‹ IpsiboéChapitre 165 sur 287 · LIVRE VII t · texte numérisé non relu

LIVRE VII t

litesse affectueuse qui semblent exprimer quelque chose et pourtant ne signifient rien.

Bientôt il écarte sa suite , monte l'escalier du palais , et seul avec le jouvencel : (( — Comte Edgar, dit- il à voix basse, le » Grand Cercle a-t-il ses lumières?.... Nos » amis sont- ils rassemblés?

)) — Noble duc ! » répond l'orphelin d'un air non moins mystérieux, » les téy> nèbres ont leurs clartés , le monument a » ses colonnes. »

Mais en pareille circonstance , et d'après les us du Saint Ordre , cette répartie et ce style n'étaient point sans doute orthodoxes, car le duc paraît étonné ■ néanmoins 41 poursuit ainsi :

» — • J'apporte des nouvelles heureuses. » Bientôt l'aiglon par nous lancé prendra » son essor vers les cieux.

■»— «Pas trop haut! réplique Alamède :

» qu'il ne se perde point dans les nues ! »

Arrivé à son appartement, qu'il parcourt d'un air agité : « — Comte Edgar! s'écrie » le grand-maître, mes vœux enfin vont

)) s'accomplir. A pas pressés le siècle mar- » che.

» — Asseyez-vous, dit Porphelin : vous j » avez besoin de repos: vous devez être | » fatigué. y> ]

Le templier n'a point remarqué le sourire moqueur de l'ancien page , tout entier à ses vastes plans : « — En mon absence , re- » prend-il, vous êtes -vous prudemment » tenu caché sous ces murs? Personne ne )) soupçonne-t-il votre arrivée en cette ville? i) Avez-vous fui tous les regards ?

» — Seigneur, » répond le jouvencel .

avec une fermeté imposante , « le ciel sait | )) comment j'ai suivi vos sages recomman- » dations. Je n'ai vu que ce qu'il me faln lait voir; j'ai tu ce que je ne pouvais » dire ; je n'ai rien divulgué de ce que vous » cachez; et, digne de mes destinées, si )) je n'ai point été entièrement ce que je >) devais être , du moins je suis resté ce que » j'étais. »

Le chef a peu compris la réponse ; mais persuadé que le langage énigmatique du comte Edgar, à la manière d'Ipsiboé, ren-

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