LIVRE VI
mais à tout hasard s'eucoiirage à mener l'a^e^tllre à fin.
(( — Le duc , se dit-il, va paraître. Si pour » répondre à ses discours il ne me vient nul » subterfuge, je lui parlerai par sentences à ;) la manière d'Ipsiboé. Faute d'idées, j'aurai » des mots • ce grand secret des plumes vides )) est aussi l'art des langues fines. J'essaierai » parfois l'ironie, qui n'est une réponse à )) rien 5 puis le langage énigmatique, qui » peut s'adapter à tout. Enfin si je ne trouve » rien de mieux , je me retrancherai noble- » ment dans la dignité du silence ; c'est l'én loquence souveraine, qui se commente, )) qui s'explique, qui s'interprète à volonté. » L'incapacité quelquefois se donne des airs )) du sublime. »
Le puissant suzerain s'avance. Quelques pages portant des flambeaux le précèdent. Alamède l'a reconnu. C'est le grand-maître des templiers qu'il a vu à Saint- Clirisogone. Sans trouble et de l'air le plus grave, il lui présente sa lettre. Le chef hautain, pour tout salut, laisse tomber sur lui un regard
êe bienveillance protectrice* puis il prend l'écrit en silence.
O surprise! A peine en a-t-il parcouru les premières lignes, que, découvrant à la hâte sa tète blanchie par les années et courbant son front vénérable devant le page d'Aiguemar : « — Quoi! seigneur.' c'est » vous?.,, lui dit^il. Ali! béni soit ce jour «prospère! Tous mes vœux enfin sont » comblés. }}
Confondu d'étonnement , et ne comprenant rien à cet accueil aussi étrange qu'inattendu, aussi flatteur qu'inexplicable, l'orphelin répond hardiment : ce — Oui , c'est n moi-même, noble duc... Ce jour à tous » deux est prospère, et mes vœux répondent » aux vôtres.
» — Enfin Ipsiboé, reprend le chef, cède » à nos prières instantes; elle aura vu nos » nouveaux frères, qui se sont rendus au- » près d'elle?
)) — Je l'ai laissée, dit Alamède, parlant » à toute une cohorte.
)) — Seigneur , ajoute le vieillard , aujour^