor toute la mer Egée :

Troie en a vu la flamme, et jusque dans ses ports, 235 Les flots en ont poussé le débris et les morts.

Que dis-je? les Troyens pleurent une autre Hélène Que vous avez captive envoyée à Mycène :

Car, je n’en doute point, cette jeune beauté

Garde en vain un secret que trahit sa fierté ; 240

Et son silence même, accusant sa noblesse.

Nous dit qu’elle nous cache une illustre princesse.

ACHILLE

Non, non, tous ces détours sont trop ingénieux :

Vous lisez de trop loin dans le secret des dieux.

Moi, je m’arrêterais à de vaines menaces? 245

Et Molière [Tartuffe^ iii, 5) :

Et je l'ai surpris là, qui faisait à madame L’injurieux aveu d'une coupable flamme.

V. 230. La sœur de votre femme. Cette périphrase, comme le fait remarquer Luneau de Boisgermaia, « en dit beaucoup plus Hélène. »

V. 232. Nous venger assez. Les autres princes qui avaient prétendu à la main d’Hélène, soit!... mais Ménélas (qui, du reste, ne paraît pas dans la pièce de Racine) ne pouvait décemment être de cet avis.

v. 236. Le débris (1697) et non les débris^ comme on l’imprime dans les éditions modernes.

Cf. Brébeuf {Phars., I) :

Et pour lui la grandeur n'est point d’assez haut prix,

S’il ne s’y voit monté par un fameux débris.

Et Corneille {Pomp., v, 1 j :

. . . Ramassant sous lui le débris d'un naufrage,

Je lui dresse un bûcher à la hâte et sans art.

Cf. Racine [Bérénice, ii, 2) :

Je fondais mon bonheur sur le débris des lois, v. 238. Que vous avez captive envoyée à Mycène. Voir, pour celte construction, le vers 155 et la note.

v. 239. Cette jeune beauté. — Beauté, belle personne.

Corneille [Bodog , i, 5) :

Va le voir de ma part, Timagène, et lui dire Que pour cette beauté je lui cède l’empire.

Cf. Victor Hugo [Od., iv, 3) :

Et ces jeunes beautés, qu’elle effaçait encor,

Croyaient voir la fille de l’onde.

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