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LIVRE IX

peu éclairé où ses pas ont été conduits, la fille de Raymond l'attend. Elle est assise, son visage est souffrant et pâle, et des vêtemens noirs la couvrent.

« — Orphelin d'Aiguemar! » lui dit-elle d'une voix altérée , « un meurtre horrible )) a souillé votre main; et, bien que la )) blessure du sénéchal ne soit point mortelle, î) les lois sévères du royaume ont prononcé )) votre trépas. Cependant votre sort m'iny) téresse. Je ne puis oublier que je vous 3) dois la vie ; et quoique une circonstance y> inexplicable ait jeté contre vous sur le » combat de la forêt une sorte de voile )) odieux , je rejette l'affreux soupçon et )) veux vous sauver à mon tour. Une de jMnes ancelles (i) va diriger votre fuite. )) Vous échapperez à tous vos ennemis , w hors au plus cruel le remords.

» — Eh quoi! s'écrie le jouvence! , vous )) m'avez pu croire assassin !.... Ainsi donc, )) comme toutes les puissances couronnées,

(1) Suivante.

il8 IPSIBOÉ,

» VOUS voyez par les yeux qui vous entou- >) rent; vous pensez par l'esprit d^autrui ; » et , royale nuée à mille formes , vous êtes

)) ici tout hors vous-même. ))

Puis , avec toute l'énergie de l'innocence et toute la force de la vérité , il lui raconte la funeste scène qui précéda son arrestation.

« — Reine ! poursuit-il en achevant son )) récit, mon sort, m'avez-vous dit, vous » intéresse ; et cependant ce n'est que lors- » qu'un arrêt infamant m'a frappé que » vous m'appelez pour m'entendre! Ce n'est » qu'au moment de périr que je puis venir, )) mystérieusement, me justifiera vos yeux' )) Ce n'est qu'en me facilitant une hon- )) teuse évasion que vous sauvez mes » jours condamnés ! Ce n'est enfin qu'en >; me déshonorant plus encore que vous f) m'arrachez à l'échafaud ?....

» — Hélas! réplique Zénaïre, pour vous , » en ce funeste jour, je n'ai pu faire davan- » tage. Le prince d'Orange et le sénéchal, » placés par mon père à la tète du gouver-

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