LIVRE X
gards de son peuple , environnée du faste de la souveraineté, des pompes de la mai^nUicence. . . . ; et aujourd'hui tombée du trône , errante de nuit dans les bois , sans autorité , sans royaume, elle n'a pour abri.. , qu'un arbre : ô dérisions de la fortune !
« — Princesse ! )) s'écrie Alamède, (( de » grâce reprenez courage ! ne désespérez » point du destin, et ne vous laissez point » abattre par un revers momentané ; vous » semblez avoir tout perdu , mais...
n — Tout perdu ! )) interrompt la reine l'un accent plein de tendresse, «Alamède, I) n'ètes-vous pas là !
^) — G Zénaïre, » répond-il, « si le sou-
0 venir des grandeurs pouvait s'effacer de ) votre âme , si l'amour le plus tendre pou- ) vait suffire à votre cœur , ali ! loin de ces ) palais splendides où le sen timent repoussé
> n'a plus de rayons pour la vie, sur le sol
1 même de l'exil, vous trouveriez le vrai • bonheur. »
Hélas ! le langage brûlant de la passion [ans la bouche de celui qu'elle croit un impie éciiyer, ne peut encore être toléré
par l'altière fille de Raymond ; mais , toui en l'offensant, il la charme : « — Sortons )) de ces bois solitaires, » dit-elle d'mie voix émue : « j'ai déjà fui bien des dangers; » mais les plus grands pour moi sont ici. ))
Par l'effort qu'elle a fait pour se relever , elle a brisé une chaîne de cheveux suspendue à son cou. Un médaillon aussitôt s'échappe de son sein , et roule à ses pieds sur la bruyère.... O surprise! Alamède a reconnu le reliquaire précieux dont il avait déploré la perte.
« — Zénaïre! )) s'écrie-t-il avec un enthousiasme passionné, <( ne résistez plus à j) vous-même : nous ne sommes plus au )) salon des rois où l'orgueil seul est écouté , y) sous ces abris silencieux la nature seide » commande. Que votre cœur me parle eny> fin! Dites : Alamède , je faune ^ ({vCnnv. » fois j'entende ces mots, et qu'à l'ivresse )) du bonheur j'aie la puissance de sur- » vivre !... Amour! auprès de Zénaïre un ■» instant de tes joies divines! et, quelle » que soient ses délices futures, le ciel n'aura » plus rien à m'offrir.