ACTE III, SCENE VI
— ^ Faut-il le condamner avant que de l’entendre?
Hélas! de tant d’horreurs son cœur déjà troublé Doit-il de votre haine être encore accablé? 1020
Quoi, madame ! parmi tant de sujets de crainte,
Ce sont là les frayeurs dont vous êtes atteinte !
Un cruel (comment puis-je autrement l’appeler?)
Par la main de Galchas s’en va vous immoler ;
Et lorsqu’à sa fureur j’oppose ma tendresse, 1025
Le soin de son repos est le seul qui vous presse !
On me ferme la bouche! on l’excuse ! on le plaint !
C’est pour lui que l’on tremble, et c’est moi que l’on craint! Triste effet de mes soins! Est-ce donc là, madame,
Tout le progrès qu’Achille avait fait dans votre âme? 1030
Ab ! cruel, cet amour, dont vous voulez douter,
Ai-je attendu si tard pour le faire éclater?
Vous voyez de quel œil, et comme indifférente,
J’ai reçu de ma mort la nouvelle sanglante :
Je n’en ai point pâli. Que n’avez-vous pu voir 1035
A quel excès tantôt allait mon désespoir.
Quand, presque en arrivant, un récit peu fidèle é M’a de votre .incüDStance annoncé la nouvelle!
[Quel trouble, quel torrent de mots injurieux ! [1039]
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gération de la piété filiale. A l'acte II, se. ii, Iphigénie dit à son père : Vous vous cachez, Seigneur, et semblez soupirer ;
Tous vos regards sur moi ne tombent qu’avec peine...
De son côté, Agameninon dit bien à Iphigénie que la perte de Paris «à ses vainqueurs coûtera bien des larmes;» mais nous ne voyons pas le père d’Iphigénie pleurer sur la scène.
V. 1026. Le soin de son repos est le seul qui vous presse. Le soin, voir vers 557, 583 et 615 ; presse^ voir le vers 479.
V. 1029. Triste effet de mes soins. Soins a ici le même sens qu’au vers 594