LIVRE vr. 2Qr
Le templier est de retour. « — Venez )) noble seigneur .'lui dit-il. Nos dignitaires » rassemblés vous attendent impatiemment. )) — Que cet empressement me flatte.' » lui répond ï élève d'Eral; ce j'en suis, je » puis vous l'assurer, aussi touché que je » dois l'être.
» — Cet accueil doit peu vous sur- » prendre; vous avez droit à nos hommages. » Notre cœur est sans artifice, notre dévoue- » ment est sans bornes, et notre espoir vous » est connu.
» — Heureux les cœurs sans artifice!... » dit le jouvencel déguisant un rire étouffé sous une exclamation pathétique; « gloire » à qui noblement se dévoue !.... Espérances 3) des âmes justes! c^est vous qui jamais ici- » bas ne devriez être trompées.... »
A cette emphatique sen tence , le vieillard étonné tressaille.
« — Seigneur, de fâcheuses nouvelles » vous seraient-elles parvenues ?
^)-— Aucune, répond Alaméde. Seule- )) ment sur certaine affaire.... j'attends des » éclaircissemens.
» — Mais aiiriez-vous conçu la crainte )) que nos entreprises n'échouent?
» — Je ne crains rien à cet égard. Sur le )) résultat de vos entreprises , j'ail'àmepar- » faitenient tranquille.
» — Et vous savez quelles sont nos for- )) ces?... poursuitvivement le grand-maître. » Les Forcalquiers (i j enfin sont à nous.
)) — Ah! que le ciel en soit loué! » s'écrie joyeusement le page.
c( — • L'heure propice est arrivée.
» — Profitons des heures propices.
y) — Si les Toulousains nous secondent, )) avant peu nous triompherons j nos frères )) saisiront leurs glaives.
(( — Je tiens le mien ! » dit Alamède por-
(i) L'illustre maison de Forcalquier joue le plus grand rôle dans l'iiistoire de Provence. Ses membres furent princes souverains, et leur puissance fut grande. Ils avaient un état assez vaste et de belles armées. Le comte Guillaume se déclara pour Alpbonse Jourdain , dans les guerresde ce dernier contre Raymond Bcrenger. T'oyes. Papou, Hist.de Provi