LIVRE V. J32I
» L'anathème est écrit en lettres sanglantes y> sur les murailles de ce temple ; et ici , » depuis cette époque , aucun enfant n'est » baptisé , aucun couple ne se marie , et » personne n'est enterré.
» — Voilà bien des peines épargnées !.... y> dit l'orphelin. En ce canton , pour naître, » épouser et mourir, la besogne est sim- » plifiée. Les siècles futurs le croiront- » ils!....
» — Les siècles futurs , dit le preux , se » moqueront de nos usages , et les suivans » riront des leurs.
» — • Que je hais l'abbé de Mont- Jour ! )) Le connaissez-vous , seigneur Hugues ?
» — Sans doute ; j'ai chassé avec lui. » Bon vivant, joyeux compagnon, il ex- » celle à tirer de l'arc j nul ne dresse mieux
qu'il est ici raconté. C'est le second exemple que fournit l'histoire de Provence d'un interdit local. Le premier eut lieu au sixième siècle. ( Ployez Papon, Hist. de Prov,\, II, 1. III.) Cet abbé de Mont-Jour est souvent mentionné dans l'histoire du temps.
3) un faucon et n'embouche aussi Lien un )) cor. Il aime à décoclier une flèclic aulant )) qu'à chanter une antienne, et il anathé- 3) matise un hameau le matin aussi lestei) ment qu'il poursuit le soir une hiche.
)) — Mais, dit Alamède, le pape....
» — Et justement, c'est là le diable !....>/ s'écrie Hugues sans remarquer l'équivoque irréligieux de l'exclamation trop hâtée , (( nous avons maintenant deux papes; il en )) faudrait....
» — Peut-être un troisième , interrompt )) l'écuyer malin. Qui sait! il nous viendra y) par la suite (i) : abondance de bien ne )) nuit point , et le nombre trois est heu- 3) reux. n
Alors, du haut d'une éminence, les hauts clochers de la ville d'Aix ont frappé les regards du chef. 11 pique les flancs de son destrier; et tout à l'espoir de revoir bien-
(i) On en vit t'ois au coiuracncenicnt tlu x|uiazlèmc siècle.