LIVRE r
délies guerrières. A la cour, les gardes du trône se paraient de toques et de plumes ; aux couvens, les moines pieux portaient la cuirasse et le casque (i). Un vieillard de soixante années était nommé prince d'amour (2) ; un enfant de quatre à cinq ans était promu au rang d'archevêque (3) j les belles enseignaient l'art militaire; et les diplomates du royaume discutaient sur le ffai savoir.
(1) On vit à cette époque, des abbés et des évêques capitaines de cavalerie et commandans de place. — J^oyez Orderic, Vital, Hist. ecclésiastique ^X.NWl. — Des religieux étaient bouchers, charpentiers et maçons. — Gourte-Epée , Descrip. de la Bourg, j t. I.
(2) Les pontifes protégèrent les cours d'amour. Des magistrats et des ecclésiastiques les présidèrent , ainsi que des princes et des rois , tels que l'empereur Frédéric, le roi Puchard,le dauphin d'Auvergne , etc. (Voyez Gaule poétique , t. \U. — Villaret, Hist. de France j t. XII, p. 97. j
(3) Le comte Herbert de Vermandois fit élire archevêque son fils âgé de cinq ans. — Fleury , t. XII, 1. 55, page 2.
Alors prêchait Pierre de Bruys, fondateur d'une secte nouvelle (i). Ne voulant ni autel, ni messe, ni sacremens, mais im culte intérieur et des prières secrètes, ce fanatique s'était fait de nombreux prose'- Ijtes. Ainsi la religion et le trône, les goiivernemens et le ciel, tout à cette époque , en Provence, était vivement attaqué. Grâce à la propagation des lumières , il n'en est plus de même aujourd'hui ; rien n'est obscur , rien n'est douteux ; toutes les grandes questions sont résolues; nous expliquons tous les mystères; nous analysons tous les droits; nos autorités restent stables; nous avons des principes fixes; et nous savons tout respecter, tout croire et tout légitimer.
(i) Voyez j sur le fameux Pierre de Bruys, premier fondateur de la secte des Albigeois , F'ita sancti Bernardij 1. 3, c 6, p. 241. — Petr. Vais. in Petr. Br. bibl Clun.j p. 118.
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