LIVRE XII. 22g
de la faim ; les mêmes supplices l'attendentj c'est le lieu des lentes tortures, c'est le sol des derniers soupirs.
Assis sur un des bancs de sa prison , il attache sur sa compagne un œil hagard et consterné. Elle dort; sa figure est calme : grand Dieu! quel sera son réveil!.... Soudain la lampe , prête à s'éteindre, jette une plus vive lueur : bientôt cette lueur vacille, puis elle diminue par degrés Effroyable idée ! voilà peut-être les dernières clartés qui brilleront aux yeux du prince, et les ténèbres de la tombe vont l'entourer avant la mort.
H s'élance vers la lumière qui, l'instant d'avant, lui paraissait un flambeau sépulcral, et qui présentement lui semble un astre bienfaiteur. Ses regards la supplient de vivre, comme s'ils s'adressaient à un être animé : vœux inutiles ! Elle pâlit, et s'efface telle que le sourire du désespoir devant l'irréparable malheur. Elle s'agite en expirant, comme les battemens d'un cœur qui touche à sa lin et se glace.... Que ne donnerait maintenant Alamède pour pou-
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voir relire sur le mur ces empreintes fatales dont il venait de détourner la tète
avec horreur! C'en est fait, la lampe
est éteinte ; et pour le captif d'Amalric c'est le commencement de la mort , l'apprentissage du cercueil.
« — Alamède , mon Alamède ! » s'écrie tout à coup une voix , « quelle nuit pro- » fonde! où es- tu?....
» — Auprès de toi, » lui répond-il en posant sa main sur la sienne; « niaZénaïre, )) me voici.
» — Ah ! si tu n'avais pas répondu!.... » si je ne t'eusse pas senti près de moi!... » ciel! que serais-je devenue!.... Alamède, )) parle-moi encore : tant que j'entendrai » tes accens, il me semble que je pourrai
» vivre Mais qui nous a repris notre
» lampe?
» — Faute d'huile elle s'est éteinte.
» — Ainsi donc , >j poursuit la princesse, <c mes regards ne rencontreront plus les » tiens, et je mourrai sans revoir tes traits!..
)) — O Zénaïre! que dis-tu! chasse cette )) horrible pensée ! . . . Une voix secrète me