‹ IpsiboéChapitre 226 sur 287 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

Au moment où les manichéens, sortis du couvent embrasé, tombaient sous le fer ennemi , Alamède , ignorant la véritable cause du tumulte, montait l'escalier de la tour, et la reine le devançait. Hélas! parvenus à la plate-forme , ils s'étaient vus à l'improviste entourés d'un cercle de feux.... et c'est alors qu'Ipsiboé les avait tous deux reconnus.

La moitié du bâtiment s'enfonce... Mais l'escalier que vient de gravir Alamède n'est point encore la proie des flammes; et à travers des colonnes de cendres et de fumée il le redescend à la hâte, entraînant sa noble compagne. Au pied des degrés de la tour, il découvre une porte et l'ouvre : en quel endroit se trouve- t-il? En une petite cour fermée, sans voie de salut, sans issue.

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Quel supplice! quelle agonie!.... Retourner sur ses pas est impossible. Autour des malheureux amans tombent les murs et les charpentes. Sous les débris ardens de la tour ils vont périr tous deux, écrasés. Une pluie de cendres remplit l'air; une noire fumée les suffoque; et, cherchant à reprendre lialeine parmi de brûlantes vapeurs, c'est la mort même qu'ils aspirent.

Les clartés incendiaires que reflète leur visage pâle sont du pourpre le plus éclatant; leurs yeux sont éblouis et hagards. Les vents étendent le désastre; et le rugissement des feux dévorateurs, l'écroulement des murs calcinés, les cris lointains d'une bataille sanglante, les timiuUueuses horreurs d'un embrasement et d'un carnage, la furie des élémens secondant la rage des hommes , tout leur présente une image anticipée de la dissolution générale au jour des derniers jugemens.

Cependant, au milieu de la fatale cour, Alamède aperçoit un ancien puits que recouvre une voûte en lyriques; il s'en approche, y jette une pierre, et reconnaît

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