LIVRE XI. jgt
« — Je Jure, au nom du Dieu vengeur^ )) de poursuivre JUS qu^ au tombeau le mi- >y sérable ménestrel qui osa lever sur moi » sa mandore; de ne Jamais luipardon- » ner y et dès qu'il sera en ma puissance, » de lui faire expier son crime par le plus n horrible trépas (i). »
Le prince , avec avidité , se saisit du manche cassé de l'instrument de Béatrix, et l'ouvre précipitamment : ô découverte inespérée ! il y retrouve encore cachetée la lettre explicative et perdue de la dame de Saint-Chrisogone. Roulée au fond du manche obscur, elle échappait à tous les yeux.
Il retourne vers sa compagne ; il lui raconte en peu de mots les premiers évènemens de sa vie , ses rapports avec Ipsiboé , les mystères du fameux marais , et la perte qu'il avait faite de l'écrit qu'il vient de re-
(i) De pareils vœux étaient alors très fréqueus. Voyez j à cet égai'd , les notes des livres précédens et les auteurs déjà cités.
couvrer. Puis s'étant assis auprès d'elle, il lui lit la lettre suivante :
« Alamède , fils bien-aimé ! le jour des révélations est venu. Tu n'es point l'orphelin obscur d'un hameau ; tu descends du prince immortel dont s'enorgueillit la Provence. Fernand Bozon était ton père, et tamère est.... Ipsiboé.
» Maintenant que ton nom t'est connu , tous tes devoirs te sont tracés. Que ton courage et tes vertus répondent à ta haute naissance. Je vais mettre succinctement sous tes yeux le tableau des évènemens qui détrônèrent ta famille.
» Ton aïeul, Bertrand II, gouvernait en paix la Provence lorsque le pontife Urbain, après le célèbre concile de Clermont (1), où la première croisade fut résolue , se rendit lui-même à sa cour. Là , au nom du Dieu des armées, il lui intima l'oidre de se réunir aux princes chrétiens qui partaient
(1) Foy e z Auqueùl, Mézeray, Velly, etc., etc.