LIVRE IX
badourj et désirant entendre sa voix, elle le fait prier par un de ses chambellans de lui chanter quelques rondeaux. Le désir de punir l'insolence marquée des courtisans à son égard , d'effrayer les traîtres , st de se venger d'une reine ingrate en rabaissant sa fierté, s'empare à l'instant de ion âme. Il accepte la lyre offerte; et ne songeant ni à l'audace de son projet, ni aux suites qu'elle peut avoir, l'imprudent, qui jamais ne sut réfléchir, chante d'une voix larmonieuse ce sir vente qu'il improvise.
Fille des rois, un vil encens Pem-il flotter ton âme altière ! . . .
Vains éloges ! trompeurs accens !
Toutes les reines de la terre Ont entendu les mêmes chants.
Seul , je te parle sans détour
Sur le sol de la flatterie.
Ouvre enfin les yeux au vrai jour!
Je ne vois que la perfidie
Dans les cœurs où tu vois l'amour.
A cette seconde strophe, une rumeur toujours grossissante interrompt le chantre inspiré, Zénaïre , vivement agitée, laisse
apercevoir son trouble. Ses dames, d'un œii îrrité , désavouent leur ancien protégé. Aucun signe d'approbation n'encourage le
troubadour et cependant il continue
avec une énergie nouvelle :
Quand Porage gronJe à l'entoui ,
Tu tlors sans ouïr le tonnene.
Tremble, idole de ce séjour !
Autour des troncs delà terre ♦
Est un vaste gouffre... la ccur.
Reine! ici quel flatteur accueil Ont reçu de folles lonanges !
Ah! des grandenrs quel est l'c'cueil?
Qui perdit le roi des archanges?
Ce qui t'e'garc aussi... rorgucil.
Un cri général d'indignation est parti de tous les points de la galerie. La souveraine s'est levée, et rentre en ses appartemens : elle n'a pas eu la force de commander à
ses gardes l'expulsion du téméraire
Mais , sortir courroucée de la salle , c'est donner tacitement aux officiers de son palais l'ordre de sévir contre lui.
Ses genti-femmes et une partie de sa cour l'ont suivie. Les poëtcs et les troubadours