‹ IpsiboéChapitre 17 sur 287 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

<|ue la princesse Zénaïre, avait repris upe seconde femme , qui , héritière des royaumes d'Aragon et deNavarre , venait de lui assurer deux nouvelles couronnes (i). Pour un prince faible , un diadème est souvent d'un tel poids qu'il le fait plier et l'écrase j mais un héros leste et tranchant en porte une vingtaine à la fois, et n'en a la tète que plus haute. Piaymond , pour aller régner en Espagne, doit quitter sa Provence démembrée ; avant d'abandonner Aix, il assemble les grands de la nation, et leur fait part, à leur grand étonnement , du voeu généralement ignoré, et pourtant, selon lui, hautement manifesté par le peuple, d'être gouverné par Zénaïre ; puis il proclame son auguste fille souveraine de la Provence. La céré-

(1) Ce Raymond était le deuxième de ce nom. Il épousa Pétronille, fille du moine Ramire, que les peuples d'Aragon et de Nararre se choisirent pour roi. Voyez Diag. cond. de Barc.j p. 170. — Arch. de Saint-Gill., liass. de man., n. 4. — IILst. du Languedoc j t. II, p. ^\^. — Roder. Tôle t. j 1. 6 , c. 5. — Marianjïiv. 10, c. 16.

3^ Bdit. Tom. I. 3..*

monie du couronnement fut , par mégarde ou non, supprimée; mais une onction de plus ou de moins importe peu, dit-on, à l'affaire.

Hélas ! le rèsne de Zénaïre commençait sous les plus funestes auspices. Raymond Bérenger, reconnu par le Pontife romain roi légitime de la Provence, avait déclaré ne plus vouloir relever de l'Empire , mais du Saint-Siège. Furieux de cet affront , Frédéric I", engageant Alphonse Jourdain à envahir de nouveau les états de son ancien rival , et s'obligeant à lui payer une partie des frais de la guerre, lui promettait l'investiture du royaume de Zénaïre, sitôt qu'il en aurait fait la conquête (i).

Tant que Raymond avait séjourné à Aix , la présence du héros avait sufli pour imposer au comte de Toulouse et aux enne-

(0 ^oyez Papou, Histoire gên. de la Prov. — Bouche, Essai su?- L'Jilst. de Prou. • — C'est ce Frédéric qui fut surnommé Barherousse. 11 se uoya clans la Cihcîe , en se baignant dans la petite rivière de Fer.

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