LIVRE IX. I ig
)) nement pour me servir de conseils et » de guide , ont plus d'empire ici que moi.
» — Et c'est donc là, dit l'orphelin , cette » haute souveraineté dont votre âme s'eiior- » gueillit! Votre sceptre, vain ornement, » n'est qu'un simulacre pompeux ; et le y> faste qui vous entoure , la couronne que )) vous portez , rien qu'un appareil déri- » soire. Ah ! dépouillée de sa puissance , et » ne conservant que ses chaînes , la gran-
» deur, imposante et vide, qu'est-elle?
» un squelette paré. O princesse, que je vous » plains !
» Pardon!... un langage aussi franc plaît » peu, je le sais, aux monarques. Je ne » dirai plus que quelques mots : vous êtes » entourée de traîtres, et de grands dangers » vous menacent. Au dernier concert de » la cour, j'ai vu, j'ai retrouvé, j'ai rey) connu vos plus perfides ennemis parmi » ceux dont l'enthousiasme pour vous écla- » tait avec le plus de force. C'est contre » eux que tonnait ma lyre, et.... »
Lareine alarmée l'interrompt : « — Quels )) sont ces traîtres? nommez-les-moi.
y) — Selon mon étrange habitude,)) lui répond-il en souriant, « j'entre parfois dans )) les salles du mystère, mais jamais dans )) le secret, des noms. Ceux que portent
î) vos ennemis me sont aussi cachés que
» le mien.
)) — Mais de noires machinations se )) trament ici contre moi ?
)) — Où. s'élèvent les diadèmes se forment )) toujours les complots. Doublez le nombre )) de vos gardes, et veillez sur la capitale. ))
L'horloge du palais sonne la deuxième heure de la nuit... « — Le temps presse! )) ditZénaïre, séparons-nous.
(C — Et pour jamais! » a reparti le jouvencel.
« — Pour jamais ! )) répète en tressail- » lant la princesse , (( pourquoi cette sombre )j pensée?.... Vous ne marchez point à la )) mort.
— Vous allez marcher à l'autel, )) répond tristement Alamède. ce Dans quelques )) jours vous serez reine de France. Un "^ autre sceptre un nouveau trône, vous ' )) appelleront en d'autres climats. Vous