LIVRE V
sur l'herbe ; mais celle où Ipsiboé révèle à son fils adoptif les secrets de son origine, et les devoirs qu'il a à remplir, cette lettre importante est perdue. Araalric, quittant le pas (Valûmes , avait sans doute emporté avec lui les restes de la lyre brisée, car ils ne couvraient plus le gazon; et sur le rivage désert, toutes perquisitions pour les retrouver avaient été infructueuses.
Le chagrin d'Alamède est extrême. Comment oser redemander un second écrit à la dame mystérieuse!... D'ailleurs, au pouvoir de Bruys, où peut-elle être en ce moment?
oc — Seigneur! dit Izorin à son maître, )) hier le baron en secret m'a interrogé sur y) vos relations avec Ipsiboé , sur la route )) qu'avaient prise les brigands qui l'enle- )) vaient, puis sur d'autres sujets encore.... )) et de nombreux cavaliers ensuite, sortis )) du castel par son ordre , se sont mis à la )v poursuite des manichéens.... Je les ai » revus ce matin : ils avaient sauvé la y) captive. Ils me l'ont dit eux-mêmes, elle )) est libre. »
:21b rpsiBOE.
Hugues de MonteroUes , armé de toutes pièces, se présente à l'entrée de la salle.
« — Ecuyer! dit le paladin, charge-toi )) de mes gantelets; voici mon bouclier, )) prends ton glaive , et va seller nos desw triers!
5) — Qu'ai-je entendu ! s'écrie le pâtre.
» — Cher Izorinî dit Alamède, le sort y) m'oblige à te quitter. Troubadour, j'ai y> brisé ma lyre; écuyer, je romprai des )) lances....
)) — Hélas ! vous me fendez le cœur. »
11 répand des larmes amères. a — Bon et » fidèle serviteur, reprend l'orphelin aty> tendri, retourne en tes foyers, vis pai- )) sible dans ta chaumière, et renonçons )) tous deux sagement à nos premiers pro- » jets. La Jonglerie te convient peu. Ce )) n'est point à l'être sensible qu'il appar- » tient d'être grotesque. (Eil qui pleure ne )) fait point rire; et pour être un vrai char- )) latan, pour bien duper la populace, il )) t'eût fallu d'abord, exerçant ton art sur » toi-même , t'escamoter ta loyauté. Puis » quel gain eût valu la perte !