SCÈNE II
Seigneur, où courez-vous? et quels empressements Vous dérobent sitôt à nos embrassements?
A qui dois-je imputer cette fuite soudaine?
Mon respect a fait place aux transports de la reine ;
Un moment à mon tour ne vous puis-je arrêter? 535
Et ma joie à vos yeux n’ose-t-elle éclater?
Ne puis-je...?
AGAMEMNON
Hé bien, ma fille, embrassez votre père;
Il vous aime toujours.
Que cette amour m’est chère !
Quel plaisir de vous voir et de vous contempler
Dans ce nouvel éclat dont je vous vois briller! 540
Quels honneurs, quel pouvoir ! Déjà la renommée
Par d’étonnants récits m’en avait informée ;
Mais que, voyant de près ce spectacle charmant,
Je sens croître ma joie et mon étonnement !
Dieux ! avec quel amour Ja Grèce vous révère! 546
Quel bonheur de me voir la fille d’un tel père !
V. 531. Quels empressements, c’est-à-dire « quelles affaires si pressantes.» V. 536. N’ose-t-elle, ne peut-elle pas oser éclater ?