LIVRE XI
mine Alamède avec une curiosité inquiète , tourne sans cesse autour de lui, épie ses mouvemeris et ses gestes, et semble , à travers sa visière, avoir reconnu son visage.... L'homme étrange , à force de soins , s'attire l'attention du prince ...6 surprise! c'est Izorin , l'ancien ami de son enfance.
Ce jeune pâtre d'Aiguemar était retourné à son hameau après sa séparation d'avec son maître; mais Giraud de Simiane , le mortel ennemi d'Alamède, s'était emparé de sa chaumière , et avait prononcé contre lui une sentence de proscription. Izorin avait repris la route d'Aix pour. y rejoindre l'élève d'Eral , lorsque , en passant sur les terres du sire de Sabran , il y avait été arrêté comme suspect et vagabond, et s'y était vu contraint de s'enrôler sous les bannières d'Amalric : bientôt, parmi ses compagnons d'armes, son intelligence et son adresse l'avaient fait remarquer : le châtelain , n'ayant point reconnu en lui le jongleur du perron aventureux ^ l'avait rapproché de sa personne ; et Izorin , admis au nombre
de ses varlets, coulait des jours doux et paisibles.
Alamède a reconnu son ami ; mais devant les autres serviteurs d'Amalric il n'ose se découvrir à lui ; la prudence le lui défend : le moment n'est point favorable ; et le pauvre Izorin , sortant avec ses compagnons , a poussé un profond soupir , auquel a répondu secrètement le cœur de l'orphelin d'Aiguemar.
Alors seule et en liberté , la reine a relevé son voile. Alamède parcourt son appartement, visite ses dépendances, et passe dans la chapelle. Ce lieu saint est spacieux. Des piliers massifs soutiennent sa nef; et ses arcades voûtées sont chargées de sculptures gothiques.
11 s'est avancé vers l'autel , où sont allumées plusieurs lampes. Dieu î quel objet frappe sa vue!.... En une des niches du sanctuaire , le manche de la lyre brisée au pas (Tarmes de la fontaine est attaché à la ^crosse d'une statue d'évêque \ et au bas, en gros caractères, Amalrica gravé ces mots :