ACTE II, SCÈNE II
AGAMEMNON
Vous méritiez, ma fille, un père plus heureux.
Qiielle félicité peut manquer à vos vœux ?
A de plus grands honneurs un roi pent-il prétendre ?
J’ai cru n’avoir au ciel que des grâces à rendre. 550
AGAMEMNON
Grands dieux ! à son malheur dois-je la préparer ?
Vous vous cachez, seigneur, et semblez soupirer;
Tous vos regards sur moi ne tombent qu’avec peine ; Avons-nous sans votre ordre abandonné Mycène ?
AGAMEMNON
Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux ; 555
Mds les Jemjis sont changés, aussi bien que les lieux.
D^ïïn soin cru^ est ici combattue.
Tp~higé¥ie.
Hé î mon père, oubliez votre rang à ma vue^
Je prévois la rigueur d’un long éloignement.
N’osez-vous sans rougir être père un moment? 560
Vous n’avez devant vous qu’une jeune princesse ^
A gui j’avais pour moi vanté votre tendresse,
Cent fois lui promettant mes soins, votre bonté. <^'
J’ai fait gloire à ses yeux de ma félicité ;
"’Que va-t-elle penser de votre indilférence ?
Ai-je flatté se¥vœÏÏx"(Tune fausse espérance? N’éclaircirez-vous point ce front chargé d’ennuis?
AGAMEMNON
Ah ! ma fille I
V. bo7. D'un soin cruel ma joie est ici combattue. — Soin, inquiétude.
A quoi bon charger votre vie Des soins d’un avenir qui n’est pas fait pour vous ?
(La Fontaine, vin, 22.)
BossuetfOr.de Henriette de France) : En même temps, chrétiens, un autre soin me travaille ; ce n’est pas un ouvrage humain que je médite.
Cf. Racine [Brit., ii, 3);
Si tant de soins ne sont adoucis par vos charmes.
V. 564. Faire gloire. Faire, dans le sens de tirer. Cf. Molière (A/zs., i, 2) ;
Ce style figuré dont on fait vanité.