LIVRE XI
•aient de ce lieu aéré et découvert la vaste itendue du pays , et la rivière navigable qui )aigne les murs de la place.
Quittant ce plateau d'observation , ils ont conduits , par une étroite galerie à jour ;ommuniquant d'un rempart à l'autre , jusju'au bâtiment principal où se tient le chef iuzerain. Cette haute construction, s' élevant au milieu d'un cercle de tourelles, semble vine citadelle imprenable (1).
Les voilà dans la salle d'armes ; ils sont [présentés au sire de Sabran. L'orgueilleux ^hef, sans se lever, leur fait un léger signe de tête , et leur jetant un regard ironique et dédaigneux, les accueille avec cette insultante bienveillance, enduit transparent de bonté , impertinence vernissée , qui rend insupportable un bienfait.
Assis près du foyer antique, et s' appuyant contre un trophée, il parle à plusieurs preux qui l'entourent , et surtout au fameux Drollon, qui là, parmi les assistans,
(1) P'oyezj sur les vieux châteaux forts, les auteurs cités dans les notes du 1. IV.
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occupe la première place. Quelle réception pour une reine puissante qui voyait naguère à ses pieds les preux les plus hautains du royaume !.... et quel nouveau tourment pour le prince, qui reconnaît dans Amalric le paladin de la fontaine!
La visière baissée, il s'est avancé vers lui : fidèle à ses résolutions, il lui a demandé l'hospitalité pour quelques heures seulement; et lui a déclaré que, par suite d'un vœu , lui et son épouse étaient astreints à cacher Jeurs traits jusqu'au terme de leur voyage.
Le sire de Sabran sourit ; et, avec une affabilité moqueuse, il leur adresse ces paroles :
a — Couple intéressant et pieux! heureux » qui vous ouvre un asile !.... Oh ! combien » je me félicite de pouvoir vous offrir mes » soins! Vous épurerez ma retraite par la )) flamme sanctifiée de vos tendresses con- )) jugales; et , sous ces murs trop souvent » souillés par d'illégitimes amours, vos ar- » deurs pudiques et licites cpandront les )) bénédictions. »