‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 4 sur 62 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Ils brûlent de venger notre commun outrage.

Je les commande tous, et c^est pour mon malheur,

Vieillard, que j'ai reçu cet éclatant honneur.

Eh quoi! nous nous flattons de mettre Troie en cendre,

Déjà de ses débris nous comblons le Scamandre,

Lorsque toujours les vents, suspendus sur les eaux,

Dans le calme du port retiennent nos vaisseaux !

Pourquoi cette disgrâce et quel est ce prodige ?

Les rois sont inquiets, tout le camp s'en afflige.

Où sont ces beaux exploits qui nous étaient promis?

Le ciel va-t-il combattre avec nos ennemis?

L'un accuse Apollon de nous être contraire.

L'autre Ares, l'autre Zeus, qui tonne sur la terre;

Mais le fils de Thestor, Calchas, le plus fameux

Parmi tous les devins favorisés des dieux.

Proclame qu'Artémis, d'une offense secrète

Contre les Grecs outrée, à ces bords nous arrête,

Et que sans balancer nous devons promptement

Apaiser d'Artémis le fier ressentiment.

Qu'à son autel enfin il faut qu'on sacrifie...

l6 IPHIGÉNIE

LE VIEILLARD

Achève, Agamemnon,

AGAMEMNON

Ma fille Iphigéniel

LE VIEILLARD

Malheureux, qu'ai-je appris?

AGAMEMNON

Cet oracle odieux Épouvante la terre et fait injure aux cieux.

A peine je Tentends, qu'aussitôt je décide De quitter et le sceptre et la lance homicide^ De renvoyer l'armée et de ne plus songer Que d'un frère j'avais l'injustice à venger.

Quoi 1 moi-même trancher cette charmante vie Et voir couler le sang de mon Iphigéniel

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