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LIVRE IX

)) j)Osséderez tout sur la terre.... hors un » cœur tendre et dévoué. Séparés par un » sort contraire, nous le serons bientôt par )) de vastes régions... Mais peut-être une » sympathie douloureuse unira nos destins )) divers.... Hélas! du trône à la chaumière » souvent les soupirs se répondent... Vous » gémirez au sein des cours , et je pleurerai )) dans la solitude.

» — Vous pleurerez ! » dit Zénaïre en levant sur lui des yeux baignés de larmes ; « qui ? vous, indépendant, jeune et libre, )) Alamède, vous pleurerez?...

)) — Pour la dernière fois jevous parle... » reprend-il avec véhémence, « et je ne vous » offenserai plus. Oui, je le sens, dans sa i) carrière , le léger , l'insouciant, le joyeux )) page d'Aiguemar n'a plus de bonheur à

)) attendre; il vous a vue, il pleurera

» Pardonnez un dernier transport à qui » né doit plus vous revoir!.".. Oh ! pour- » quoi un diadème fatal couvre-t-il votre y) front ! pourquoi vous défend-il d'écouter )) les seuls mots célestes de la vie , ces pa- )) rôles enchantées : Je faime!... »

Z^ Edit.TomeW, li

Le feu de ses regards , l'expression de son charmant visage , la douloureuse harmonie de ses accens, ont porté le dernier coup à. l'âme sensible de la reine. Elle n'a j)lus la force d'interrompre des aveux qu'en son esprit l'orgueil repousse , mais qu'en son cœur l'amour appelle ; et le jouvencel continue :

(( — Que n'ai -je un sceptre à vous offrir! » ou plutôt que n'êtes-vous la simple fille )) des vallons et moi le pâtre des monta- )) gnes!.... Au séjour champêtre et paisiJjle « j'aurais pu vous dire ce je £aime , )) et là y> vous m'eussiez écouté!.. Heureux toits de )) la solitude , où , sans contrainte, les cœurs y) se parlent, ah! vous êtes les vrais palais, )) et l'amour seul le vrai monarque!... »

LaTille de Raymond se lève, et lui tend une main tremblante, ce — Alamède, dit- )) elle , adieu !.... »

Mais sa voix entrecoupée a prononcé ces

mots comme s'ils eussent été les derniers

qu'elle dût proférer de sa vie. Zénaïre ne

cache plus ni son abattement ni ses pleurs.

(( — Pveiue, » a repris le servant d'armes

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