LIVRE viir
tent les plus riches, offrandes 5 là s'opèrent de nornbreux miracles ; et là séjourne une religieuse âgée, qui, revenvie depuis peu de la Palestine, y vend aux fidèles diretiens les antiquités les plus rares, et les plus précieuses reliques (i). Récemment une dame de haut parage avait obtenu de cette sainte femme, à force d'or et de prières ^ vingt lentilles, presque en poussière, venant du fameux plat d'Esaû j une mèche des cheveu:^ d'Absalon , prise à l'arbre qui l'accrocha; un morceau de la langue de Balaam , coupé après qu'elle eut parlé; le célèbre clou de Jahel tiré du front de Sisaxn', et trois crins du boeuf de la crèche. L'orphelin avance et tressaille.... Der-
( i ) A cette époque , il p'est pas un individu c|ui , né chrétien, ne vouhit ayoir des reliques. Pour s'en procurer, on employait, à défaut d'argent, la ruse et la violence, (^p^oyez Luitpr.,1. IV, ch.XTI) Delà vint le trafic scandaleux des fausses reliques , contre lequel l'Eglise fut Qb^i^ée de ^r^ijdre des mesures sévères. Voyez tous les bi^tpf'iens français.
rlère l'épais taillis des bois, il croit ouïr un son plaintif.... Ah! si déjà la reine est au pouvoir de ses ennemis, comment la délivrera-t-il!.... Roland, selon le véridique Turpin, sur cent guerriers qu'il attaquait,
en tuait seul quatre-vingt-quinze.
mais Alamède est -il Roland! Le comte d'Angers, de la même lance qui venait de transpercer deux soldats , en enfilait encore un troisième, et jetait en l'air la brochette (i)..-- mais qui copierait ce grand homme ! Désarmé , le neveu de Charles , en saisissant de chaque main les têtes de ses adversaires, les arrachait, selon l'histoire, comme on cueille une prune mûre (2) ; mais le comte Edgar aux combats est loin d'être de cette force, et peut-être même jamais ne fera si hautes prouesses , et surtout exploits aussi vrais.
Les vents agitaient la cime des arbres , et des nuées couvraient le ciel. L'orphelin
(1) Roland le furieux j Arioste.
(2) Voyez l'Arioste.