LIVRE IX. IIO
» — Vos juges 5 d'après l'ancienne cou- » tume, répond gravement le magistrat, )) font chercher à Aix quelqu'un de vos )y parens pour exécuter la sentence.
))■ — J'entends, pour remplir envers moi... » les nobles devoirs de bourreau (i). L'ai- » mable et touchante coutume! c'est quel- » que condamné ingrat qui sans doute a » fait ce proverbe : // n^est rien de pis que » les siens.
M— Accusé! les membres illustres de la B haute- cour ont daigné, en leur bienveil- » lance pieuse , vous accorder la faveur de » verser votre repentir dans le sein d'un )) ecclésiastique.
» — Remerciez gracieusement pour moi » les membres illustres qui vous envoient ; » je suis extrêmement touché de leur solli-
(i) A cette époque, les fonctions de bourreau étaient honorables : cet exécuteur de la justice était revêtu d'un surpUs, comme les prêtres, et se faisait une gloire de sa charge. Hist du Dauphinéj t. I,p. 26, col. 2. — Fai^on, Hist. de Provence j
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)) citude obligeante en faveur de mes der-
y) mers momens. »
Le magistrat s'est retiré. Un soupir involontaire échappe du sein d'Alamède. L'aurore éclairera son échafaud ; et c'est au printemps de ses jours qu'il va prendre congé de la vie.
Mais ces tristes réflexions sont interrompues par mi bruit léger. Des pas furtifs s'avancent vers sa sombre demeure. Une clef, inconnue peut-être au geôlier, ouvre la redoutable })orte. Une jemie fille à demi voilée se présente; posant un doigt sur sa bouche, elle détache ses fers à la hâte; et lui dit à voix basse : ce ■ — Suis- moi. »
Le jouvencel obéit. A la clarté d'une lampe que tient sa libératrice , il franchit diverses enceintes ténébreuses , monte ou descend plusieurs escaliers tortueux, parcourt des corridors déserts, et se trouve enfin, après une longue marche, dans un des appavtemens de la reine.
Là , son guide s'arrête et le quitte. O quel instant pour Alamède ! Au fond du salon