LIVRE V. 23ï
il u'a point de cotte d'armes. Sa lance est d'qii bois rouge et doré, mais elle porte un étendard; et c'est la bannière du maître (i).
Alamède a tuaversé une partie de la ville, et son étonnement angmente à chaque pas. Ayant passé sa jeunesse en un manoir gothique au fond d'une province , il se croit transporté dans un royaume de prodiges. Les bijoux et orfèvreries étalés le long des maisons par les juifs et marchands forains lui semblent une réunion des richesses du monde entier; et les jeunes filles de la cité, blanches comme les prêtresses de Yesta, couronnées comme les vierges de Samos, lui paraissent un rassemblement de toutes les déités de la Fable.
Peu occupé des objets qui l'entom-ent , le sire de Monterolles instruit le jouvencel du
(,i) Voyez j sur les distinctions établies dans les cosUinaes et orneraens des chevaliers et leurs éGU}«rs , La Curne Sainte-Palaye , 1. 1. — Flore de Grèce j folio 5/,
rôle qu'ils auront tous deux à remplir à la revue où ils se reudent. Les chevaliers venus à la fête, suivis chacun de leur écuyer, passeront deux à deux, et la visière baissée, sous le balcon de Zénaïre. Us ne devront point lever un œil hardi sur la reine ; ils se contenteront de la saluer humblement , les paladins avec leur glaive, et les armais avec leur bannière. Sous aucun prétexte, ils n'arrêteront ni ne détourneront les pas de leur coursier, de crainte d'interrompre la marche et de troubler l'ordre de la céré monie- enfin ils garderont un silence respectueux devant la fille de Raymond, et ne se permettront ni gestes ni remarques. I/orphelin d'Aiguemar n'entend (|ue confusément les recommandations de son chef Son attention est absorbée par les scènes toujours nouvelles qui se succèdent à ses yeux. Il longe les murs du palais (i).
(i) Il y avait à ce palais trois tours , dont une ( selon Bouche, Hist. de Prov.j 1. 1, p. 70) fut la demeure de Gennaserich ; l'autre , le Trésor public j et la troisième, un temple à la déesse Béré-