LIVRE X. i5g
sonnes vous y conduisent; Alamède, enfant du hameau; le comte Edgar, fils du mystère; et Bozon, héritier d'un trône.
Ah ! que ne pensez-vous comme moi !
Pour nous , désormais, plus de joug! plus de chaînes! plus de fardeaux!.... Quel gain qu'une couronne perdue ! »
Ils arrivent au bâtiment solitaire qu'enironne un large fossé plein d'une eau staglante et bourbeuse; son vieux pont-levis st baissé ; et l'orfraie aux lugubres cris en laraît l'unique habitant.
« — La singulière demeure ! « dit le •rince. (( Cette énorme tour en bois qui < s'élève sur cet amas de pierres antiques ,
> est une construction moderne. Quelle
> sauvage et bizarre idée a placé là cet édi- ) fice!
y) — C'est un monastère détruit, » répond Zénaïre. ce Cette tour , dit-on , fut ) bâtie par une colonie de religieux avec ) les arbres de la forêt, et sur l'emplacef> ment d'un vieux fort; mais j'en ai oublié ■) le nom. )>
l6o IPSIBOÉ.
Si le nom eût été prononcé, avec quel empressement Alamède eût fui! Ce séjour funeste était un des lieux de réunion des manichéens. C'était le couvent d'ini^olza, (juCj cette nuit même et devant lui, la dame de Saint - Cbrisogone avait menacé de ses foudres.
La princesse succombe à la fatigue , et le froid du matin l'a saisie. Du repos et surtout un abri sont de nécessité pressante pour lui redonner quelques forces. Les amans ont franchi le pont-levis, ils ont pénétré dans la cour 5 un silence profond y règne, et l'enceinte est inliabitée.
Entrés sous la tour , ils traversent de i^iandes pièces basses et démeublées, sans y rencontrer aucun siège. Les chambres qu'ils parcourent sont désertes; ils continuent leui;s recherches, et découvrent une petite salle écartée où sont restés plusieurs iauteuils. Zénaïre enfin s'est assise.
Cherchant, par des images plaisantes, à «listraire sa noble compagne : « — Quelle )) aventureuse habitation! s'écrie Alamède,