UVRE IX
S écartent avec effroi d'Alamède comme si la lèpre l'eût frappe. Les harpes ne résonnent plus. Le salon des fétes se vide
et un silence menaçanty succède aux chants d'allégresse,
^ Alors, ayant déposé sa lyre au pied de l'estrade royale , le jouvencel , calme et serem, traverse l'enceinte à pas lents... Mais le sénéchal, sa baguette blanche levée, s'avance vers lui d'un air grave, lui ferme le passage et s'écrie : u ^ Audacieux aventu- » rier ! obscur orphelin d'un hameau ! qu'un M châtiment juste et vengeur punisse enfin » ton impudence. »
Jetant un regard moqueur sur le pourpomt rose et argent du représentant de la
:eme : «—Noble vieillard! „ dit Ala-
nède.
^< — Insolent et vil bateleur! » interompt le haut dignitaire, ce rends-moi sur- ) le-champ ton épée! tu n'espoint fait pour > la porter.
>) - Sans mon respect pour les cheveux ) blancs, » lui répond l'élève d'Eral, cde )chef qm m'ose ainsi parler, posséderait
XIO IPSIBOÉ.
» bientôt ce fer.... mais au milieu de sa poi- )) trine. ))
Le sénéchal, non moins emporté qu'orgueilleux , ne se contient plus à ces mots , et fond sur lui à main armée. Irrité de cette attaque aussi lâche que brusque , l'orphelin d'Aiguemar recule, esquive l'atteinte perfide , et tirant son glaive à la hâte , a paré les coups ennemis.
Les officiers du palais qui, par respect pour le rang élevé du parent de leur souveraine, s'étaient tenus à l'écart, s'empressent de voler à son aide. Hélas ! il est déjà trop tard. Le sénéchal , en son aveugle rage, s'est jeté sur le fer d'Alamède , et s'est percé lui-même.... 11 tombe baigné dans son sang.
Autre scène, nouveau tumulte! les chevaliers d'honneur de la reine accourent aux cris du blessé. Le vainqueur n'avait point frappé, il n'avait fait que se défendre. N'importe, les preux le saisissent, et le déclarent assassin. Il est traîné chargé de chaînes , vers ime des prisons du palais. Avoir osé lever une arme homicide sur un prince du