PRÉFACE
Il n’y a rien de plus célèbre dans les poètes que le sacrifice d’Iphigénie. Mais ils ne s’accordent pas tous ensemble sur les plus importantes particularités de ce sacrifice. Les uns, comme Eschyle dans Agamemnon Sophocle dans Electre et, après eux, Lucrèce^, Horace^ et beaucoup d’autres, veulent qu’on ait en effet répandu le sang d’Iphigénie, fille d’Agamemnon, et qu’elle soit morte en Aulide^. Il ne faut que lire Lucrèce au commencement de son premier livre ;
Aulide quo pacto Trivial virginis aram Ipliianassai turparunt sanguine fœde Ductores Danaum, etc.
Et Glytemnestre dit dans Eschyle® qu’Agamemnon, son mari, qui vient d’expirer, rencontrera dans les enfers Iphigénie, sa fille, qu’il a autrefois immolée.
D’autres ont feint que Diane, ayant eu pitié de cette jeune princesse, l’avait enlevée et portée dans la Tauride, au moment qu’on l’allait sacrifier, et que la Déesse avait fait trouver en sa place ou une biche ou une autre victime de cette na-
* Le titre de la tragédie de Racine, dans toutes les éditions publiées de son vivant (de 1675 à 1697), est Iphigénie. C’est au dix-huitième siècle que l’on a ajouté en Aulide.