‹ IpsiboéChapitre 157 sur 287 · LIVRE VII. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE VII. 3l

A l'extrémité de l'enceinte, les gentifemmes ( i ) étaient assises. Il découvre son front devant elles : et sans réfléchir s'il manque ou non à l'étiquette, si ses actions sont régulières, ou ses manières déplacées, il les remercie toutes, par le plus aimable sourire, de leurs démonstrationsobligean tes. Sans leur adresser la parole, il a su leur dire qu'elles étaient belles ; et son salut est à la fois galant, respectueux et tendre.

Prêt à quitter la galerie^ il se tourne vers les chevaliers; et pour surcroit de hardiesse , il les congédie en monarque par un simple adieu de la main , ainsi qu'après une revue un chef renvoie ses officiers, ou comme, avec deux doigts levés, bénédictif«i de clôture, uji saint prélat vide une église.

Au fond de ses appartemens , en un oratoire solitaire, entourée de tout ce que le luxe a de plus raiTmé, la belle reine de Pro-

(i) Dames d^honneur.

vence attend l'orphelin d'Aiguemar. Sur un divan asiatique, négligemment penchée contre des coussins de drap d'azur parsemés de feuilles de rose et garnis de crépines d'or, la fille de Raymond est assise; mi voile en dentelles d'argent est jeté sur ses blonds cheveux, qu'un bandeau de perles relève. Un tendre demi-jour l'éclairé; des parfums brûlent autour d'elle. Fraîche comme la jeune Hébé, attrayante comme Cypris, mystérieuse comme Diane, éblouissante comme Iris, elle seule est tout un Olympe : Alamède, introduit près d'elle, se croit entré magiquement dans le temple des voluptés, au sanctuaire des amours.

La riche parure du jouvencel a d'abord étonné la reine; elle sait que, simple écuyer, il n'a ni parens ni fortune : d'où lui viennent donc ses richesses?....

Les traits charmans de l'ancien page, sa physionomie vive et riante, son maintien noble et assuré, sa jeunesse ingénue et fière , ont de nouveau plaidé pour lui. L'altière princesse est troublée. Pour la pre-

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